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Tension dans la distribution de gaz butane dans les villages de kabylie Voyage au bout du froidEl Watan, 18 décembre 2008 Au moment où la wilaya de Tizi Ouzou enregistre un grand retard dans le raccordement au réseau du gaz naturel, la bonbonne de gaz butane se fait très rare au niveau de tous les villages. En cette période de grand froid, une tension dans la distribution du gaz butane est perceptible, ce qui a créé des désagréments au sein de la population. Le froid, la tempête de neige, les routes coupées, etc., font que les citoyens vivent un véritable cauchemar. La chronique hivernale est dominée par les inondations dans les centres urbains, où les ouvrages de drainage des eaux sont invariablement réalisés sans respect des normes. Dans les montagnes, loin d’une urbanisation insidieuse, l’hiver est réduit à sa plus simple expression et la plus implacable : le froid. Dans les villages, le souci lancinant est de faire remonter la température sous le toit familial, pour sauver de la maladie les enfants et les vieux. Reportage dans la Kabylie qui grelotte. La commune d’Aït Zikki culmine à 1500 m d’altitude, à plus de 80 kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, aux limites de la wilaya de Béjaïa. Les chutes de neige marquent un répit, sous un ciel gris et menaçant. La température est si basse que les montagnards, sanglés dans leurs burnous, ne traînent pas le pas dans la rue. L’ambiance n’est pas à la discussion, chacun est absorbé dans une lutte personnelle contre le froid. Même le dispensaire du chef-lieu ne nous ouvre pas pour nous enquérir des conditions d’accueil, notamment en maternité. Il faut sans doute frapper à l’appartement situé à l’étage. Ce n’est pourtant que le début de l’après-midi. Les rigueurs de l’hiver ont mis les gens d’Aït Zikki au chômage forcé. Kamal, la trentaine, n’a pas rejoint son poste à l’hôpital d’Azazga, à une quarantaine de kilomètres. Il a en poche une attestation communale certifiant que le concerné est dans l’impossibilité de rejoindre son poste « pour motif de route bloquée par la neige ». Pour les employés du secteur public, le problème des absences ne se pose pas, mais la journée est perdue pour ceux du secteur privé. Dans cette localité montagneuse plus familière de la forêt que de la ville, la population ne s’est jamais départie de son recours au bois de chauffage. Elle n’est que très partiellement concernée par le commerce du gaz butane, encore moins par les projets improbables du gaz naturel. Le P/APC utilise l’expression « gaz de ville », comme pour marquer une distance avec cette énergie que l’administration jure de transporter jusqu’aux villages les plus reculés de la région. Le maire est néanmoins étonné que sa commune soit la seule de la daïra à ne pas figurer dans le projet de raccordement au gaz naturel. Le poste de détente du gazoduc se trouve à Bouzeguène, chef-lieu de daïra, à une vingtaine de kilomètres en contrebas. Un an après son installation, la nouvelle APC n’a pas encore réussi à connaître les raisons de cet oubli. Le P/APC éprouve soudain une curiosité à ce sujet. Il appelle devant nous le secrétaire général de la daïra. La voix lui répond que la demande a été transmise à la direction des mines de la wilaya de Tizi Ouzou et que la daïra est en attente d’une réponse. Vu l’inflation des programmes consignés au niveau de la wilaya, le nom d’Aït Zikki finira par apparaître un jour parmi les communes concernées par les projets de distribution du gaz naturel. Même si l’inscription d’une opération sera annoncée par les autorités, les gens d’Aït Zikki savent qu’ils doivent compter sur leurs bras pour chauffer leurs maisons. « La forêt nous appartient, il n’y a que les roches qui appartiennent à l’Etat », lance un jeune homme au village Iguer Amrane, à 2 kilomètres du chef-lieu de la commune. L’industrie du bois« Le gaz butane, c’est uniquement