Conférence nationale sur les droits socio-économiques

Les participants ont plaidé pour le renforcement des rangs en matière de libertés syndicales

par N. K., Le Jeune Indépendant, 29 avril 2006

Le droit et les libertés syndicales sont parmi les dossiers abordés lors de la conférence nationale sur les droits socio-économiques organisée ce week-end par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), portant sur le thème «Le travailleur n’est pas une marchandise», qui s’est tenue à Alger.

Le président de l’Association algérienne des jeunes avocats, maître Ahmed Bouchiba, s’est dit désolé de constater que le droit à la grève par les travailleurs est réprimé par les pouvoirs publics. Pour lui, au lieu de privilégier les négociations avec les syndicats autonomes, les pouvoirs publics préfèrent les réprimander en mettant les initiateurs en prison ou sous contrôle judiciaire.

Me Bouchiba a indiqué que plusieurs syndicalistes autonomes se sont vu retirer leurs passeports, et ce, pour avoir crié à l’injustice. Estimant que l’Etat préfère mater des syndicats à chaque fois qu’il trouve une résistance de leur part, M. Bouchiba a indiqué que la justice n’a jamais été libre.

Par ailleurs, l’intervenant a dénoncé le fait que certaines décisions concernant notamment les syndicats se prennent dans la nuit. Lui emboîtant le pas, Me Ali Meziane a fait savoir que depuis 1997 plusieurs syndicats autonomes n’ont pas pu avoir des récépissés pour activer régulièrement, et ce, à l’exemple du CLA et du CNAPEST.

Défendant le principe du pluralisme syndical, Me Meziane a condamné fermement l’Etat qui «s’entête à refuser aux syndicats de se constituer en fédérations». De leur côté, les différents syndicats présents ont promis de déployer plus d’efforts dans le domaine syndical pour faire valoir les droits des travailleurs.

Le coordonnateur du CLA, M. Redouane Osmane, a tenu à rappeler que les syndicats sont nés dans un contexte de recul social et économique. Pour lui, la précarité s’installe avec un régime qui n’admet pas le pluralisme syndical et politique.

Dénonçant l’instrumentalisation de l’UGTA, M. Osmane estime que la non-reconnaissance par le président Bouteflika des autres syndicats est en soi paradoxal. Pour lui, il est anormal de vouloir montrer une image de l’Algérie au monde extérieur alors qu’elle est tout autre en réalité.

Tout en estimant que sans le politique, l’idée de construire une alternative est impossible, M. Osmane propose l’organisation d’une résistance en Algérie qui déboucher a sur cette alternative. De son côté, le responsable du CNAPEST, M. Nouar Larbi, a estimé qu’au moment où la nécessité d’un dialogue social avec les syndicats représentatifs se fait de plus en plus sentir, les autorités ont choisi de demeurer dans leur attitude de fermeté à l’égard de toute revendication.

M. Larbi a déclaré que le comportement des ministères de l’Education et du Travail avec le syndicat s’inscrit dans une démarche gouvernementale destinée à museler toute tentative de création de syndicats autonomes, préférant le maintien du syndicat historique UGTA devenu syndicat maison.

Pour lui, la restriction des libertés et la dégradation des conditions de vie rendent le chemin de la lutte très difficile. Pour sa part, le représentant du SNAPAP, El-Hadj El-Jilali, estime que le SNAPAP a été créé par l’Etat dans le seul but de contrecarrer le Syndicat islamique du travail (SIT).

Cependant, ce projet lui a échappé après que «nous eûmes récupéré le SNAPAP pour défendre les intérêts des travailleurs». De son côté, M. Ahmed Djaddaï, qui a tenu à se prononcer en son nom personnel, a émis le vœu d’aller vers un forum permanent pour les libertés où tous les volets seront pris en charge.

Ce forum, a-t-il dit, devra regrouper non seulement les syndicalistes mais aussi les politiques. N. K.

   
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