DIPLÔMÉS EMPLOYÉS DANS LE CADRE DU PID

Les oubliés de la générosité de l’État

Le Soir d'Algérie, 5 janvier 2012

Si, déjà, la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) ne bénéficie pas à l’ensemble des salariés, que dire alors des jeunes diplômés universitaires recrutés dans le cadre du programme d’insertion professionnelle (PID) ? Ces derniers, employés sur la base de contrat d’une année renouvelable une seule fois, perçoivent une rémunération mensuelle brute deux fois inférieure au SNMG.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Ce dispositif d’insertion professionnelle, relevant du ministère de la Solidarité nationale, a été créé par décret exécutif du 30 avril 2008. Le programme d’insertion des diplômés (PID), qui est venu se substituer au Contrat de pré-emploi (CPE), prévoit des primes d’insertion professionnelle de l’ordre de 10 000 DA brut pour les diplômés universitaires et de 8 000 DA pour les techniciens supérieurs. Et ce sont les agences de développement social (ADS) qui prennent en charge les coûts salariaux des employés dans le cadre du PID. L’organisme employeur, PME ou administration publique, n’est tenu par aucune obligation de compléter l’indemnité octroyée par l’ADS. Aussi, il s’en trouve que des bénéficiaires du PID se retrouvent, cotisations et charges déduites, avec des mensualités nettes oscillant entre 7 000 et 9 000 dinars. C’est le cas notamment de ce biologiste placé par l’ADS au niveau d’une officine relevant du ministère de la Santé à Baraki. Ce dernier, père de famille, perçoit une mensualité de 9 000 DA. A 38 ans, pour faire vivre sa petite famille, il compte sur la solidarité familiale. Il ne comprend pas qu’une telle situation puisse encore prévaloir, alors que le ministre du Travail martelait, il y a quelques jours, que l’ensemble des employeurs sont passibles de sanctions s’ils ne respectent pas la législation du travail, notamment de ne pas octroyer des salaires inférieurs au SNMG qui, en janvier, passe de 18 000 dinars. Il faut souligner que dans les contrats types signés par l’employeur, l’ADS et le jeune diplômé, il y est fait mention expressément (article 7) que «la rémunération du jeune diplômé cumulée doit être égale à au moins 80% du salaire de poste servi à un travailleur occupant un poste similaire ». Avec sa mensualité de 9 000 dinars, notre jeune qui bosse à Baraki est loin, très loin des 80% du salaire de ses collègues au même poste qui, eux, perçoivent des mensualités proches des 30 000 dinars.
S. A. I.

 
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