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Différentes localités du centre du pays sont livrées à elles-mêmes Disette et frustrations à Bouroumi (Blida)El Watan, 25 janvier 2009 La localité de Bouroumi reste confrontée au grave problème lié à l’absence de réseaux d’assainissement et d’évacuation des eaux usées et de pluies l En cette période d’averses, les ruelles deviennent tellement boueuses qu’il est presque impossible de se déplacer. Cité, agglomération, bourgade, douar, petit village… Qu’importe le nom que l’on peut donner à Bouroumi ! Elle reste cet ensemble d’habitations où les rudes conditions de vie semblent à la limite du supportable. Bâtie sur une cuvette, à proximité de Oued Bouroumi, cette petite bourgade est coupée en deux ensembles d’habitations par la route nationale desservant l’ouest du pays et une bonne partie de la wilaya de Tipaza. Située à 2 km du chef-lieu de la daïra d’El Affroun, dont elle dépend administrativement, Bouroumi abrite une population estimée à 1544 habitants, selon le dernier recensement. De prime abord, Bouroumi donne l’impression d’un petit douar calme qui ne souffre d’aucun problème majeur. Il n’en est pourtant rien quand on y découvre le cadre de vie. Rencontrés dans un petit local de fortune, faisant office de salon de coiffure, les deux jeunes locataires du lieu se relayent pour raconter la misère et l’abandon dont ils se sentent victimes de la part des élus locaux. « Ici, il n’existe aucun lieu pour les loisirs. Il n’y a ni salle de jeux, ni centre culturel ou bibliothèque, ni même une salle pour exercer une activité sportive », nous raconte Mohamed. Bien plus préoccupant pour les habitants, Bouroumi reste confrontée au grave problème lié à l’absence de réseaux d’assainissement et d’évacuation des eaux usées et de pluie. De l’aveu même du président de l’APC d’El Affroun, Djelloul Kebir, Bouroumi a beaucoup souffert ces dernières années du manque de commodités. Et d’assurer toutefois que « des projets de travaux d’aménagement et de l’amélioration du cadre de vie seront lancés incessamment, puisqu’ils sont inscrits dans le cadre du plan quinquennal 2009-2013 ». En attendant, les habitants restent confrontés à de multiples difficultés. Le cas de la seule école primaire Mohamed Lezough est éloquent. La cour de cet établissement est dans un état déplorable et la sécurité des lieux n’est guère assurée. En cette période de pluies, les élèves pataugent dans la boue et même le déplacement d’une classe à une autre est rendu difficile en raison de grosses flaques d’eau. Plus aberrant, la cour de l’établissement est utilisée comme un passage par les voisins de l’école après que l’issue donnant accès sur une des ruelles avoisinantes eut été condamnée. En outre, des enseignants rencontrés sur place nous ont fait part de leurs préoccupations sur la fumée provenant des deux décharges sauvages et qui s’abat sur l’école causant des difficultés respiratoires aux élèves. D’ailleurs, les habitants de la localité lancent un appel pressant aux autorités locales pour trouver une solution à cette véritable catastrophe écologique qui a déjà endeuillé une famille lorsque celle-ci a perdu un membre souffrant de crises d’asthme. « En hiver, il y a le problème des odeurs nauséabondes que dégagent ces deux décharges et, en été, ce sont les fortes émanations de fumées toxiques qui nous empoisonnent la vie », atteste un habitant. Chômage endémiqueSur un autre plan, le chômage reste ce phénomène qui préoccupe les habitants de Bouroumi, sachant qu’une partie de la population est sans travail, les jeunes étant les plus touchés. Pour échapper à l’oisiveté et à la dure réalité de la vie, des jeunes, comme Karim, n’ont pas trouvé mieux que de s’adonner à la consommation de la drogue. Pour ceux qui ont encore la chance de fréquenter l’école, d’autres problèmes se posent. On cite en particulier celui lié au transport des collégiens et des lycéens vers la ville d’El Affroun. Interrogé, le P/APC affirmera que le transport scolaire est assuré par deux bus qui font quotidiennement la navette entre El Affroun et Bouroumi. Pourtant, des élèves rencontrés aux arrêts de bus sont catégoriques quant à l’absence de moyens de transport scolaire. « Chaque matin, nous sommes obligés de nous bousculer pour prendre place dans les bus et autres fourgons privés », affirme une lycéenne. Sur un autre front et en cette période d’averses, les ruelles à Bouroumi deviennent tellement boueuses qu’il est presque impossible de se déplacer. Il est temps, comme a tenu à le souligner un habitant, que des travaux de pose de bitume soient entamés dans les plus brefs délais. En effet, les différentes ruelles de Bouroumi sont dans un état de délabrement avancé, ce qui est censé tenir lieu de chaussée n’est plus que crevasses, flaques d’eau et gadoue. Les habitants de Bouroumi, dont surtout les jeunes, restent ainsi privés d’un cadre de vie décent. Par Abdelkader L. Un décor immuable à Sidi Bayzid (Djelfa)Bien qu’érigé en chef-lieu de commune avec seulement quatre annexes administratives, le territoire de la circonscription de Sidi Bayzid est pourtant très vaste. A cheval sur une succession ininterrompue de vallées et de maquis denses, cette commune se trouve à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Djelfa. Sa géographie caractéristique lui a d’ailleurs été funeste