|
|||||
Les incertitudes des retraités et des interrogationspar Mohamed Salah Boureni, Le Quotidien d'Oran, 22 août 2007 Presque malgré eux, les retraités n'arrêtent pas de faire l'actualité. Le calendrier de paiement des pensions de retraite et les carences en matière d'information, selon les propos des retraités eux-mêmes, n'est que la partie visible du calvaire des retraités. Les appréhensions de ces derniers se situe à un autre niveau. En admettant que tout se passe pour le mieux grâce à ce nouveau calendrier, les retraités restent quand même face à la hantise du scénario catastrophe de suspension de paiement. Ce qui est à craindre nous disent beaucoup d'entre eux se reférant aux propos de responsables de la Caisse nationale de retraite (CNR). Ces derniers avaient, en effet, tiré la sonnette d'alarme, mettant en question la pérennité du système national de retraite et appelant les plus hautes autorités du pays à prendre des mesures urgentes pour assurer le paiement régulier des pensions de retraite à long terme. Le déséquilibre, selon la DG de la CNR, entre les recettes et les dépenses devient de plus en plus prononcé. Alors que les recettes ont connu une légère progression, les dépenses de la caisse ont carrément explosé ces dernières années, soutient-on encore. Les pertes de recettes de la caisse se chiffrent, chaque année, en milliards de dinars ce qui a poussé la Caisse de retraites à puiser dans ses réserves pour le paiement des pensions de retraite. Aujourd'hui, elle ne peut que racler les fonds de tiroirs. Surtout après avoir fait les frais de la faillite de Khalifa Banque avec des milliards perdus à jamais. Ces difficultés financières de la CNR n'ont pas été sans avoir une incidence sur l'application de la revalorisation des pensions des retraités, décidée conformément aux dispositions de la circulaire du ministère du Travail du 26 avril 2006. Résultat: la contestation des retraités commence à faire tache d'huile à Skikda, Annaba, Tizi Ouzou.... Mais la fédération nationale des retraités est loin de prendre pour argent comptant les déclarations émanant de la direction générale de la CNR. Selon certains membres de cette fédération, les arguments de la Caisse nationale de retraite ne sont pas en harmonie avec ce qui a été avancé par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, du moins selon le principe de solidarité entre caisses. Particulièrement quand le ministre affirmait, en début d'année, qu'il y avait un excédent de 20 milliards de DA à la CNAS avec en prime près de 100 milliards à la caisse de chômage. Bien mieux, assure-t-on, si l'on se fie à certains chiffres, la situation de la Caisse nationale de retraite n'est pas aussi catastrophique que veut le montrer sa direction générale. Ils en voudraient pour preuve, le budget de la CNR pour 2007 qui a été validé par le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale avec un excédent de 7 milliards de DA. Et sauf à remettre en cause les chiffres officiels, argumentent nos interlocuteurs, à ce qu'on sache un million de nouveaux cotisants est venu renforcer les rangs devant supporter le traitement des retraités. La direction générale de la CNR a une toute autre vision: la croissance modérée des recettes est due d'abord à la situation générale de l'emploi, précisant que l'évolution du ratio population des retraités rapporté à la population des salariés est «assez préoccupante». Le rapport démographique passe de 2,4 actifs cotisants pour un bénéficiaire d'une pension ou d'une allocation de retraite en 1998 à 2,80 en 2005, selon les statistiques officielles. Alors que la pérennité du système exige, selon les spécialistes, un rapport démographique de 5 actifs cotisants pour un retraité. |
Dégradation de la situation sociale | ||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||