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40 ans de misère, 23 jours d’indifférenceEl Watan, 21 juin 2011 Que peuvent signifier 23 jours à la belle étoile devant 40 ans de misère ? Ils sont huit jeunes hommes à squatter le trottoir du siège de la wilaya depuis 23 jours. Leur moyenne d’âge est de 35 ans et ils ont deux facteurs communs : pauvres et sans emploi. Le troisième facteur qui les lie est l’espoir d’une vie meilleure pour peu qu’une chance leur soit donnée. Voici les portraits de trois d’entre eux : - Hamim Ameur. Technicien en comptabilitéNé en 1972 à Melika sur les hauteurs de Ghardaïa, Ameur est établi à Ouargla avec sa famille depuis. Les cheveux grisonnants malgré son jeune âge, il brandit son diplôme de technicien en comptabilité pour répondre aux allégations de manque de qualification. Il raconte qu’il s’est d’abord inscrit en tant que technicien à l’ANEM en 2006. L’attente s’étant prolongée, il s’y est réinscrit en 2011 sans citer son diplôme croyant accéder plus facilement à un poste d’ouvrier ou de petite maîtrise.
- Kouidri Mohamed. ManœuvreCélibataire, 37 ans, troisième d’une fratrie de quatorze frères et sœurs sans emploi, ce chômeur chronique exprime tout la démoralisation d’une jeunesse sans espoir de changement. Avec un niveau de scolarité moyen, il espérait trouver vite un travail et envisager des études par correspondance ou une formation professionnelle mais le sort en a voulu autrement.
- Bousafia Abdelkader. ManœuvreIl est menu et d’un teint mat assombri par le soleil et la déshydratation. Orphelin et fils unique, il est âgé de 40 ans et père depuis un mois. Sa femme est encore hospitalisée suite à un accouchement difficile couronné par une césarienne. Il reste pourtant fidèle au poste devant la wilaya parce qu’il veut un travail salvateur pour sa petite famille et assurer une vie décente à son bébé. Edenté, fumeur invétéré et les traits durcis par la misère, Abdelkader est en possession d’une carte bleue assainie délivrée par le bureau de main-d’œuvre. Cela revient à dire qu’Abdelkader est resté chômeur depuis suffisamment d’années pour mériter le cachet rectangulaire de l’ANEM attestant de son statut de chômeur chronique.Au moins ils ne peuvent pas prétendre qu’il fuit un travail à 18 000 DA car pour lui un salaire veut dire la dignité et le sourire de son fils en voyant son père rentrer du travail. |
Dégradation de la situation sociale | ||||
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www.algeria-watch.org
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