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Selon leur syndicat La grève des boulangers suivie à 80%Le Quotidien d'Oran, 27 février 2005 Le communiqué du gouvernement rendu public à moins de 48 heures de la grève des boulangers aura, apparemment, été comme «une lettre morte», du moins selon l’appréciation des représentants de la profession. Prévu et annoncé, il y a de cela une dizaine de jours, pour les 26 et 27 du mois en cours, le débrayage auquel a appelé le comité national des boulangers et pâtissiers a été, non seulement, maintenu mais «largement suivi à l’échelle du territoire national durant le premier jour», avec une participation record estimée à environ 80% . Un tour dans certains quartiers de la capitale conforte, en tous les cas ce constat, où la quasi-totalité, à des exceptions près, des boulangeries ont baissé rideau. La corporation a, ainsi, mis sa menace à exécution privant certains ménages de cet indispensable produit. Mais, la plupart des citoyens interrogés ne semblaient pas trop dérangés par ce mouvement de grève pour la simple raison, nous dit-on, qu’ils «avaient fait le plein auparavant». Et puis, lance une dame, «cela me permettra de revenir aux bonnes et vieilles traditions et pétrir des galettes à la maison». C’est plutôt les travailleurs qui déjeunent loin de chez eux qui ont dû souffrir de la grève des boulangers, ou du moins les retardataires. Entre ceux qui ont condamné cette grève, ne comprenant pas les raisons de son déclenchement, et ceux qui se disent ne pas être dérangés «car c’est juste une question de deux jours», le comité national des boulangers et pâtissiers se dit plus que «satisfait du taux de suivi». Les évaluations faites, dans ce cadre, hier après-midi, par ce syndicat et par wilaya, indiquent que d’une manière globale, l’appel à la grève a dépassé largement les 50% dans la quasi-majorité des wilayas pour atteindre dans certaines d’entres elles les 90% . Si à Tizi Ouazou et M’sila, le taux de suivi a frôlé la barre des 95%, Illizi a enregistré une adhésion totale des boulangers au mot d’ordre du syndicat avec une participation à 100%, indique le syndicat. Celle-ci est, selon le comité en question, de 90% au niveau de Tébessa, de Tipaza, de Tiaret, de Mostaganem, de Bouira et Jijel. Alger, Aïn Témouchent, Oran, Constantine et El-Oued ont enregistré, quant à elles, une participation de 85% . Le taux de suivi, selon toujours les évaluations du syndicat de la corporation, est estimé à 80% au niveau de Laghouat, Sétif, Guelma, Skikda et Tindouf. Les taux le plus bas sont enregistrés à Tarf et Bordj Bou-Arreridj avec seulement 10%, Ouargla avec 30%, Béchar avec 35%, Mila et Annaba avec 40%. Contacté par nos soins, le secrétaire général de ce syndicat, Benabdesselam Medjdoub a indiqué que «la grève a été une réussite totale». Il a tenu à préciser que la corporation n’avait d’autres choix que celui de recourir à ce débrayage pour faire entendre sa voix auprès du gouvernement. Encore une fois, martèle-t-il, «les boulangers n’ont jamais revendiqué une augmentation des prix du pain mais une marge de bénéfice». Car, faut-il encore rappeler, cette activité n’est réglementée par aucune loi, mis à part le décret de 96 qui a fixé le prix de la farine panifiable et celui de la baguette de pain. Le chef du gouvernement a, lors de la dernière session du CNES, reconnu officiellement que les boulangers travaillent à perte. La structure des prix étudiée par le syndicat et le ministère du Commerce en 2004, dans le cadre d’une commission mixte, a fixé le prix de revient d’un pain à 11,95 dinars. Celui-ci doit être plus important actuellement du fait de la hausse des prix du gasoil décidée par le gouvernement et en vigueur depuis le 1er janvier dernier. Réduire donc le problème «du pain» à une simple histoire de farine dont «l’Etat garantit les prix et la disponibilité» serait «une fuite en avant», estime-t-on du côté des syndicalistes. Quant à «l’espoir» des pouvoirs publics que «la profession des boulangers-pâtissiers saura faire preuve de sagesse et faire valoir l’esprit du dialogue», l’on rappelle que «cela fait plus d’une année que la question du prix réel de la baguette a été soulevé et soumise aux ministère de tutelle». De même que le préavis de grève a été déposé, il y a plus d’une semaine. Ce qui «a donné normalement le temps à la tutelle d’agir pour empêcher le débrayage et d’appeler le syndicat à la reprise du dialogue». Ghania Amriout |
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www.algeria-watch.org
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