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Enfance et pauvreté en Algérie 300 000 enfants exploitésLynda Louifi, Le Jeune Indépendant, 11 février 2009
Le travail des enfants en Algérie, en dessous de l'âge légal, augmente d'une manière flagrante, menaçant ainsi l'équilibre de notre société, estiment des experts en la matière. De nombreux enfants sont obligés de quitter l’école pour rejoindre, précocement, le monde du travail. Ils offrent leurs bras dans la rue pour se prendre en charge, mais surtout pour soutenir leurs familles. Riyad a quitté l'école à l'âge de neuf ans car il ne trouvait plus d'argent pour assurer ses études à cause de la misère dans laquelle vivait sa famille. Il a aujourd'hui treize ans. Il sait très bien qu'il devait être à l'école avec ses camarades de classe qu’il a quittés sans pouvoir les oublier. Rencontré aux alentours d'un quartier à Boudouaou, Riyad a eu du mal à nous raconter ses déboires, du premier coup, mais, ayant repris confiance, il a décidé de parler à cœur ouvert. «Je sais bien que je devais être à l'école, mais c'est la situation misérable dans laquelle vivent mes parents qui m'a obligé à travailler et à sortir le matin pour ne revenir qu'à la tombée de la nuit à notre baraque de fortune», nous révèle Riyad d’une voix attristée. Comme tous les enfants, la période d’été est la saison tant attendue pour Riyad. Il ne s’agit pas d’une période de détente et de vacances, il est question plutôt de doubler ses gains en vendant des « mhadjeb » et des «beignets» préparés à la maison. Visiblement, Riyad dégage une certaine rancœur, cachée au plus profond de lui, envers la société et envers ses parents. «J’ai grandi avant terme ; je me suis privé d’école au moment ou les autres enfants de mon âge étaient en pleine scolarité», fulmine-t-il. Cet enfant n’est qu’un exemple parmi des milliers de gamins qu’on rencontre sur les trottoirs, dans les gares-routières, sur les bas côtés des autoroutes. Leur commerce se limite à quelques produits comme la galette qu’on refile au niveau des voies à grande circulation. L’enfance face aux dangers de la rue… Pour les observateurs, la plus part de ces enfants sont issus de familles vivant dans la misère. «Ces familles font partie d’une classe sociale défavorisée qui souffrent d’une pauvreté accablante», estime Lynda.B, sociologue. Et d’enchainer : «Ces pauvres enfants se trouvent devant l’obligation de quitter leurs écoles dès le jeune âge pour affronter un monde totalement différent et plein de dangers. Ainsi, ils subissent inexorablement la pression d’un univers nouveau dans lequel ils ont plongé sans d’être préparés pour cela. Ils sont contraints d’affronter les adultes, les concurrents, les délinquants etc.», explique cette universitaire qui a fait partie d’un groupe de recherches sur l’enfance. |
Dégradation de la situation sociale | ||||
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www.algeria-watch.org
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