pour la cuisine. Cela revient cher avec une bouteille qui coûte 240 ou 250 DA », estime-t-on sur les sommets d’Aït Zikki. La coupe du bois enraye le froid pour l’ensemble du village, mais cela n’a créé que 5 ou 6 emplois. Des jeunes qui ont acquis des tronçonneuses et qui se font rémunérer 500 DA l’heure pour abattre des arbres et les découper en morceaux. Une activité qui commence à clairsemer la colline, mais qui est vitale pour les villageois. Un à deux arbres par famille et par saison, et des frais de coupe autour de 3000 DA. Les jeunes affectés à cette besogne sont si sollicités qu’ils s’oublient parfois sous la chute des arbres. Un jeune de 22 ans a eu la jambe cassée par un chêne, il y a une quinzaine de jours. Il a été transporté à l’hôpital de Tizi Ouzou par les moyens propres du village. Il n’y avait pas d’ambulance à Aït Zikki, à Bouzeguène et à Azazga. A l’hôpital de Tizi Ouzou, il n’y avait pas de place pour être admis au bloc opératoire. Il a fallu insister pour soigner au CHU le jeune coupeur de bois, pour lequel aucune assurance ne répondra. Mais une jambe cassée n’est rien devant une urgence de maternité au milieu d’une tempête de neige. C’est le vrai cauchemar des montagnards. Ils sont seuls face à la rudesse de la nature. Il n’y a ni maternité chauffée ni ambulance, et souvent pas de route carrossable. La population locale garde le traumatisme de l’hiver 2005, lorsqu’elle a été bloquée par la neige pendant 12 jours avant l’arrivée des engins de déneigement de l’ANP. Les autorités semblent avoir tiré quelques leçons. Elles ont compris qu’il est plus facile de déneiger en descendant de la colline qu’en remontant de la vallée. La commune vient de bénéficier d’un camion chasse-neige affecté par la wilaya, une dotation qui ne satisfait pas les jeunes. Engins de déneigement ou antiémeute ?« Ce ne sont pas des chasse-neiges, mais des engins qu’utilisent les services de sécurité pour dégager les routes lors des émeutes. On voit qu’ils laissent une bonne couche de neige après leur passage », lâche-t-on du côté des jeunes. La commune dispose, en outre, d’un tracteur doté d’une pelle ainsi que d’un rétrochargeur qu’il a fallu payer 700 millions de centimes prélevés sur le budget du développement communal. On critique aussi l’organisation par la commune des sorties de ses trois engins de déneigement. « Le camion arrive à 8 h ou 9 h du matin, alors que la route doit être dégagée à l’aube pour permettre aux gens de partir à leur travail », fait remarquer un villageois d’Iguer Amrane. Le maire reconnaît que le planning gagnerait à être amélioré et que cela sera possible avec le recrutement prochain de deux conducteurs d’engins. La commune est constituée d’une dizaine de villages, pour une population de 4000 habitants. « C’est une commune pauvre où il faut être riche pour pouvoir y survivre. Seuls les retraités de France s’en sortent, ceux d’ici ne peuvent même pas payer leurs médicaments », conclut un jeune d’Iguer Amrane. Interrogé sur ce que la commune attend des pouvoirs publics, le maire revient immanquablement sur les conditions de transport. Pour les malades, en priorité. « Nous avons demandé une ambulance tout-terrain afin de pouvoir évacuer les urgences en période hivernale », dit le P/APC. L’administration locale a été saisie à ce sujet il y a quelques années. En lieu et place d’une ambulance, une clinomobile avait été envoyée deux ou trois fois avant de rejoindre durablement sa base à Tizi Ouzou. Un besoin de transport se fait également sentir en faveur des scolarisés. « Nous avons formulé une demande auprès de la solidarité nationale et de la wilaya pour deux bus de transport scolaire. La commune dispose d’un seul bus qui transporte uniquement les filles au lycée de Bouzeguène. Les garçons déboursent 70 DA par jour pour aller en classe », ajoute le maire. Il cite également l’extension de l’électrification : « Nous comptons dans la commune une