durant la décennie noire du fait de la présence de groupes terroristes qui y trouvaient refuge. C’est dire que cette région a souffert le martyre pendant cette période, alors qu’aujourd’hui elle continue à vivre dans une situation d’enclavement, de dénuement et de privation. Ses ressources restreintes, qui proviennent essentiellement du secteur de l’agriculture, ne peuvent hélas guère suffire à lui ouvrir la voie vers un minimum de développement. Sa population, estimée, selon le dernier recensement, à une quinzaine de milliers d’habitants, vit quotidiennement de nombreuses difficultés. Les habitants installés en zone rurale sont particulièrement confrontés à l’absence de commodités les plus élémentaires. Ils disent être souvent amenés à recourir à des moyens de fortune pour s’approvisionner en eau potable et pour se chauffer durant l’hiver. Ainsi, dans la bourgade de Guendouza où le décor est immuablement le même depuis des lustres, les habitants ne sont alimentés que faiblement en eau potable, ce liquide précieux devenant rare à cause d’un réseau de distribution non conforme aux normes. En parcourant le peu de ruelles séparant ses îlots, l’on constate que Sidi Bayzid ne semble guère concernée par les programmes d’amélioration du tissu urbain, alors que ces mêmes programmes connaissent une certaine avancée dans le reste de la wilaya. De fait, dans ladite commune, les routes pleines de nids-de-poule sont comparables à des excavations prouvant, on ne peut mieux, l’absence de chantiers depuis longtemps. Le constat n’est pas plus reluisant quant à l’éclairage public, carrément inexistant. En butte à de telles privations, les habitants interpellent les autorités locales pour une prise en charge de leurs préoccupations, dont le raccordement au réseau de gaz naturel qu’ils considèrent comme une priorité. Ils réclament également l’amélioration des capacités de la structure médicale de la commune en vue d’une couverture sanitaire suffisante sur place, afin de leur éviter les désagréments liés aux déplacements vers Hassi Bahbah. Par Abdelkader Zighem Des famillesdans le froid et la précarité à Aïn Torki (Aïn Defla)La commune de Aïn Torki, sise au nord est du chef-lieu de wilaya de Aïn Defla, se remet progressivement de la catastrophe naturelle qui l’a frappée le 11 octobre 2008 où cinq personnes avaient péri et plusieurs autres blessées suite au débordement de l’oued Guergour qui prend sa source du flanc sud-est du Zaccar. Depuis, cette commune, distante de 10 km de la ville de Miliana, a été déclarée sinistrée et a bénéficié d’un programme d’aide spécial pour parer, à l’avenir, à ce genre de catastrophe notamment en procédant au relogement d’une vingtaine de familles sinistrées et de celles exposées aux risques de sinistres car vivant à proximité des oueds et des torrents. Cependant, la population de Aïn Torki, estimée à quelque 9500 âmes, vit toujours dans l’espoir d’accéder enfin à des conditions de vie plus décentes. En effet, en cette période glaciale, les habitants de la régions se retrouvent, pour bon nombre d’entre eux, à grelotter dans leurs maisons ou leurs chaumières. Beaucoup ne se chauffent qu’au moyen de réchauds à gaz (tabouna) ou de résistances et se voient ainsi exposés à tous les dangers. La quête pour acheter une bonbonne de gaz butane n’est pas toujours chose facile. Des habitants rencontrés à l’entrée de l’agglomération parlent d’une « crise » dans l’approvisionnement en gaz butane, affirmant qu’ils sont souvent contraints d’aller s’en procurer à des kilomètres plus loin. Une situation qui ne manque pas de se répercuter sur les budgets des familles, obligées qu’elles sont de débourser des frais de transport pour s’approvisionner en gaz. Et aux habitants de déplorer la sempiternelle attente de voir un jour leur localité, accrochée sur les flancs du Zaccar à plus de 900 m d’altitude, bénéficier enfin d’un raccordement au réseau de distribution de gaz de ville. Tizi Ouchir, une bourgade qui manque de toutA 4 km de Aïn Torki, par un chemin sinueux l’on accède à la bourgade de Tizi Ouchir peuplée par 900 âmes. La région connaît, selon nombre de ses habitants, une nette amélioration sur le plan sécuritaire, ce qui a poussé des familles à venir s’installer dans ces montagnes, espérant bénéficier d’une aide à l’habitat rural. Durant cet hiver rude, les gens se chauffent comme ils peuvent, certains recourant aux braseros pour échapper à l’insupportable froid qui sévit en cette période. Un habitant de cette localité nous explique que des superficies agricoles importantes, dans cette région, sont abandonnées par leurs bénéficiaires. Au demeurant, déplorent d’autres habitants, la région fait face à tant d’insuffisances quant aux commodités les plus rudimentaires : chemins dégradés, caniveaux inexistants, éclairage public insuffisant, distribution de l’eau potable irrégulière, accès aux soins des plus limités, etc. Même au chef-lieu de la commune, on ne dispose pas d’ambulance, affirment certains habitants. Par ailleurs, hormis le transport scolaire ou des taxis clandestins, les moyens de transport sont presque inexistants. S’ajoute à toutes ces frustrations l’épineux problème du chômage auquel sont confrontés surtout les jeunes universitaires de la région. Par Aziza L. |
Dégradation de la situation sociale | ||||
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