UN PROGRAMME "SPÉCIAL" POUR LA RENTRÉE

Le gouvernement en état d'alerte

Le Soir d'Algérie, 18 août 2007

Abdelaziz Belkhadem a présidé, mercredi dernier, un conseil interministériel d’une extrême importance. A l’ordre du jour : la rentrée sociale et, cela va de soi, la maîtrise des prix des produits de large consommation.

Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Outre le chef du gouvernement, ont assisté à ce miniconseil de “crise” les ministres de l’Intérieur, de l’Agriculture, de la Solidarité nationale et des représentants des départements du commerce, des affaires étrangères, de l’industrie, des finances, de l’éducation et de l’enseignement supérieur. La présence de Zerhouni à ce “conclave” explique à elle seule son importance. En fait, l'augmentation galopante et injustifiée des prix des produits de large consommation ajoutée à l’érosion du pouvoir d’achat et la stagnation des salaires font craindre le pire aux pouvoirs publics. Le risque est d’autant plus important que l’on s’apprête à aborder une rentrée sociale particulière. Tant de par les raisons précitées que du climat d’incertitude politique lourd qui plane sur le pays. La coïncidence de la rentrée avec le mois du Ramadhan et la proximité d’une échéance électorale, les élections locales, sont autant de rendez-vous “aggravants”. Pour ainsi dire, toutes les conditions sont là qui font redouter une explosion sociale du type Octobre 1988. D’où l’urgence de la situation. Selon une source digne de foi, Belkhadem et Zerhouni s’étaient d’ailleurs montrés d’une extrême rigueur, interpellant particulièrement le ministre du Commerce et son homologue de l’Agriculture. Quand le prix d’un vulgaire légume comme la pomme de terre défie incessamment et le consommateur et le... pouvoir, c’est que le problème est très sérieux. “Des consignes strictes ont été données aux deux ministres pour prendre des mesures fermes à l’encontre des spéculateurs. Non seulement pour la pomme de terre mais des produits comme le lait, le blé et les viandes”, nous révèle notre source. Pour aborder la rentrée sans trop de dégâts, ce conseil interministériel a mis au point un programme d’urgence, qui consiste d’abord à inonder le marché national en procédant à des importations massives dans les tout prochains jours de la pomme de terre, des viandes et du lait. “En plus des contrats déjà passés avec la Tunisie, la France et le Canada, des négociations seront engagées au pied levé avec plusieurs autres pays producteurs comme l’Australie, la Hollande et bien d’autres”, ajoute encore notre source. Bien évidemment, de telles mesures ne seront d’aucune utilité sans un contrôle rigoureux des prix. Le chef du gouvernement a pris la décision de poursuivre le soutien de l’Etat aux produits sensibles comme le lait et le blé même si lesdits produits ont connu une substantielle augmentation sur le marché mondial”, nous confie la même source. Avec une cellule de suivi auprès du gouvernement, les pouvoirs publics sont en tout cas certains de s’épargner une augmentation des prix d’ici la fin de l’année au moins.
K. A.

 
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