cinquantaine de foyers qui attendent l’électricité. La direction des mines prend en charge uniquement des groupes de 10 maisons, alors que les foyers concernés à Aït Zikki sont éparpillés à travers les villages. » La requête du courant électrique est vivement appuyée par les élus locaux. Quant au « gaz de ville », il est déjà oublié… Par Djaffar Tamani 26% de raccordement au réseau de gaz naturelLa wilaya de Tizi Ouzou enregistre un taux de raccordement de 26% au réseau de gaz naturel. La moyenne nationale est de 41%. La wilaya accuse un grand retard dans ce secteur. Le taux de raccordement n’était que de 11% en 2002. La lenteur dans la mise en place des programmes, ainsi que le mode de financement initial faisant participer les collectivités locales et les citoyens, auquel les Assemblées des wilayas de Tizi Ouzou et de Béjaïa s’étaient opposées, sont en partie à l’origine du retard. Pour rattraper le temps perdu, les pouvoirs publics ont multiplié les programmes, indique-t-on à la direction des mines et de l’industrie (DMI) de la wilaya de Tizi Ouzou. Cependant, les oppositions au tracé des canalisations, qui s’avéreraient aiguës en Kabylie, ont retardé la livraison des opérations lancées, souligne-t-on à la wilaya. « Actuellement, il y a trois programmes en cours pour l’alimentation en gaz naturel à travers la wilaya », nous dit le chef du service énergie. Il s’agit des programmes complémentaire et de soutien à la croissance, ainsi que du programme spécial du président de la République. Le programme complémentaire 2004-2008 consiste en la pose du gazoduc sur 8 km (réseau transport), et la réalisation de 604 km de réseau de distribution. Plus de 16 000 foyers sont concernés par ce programme. Son taux de réalisation est de 89%. Il reste 66 km de réseau de distribution à achever qui concernera les localités de Assi Youcef, Ouaguenoun, Frikat, Bounouh et Aïn Zaouia. Près de 15 000 foyers sont considérés comme alimentés par l’administration. Cependant, l’on a relevé sur le terrain que des dizaines de foyers peuvent demeurer non alimentés en dépit d’une mise en service officielle effectuée par les autorités. Sonelgaz, maître d’œuvre et de l’ouvrage, explique cette situation par la poursuite des essais de conformité avant la « mise en service finale » du réseau. Pour le chef du service énergie à la wilaya, la mise en service est assujettie à tous les essais techniques. « On nous remet les fiches des essais concluants, et c’est à partir de ce moment que la direction des mines donne le feu vert pour la mise en service du réseau », nous dit le responsable chargé de l’énergie. En tout état de cause, des foyers peuvent être considérés comme étant « raccordés » dans les statistiques de l’administration sans être effectivement alimentés en gaz en raison de la poursuite des essais, et cela en dépit de l’inauguration du réseau. Trois programmes en cours L’administration livre le montant des dotations budgétaires en milliards de centimes, pour mieux illustrer l’effort financier de l’Etat. Un « avenant » au programme complémentaire va consister en la réalisation d’un gazoduc sur 62 km, entre Bordj Ménaïel et Fréha et chevauchera des communes de la partie nord de la wilaya (Sidi Naâmane, Makouka, Boudjima et Timizart). Le programme échelonné entre 2008 et 2011 ne concerne que le réseau du transport. « C’est un réseau à 16 pouces conçu pour renforcer le premier réseau qui n’était que de 8 pouces. Le renforcement de l’amenée est nécessaire en raison de l’importance des programmes affectés à la wilaya de Tizi Ouzou », souligne-t-on à la DMI. 13,5 km de tubes ont été posés, 10 km sont soudés et 500 mètres du gazoduc « enterrés ». Le second programme en cours est le PCSC (soutien à la croissance, 2005-2009). 