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Il
appelle à une grève générale
les 5 et 6 octobre
Le
Cnapest relance la protesta Par
Mourad Belaïdi , Liberté, 25 septembre 2004 Le syndicat, qui
doit se battre pour l’obtention de son agrément,
déterre la hache de guerre pour la satisfaction des revendications
socioprofessionnelles du corps enseignant.
Contrairement aux
assurances données par le ministre de l’Éducation
nationale, Boubekeur Benbouzid, quant à une année scolaire
sereine, le Cnapest vient de décider de relancer le mouvement
de protestation. Une grève de deux jours sera observée,
au niveau de l’enseignement secondaire à l’échelle
nationale, les 5 et 6 octobre.
C’est le Conseil national des professeurs de l’enseignement
secondaire et technique (Cnapest) qui l’a annoncé, hier, à l’issue
de la réunion de son conseil national, tenue jeudi dernier, en
présence de délégués représentant
31 wilayas. “C’est après un débat houleux,
qui aura duré jusqu'à une heure tardive dans la soirée,
que cette décision a été prise. Les professeurs
considèrent qu’outre les 5 000 dinars octroyés sous
forme de prime, les autres revendications sont restées au point
zéro”, a déclaré Méziane Mériane,
lors d’une conférence de presse tenue hier au siège
du Conseil national de l’enseignement supérieur (Cnes) à Alger.
Selon le coordinateur national du Cnapest, toutes les commissions mixte
(enseignants-tutelle), qui ont planché sur les dossiers de la
réforme du système de retraite et de l’élaboration
du statut particulier de l’enseignant, “ont été bloquées
et tous les rendez-vous de travail ont été annulés
sans explication”. M. Mériane accuse la tutelle d’avoir
versé dans la manipulation en associant sa structure juste pour
régler les problèmes induits par la grève de l’année
passée qui aura duré près de deux mois. Le conférencier
a aussi mis l’accent sur le très bas niveau de vie de l’enseignant
qui patauge dans d’immenses problèmes sociaux qui l’empêchent
de mener à bien sa noble mission. “Il faut savoir que l’enseignant
algérien est le moins payé au monde. Il touche l’équivalent
du tiers du salaire comparé à un professeur en Tunisie
ou au Maroc”, soutient le coordinateur de ce mouvement. Sur un
autre volet, le Cnapest a soulevé le problème de certains
directeurs d’éducation qui ne se sont pas conformés
aux directives de la tutelle.
Il est relevé, par exemple, l’interdiction pour les professeurs
syndicalistes, dans plusieurs wilayas, de se réunir au sein de
l’établissement ou d’afficher des communiqués
alors que l’article 4 de la législation du travail permet
la tenue d’assemblées générales et de réunions
dans les lieux de travail. Pis, relève M. Mériane, “nous
avons conclu avec le ministre de l’Éducation nationale un
accord permettant la mise à disposition de notre syndicat, au
niveau de toutes les wilayas, de locaux pour les besoins de ses activités
syndicales”. Le recours à la grève est la seule alternative
qui reste pour mener la lutte face à une tutelle qui ne fait que
dans les promesses. C’est du moins ce qui ressort de cette rencontre
avec la presse. “Nous avons décidé de rompre tout
contact avec le ministère de l’Éducation. Nous estimons
que nos revendications sont bien connues. Nous ne voulons plus de contact
pour dire la même chose. Nous exigeons du concret”, soutiennent
les conférenciers. À une question d’une confrère
quant au déclenchement d’une grève illimité,
M. Mériane n’a pas mâché ses mots : “Nous
fonctionnons d’une manière démocratique et si le
conseil national le décide, nous irons vers une grève illimitée,
différente de l’année passée. L’expérience
nous a armés.”
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