141 km de gazoduc et 1072 km de distribution, pour un total de 38 000 foyers à raccorder, dans les communes de Tirmintine, Bounouh, Maâtkas, Beni Koufi, Ait Bouaddou, Tizi Rached. L’on enregistre un taux de 40% de réalisation pour le transport et 34% pour la distribution. Le programme spécial du Président est encore plus ambitieux, puisqu’il prévoit le raccordement de 71 000 foyers, 124 km de gazoduc et 2241 km de distribution au profit des zones montagneuses et forestières ainsi que des communes du littoral. Les études sont en cours d’élaboration, nous indique-t-on, soulignant qu’à la livraison de l’ensemble des projets, la wilaya de Tizi Ouzou aura atteint un taux de raccordement de 60%. Par Djaffar Tamani Nuits d’attenteLe décor est incontournable en temps de froid. Une file d’une trentaine de camions chargés de bouteilles de gaz, devant un portail clos. Un gazoduc sur pneus. Nous sommes à l’entrée du centre emplisseur Naftal de Oued Aïssi, à dix kilomètres à l’est de Tizi Ouzou. Il est 14h. Les moteurs sont éteints depuis des heures. Les convoyeurs errent à l’arrière de leurs camions. Le premier de la chaîne est affalé dans sa cabine. Il faut le réveiller pour s’enquérir de ce travail dominé par le sommeil en plein jour. « Suis arrivé ici à minuit, je pourrai charger vers 16 ou 17h », dit Slimane, la quarantaine, « auto ravitailleur privé ». Il vient de Beni Zmenzer. Il est venu passer la nuit sur la route pour espérer charger une centaine de bouteilles de gaz et les distribuer dans son village avant la tombée de la nuit suivante. Un monde insoupçonné de pauvres hères sur lesquels repose la distribution de gaz butane dans la wilaya. « Regardez-nous, on n’a même pas le temps de nous raser. Voyez, c’est là qu’on a allumé un feu pour nous chauffer la nuit et ne pas geler dans nos camions. » Un centre qui ne désemplit pas Un feu de bois au bord de la route, face au plus grand centre emplisseur de la wilaya. « Deux lignes d’emplissage de 1200 bouteilles/heure, à raison de deux équipes par ligne de production », lit-on dans un document de la direction des mines de la wilaya. C’est l’équivalent d’une dizaine de petits camions à l’heure. Pourquoi donc cet incroyable embouteillage à l’entrée du centre emplisseur ? « C’est le même rythme qu’en été, ils ne font pas d’effort supplémentaire en hiver. Les camions Naftal passent en priorité et peuvent faire leurs deux rotations par jour. Quant à nous, nous passons la nuit ici pour charger 105 bouteilles », s’insurge Slimane. Il ajoute : « En arrivant à minuit, il y avait quinze camions avant moi. Cinq ou six ont chargé, une dizaine d’autres se trouvent encore à l’intérieur du centre. Je suis en tête de la file depuis trois heures. » Un de ses collègues intervient : « Ils verront notre attroupement et ils nous feront signe d’avancer. » Ce qui, en effet, a eu lieu. Des nuages de fumée et des vrombissements en chaîne pour avancer de quelques mètres. « Les installations ont été rénovées. Ils peuvent charger tous ces camions en deux heures seulement », lance Slimane, avant d’entrer enfin dans l’enceinte de Naftal. Un jeune convoyeur est sorti acheter un sandwich pour le chauffeur resté dans son camion à l’intérieur du centre. Son témoignage n’est rien d’autre qu’un démenti aux indications mentionnées dans les documents de l’administration faisant état de « deux rotations par jour pour les 78 camions petits porteurs conventionnés ». « Nous sommes arrivés à 21h hier, dit le convoyeur, nous sommes entrés au centre à 11h ce matin, nous allons charger vers 16h. Nous arriverons à Beni Douala à la tombée de la nuit. » Les ravitailleurs en ont gros sur le cœur. « On ne peut pas aller se plaindre, on risque d’être suspendus », disent-ils. L’un d’eux vient de Makouda. C’est sa deuxième rotation en deux jours. Il sait que des dizaines de personnes l’attendent dans son village, à Attouche, pendant qu’il ronge son frein à Oued Aïssi : « Avant-hier, je suis rentré au village à 22h. Une quarantaine de personnes m’attendaient devant mon magasin. J’ai distribué le chargement en pleine nuit. » Nous tentons une entrevue avec le chef du centre d’emplissage. Au deuxième poste de gardiennage, on nous met en contact avec un employé qui, après avoir avisé, nous oriente vers l’unité Naftal, sise à Tala Athmane, à une dizaine de kilomètres de Oued Aïssi. Le directeur nous donne son accord au téléphone pour une entrevue, avant de nous rappeler une heure plus tard pour nous prier de nous adresser au chargé de la communication au niveau de la direction générale de Naftal à... Chéraga. Nous n’allons pas à Chéraga, mais à Semghoune, dans la commune de Makouda, à 25 km au nord de Tizi Ouzou. Il est 19h. Un autre embouteillage « mort » nous accueille au détour d’une route déserte. Une trentaine de voitures sont stationnées devant une maison. L’endroit est éclairé par un seul projecteur qui aveugle les arrivants à la manière des barrages militaires. Ce ne sont ni un barrage ni une fête. Ce sont des villageois venus des alentours attendre l’arrivée du ravitaillement en gaz. « Allez vous inscrire. Il y a une liste », nous lance un homme avec bienveillance, nous croyant pourchassés par le froid. Etrange décor illustrant la pénurie de gaz : des villageois plantés devant leurs véhicules, anesthésiés par le froid et l’attente. Ils attendent dans la nuit glaciale l’arrivée de leur bouteille de butane, à l’heure où d’autres s’attablent pour dîner devant la télé. Cela leur paraît presque commode de se ravitailler la nuit et pouvoir travailler le jour. L’épreuve est plus dure pour le convoyeur qui a passé la nuit à Oued Aïssi pour ramener, le lendemain, le chargement au village. « Il est sur la route, il vient d’appeler. Il est sorti à 3h du matin », nous dit le commerçant qui garde le dépôt de gaz en attendant l’arrivée du camion. Il ouvre un registre et nous montre une liste d’une quarantaine d’inscrits. « J’ai ouvert la liste ce soir. Sinon, le jour, il y aurait eu mille personnes », souligne le commerçant, ajoutant : « On distribue tout dans la nuit, il n’y a plus rien dans la journée. Et on ne donne pas plus de deux bouteilles par personne. Nous la vendons à 200 DA, le prix officiel. » Un gazoduc, en attendant le gaz Dehors, les villageois ont des mines renfrognées. L’attente se fait pesante. Le bruit du moteur ne se fait toujours pas entendre. Le commerçant était peut-être trop rassurant en affirmant que le camion était sur la route. « Cela dure depuis plus d’une quinzaine de jours. On est obligés d’attendre des heures pour ne pas rentrer bredouilles », nous dit l’une des silhouettes emmitouflées devant les véhicules. La crise est accentuée par l’importante activité avicole que connaît la région. « Chaque poulailler consomme 5 bouteilles de gaz par jour », nous dit-on. Les ravitailleurs ont du mal à gérer les priorités. Ils sont au nombre de 4 dans une daïra de plus de 40 000 habitants, soit un ravitailleur pour 10 000 personnes. Leur parcours cahoteux est jalonné par la demande. Au chef-lieu de Makouda, devant de nombreux magasins et domiciles, des bouteilles de gaz sont laissées sur le trottoir, comme des postes à incendie à effet inverse. « Il arrive que le camion s’arrête, mais on ne nous vend pas plus d’une bouteille. On la paie 220 DA », nous dit un jeune commerçant. Une petite majoration pour les forçats du gaz. Les citoyens de Makouda savent qu’un gazoduc est en cours de réalisation sur leurs terres. « Ils sont en train de souder les tuyaux, mais il paraît que ça va acheminer le gaz à Azazga. Pour nous, il va falloir attendre encore 4 ou 5 ans », lance un jeune homme, au courant de la lenteur qui frappe les grands projets publics. Sur le chemin du retour, un autre projecteur nous aveugle sur la route. Ce n’est pas un dépôt de gaz, mais un barrage militaire. Cela nous rappelle que la Kabylie, outre sa résistance au froid, poursuit sa résistance face au terrorisme. Par Djaffar Tamani |
Dégradation de la situation sociale | ||||
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