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EMPLOI ET CHOMAGE Des chiffres et des doutesLe Quotidien d'Oran, 27 avril 2006 Le groupe Entreprendre (Formation - Consulting - Edition), groupe animé par des universitaires et d’anciens hauts cadres de l’Etat, a organisé ce mercredi 26 avril son quatrième atelier de travail. Le thème abordé par des experts a été consacré aux problèmes d’emploi et de chômage en Algérie. D’abord la question méthodologique a été débattue. Comment l’ONS procède-t-il pour évaluer l’emploi et le chômage ? L’exposé qui a été consacré à cette question a montré que le protocole d’enquête d’évaluation suivi par l’ONS est à peu près identique à celui mis en oeuvre dans les pays maghrébins et respecte les principes méthodologiques du BIT. Certains biais persistent et concernent surtout la qualité du personnel d’enquête et les déclarations du ménage enquêté qui se sont pas toujours rigoureuses et dont la véracité peut - dans certains cas - poser problème. Mais pour l’essentiel, les méthodes d’évaluation de l’ONS sont acceptables. Le second exposé présenté par M. Ighil Ahriz, le directeur général du bureau d’études privé Ecotechnics, a introduit des doutes sur les chiffres de l’ONS. Le taux de chômage de 15,7% auquel est parvenu l’ONS pour la fin de l’année 2005 est contesté par Ecotechnics qui conclut lui à un taux de chômage de 24,2% (pour l’année 2004) car, selon ce bureau d’études, l’ONS a sous-évalué considérablement le chiffre des demandeuses d’emploi et donc le chiffre de la main-d’oeuvre féminine en quête d’un emploi. Le troisième exposé présenté par M. Boulahbal a porté sur la croissance économique réalisée ces dernières années et son contenu en emploi. M. Boulahbal a donné des chiffes qui précisent le bilan de l’emploi créé ces dernières années. Cet emploi a concerné surtout les primo demandeurs et parmi ceux-ci, ceux qui n’ont pas de qualification. De plus, la croissance économique qui a généré cet emploi a été le fait de l’Etat, même si c’est le secteur privé qui a créé le plus d’emploi notamment dans les secteurs de l’agriculture et du BTPH. Mais ces deux secteurs ont été dynamisés par la dépense publique. La faible diversification de l’économie nationale a été mise en exergue et le poids toujours plus grand des hydrocarbures dans le PIB devient inquiétant: en 2005 alors que la part de l’industrie est tombée à 5,2% (18% en 1984), celle des hydrocarbures est passée à 44% (29% en 1993). Des débats très intéressants ont suivi chacun des exposés et ont concerné les thèmes de la qualité de la croissance économique réalisée ces dernières années, le paradoxe d’une épargne nettement supérieure au taux d’investissement: 32% d’investissement et 46% de taux d’épargne (par rapport au PIB). Où est passée cette épargne ? De même a été abordé le thème du projet de développement de l’économie algérienne: où va notre économie, la croissance actuelle s’inscrit-elle dans la durée, comment faire pour élever le niveau qualitatif de l’emploi créé, est-on capable d’aller vers la création de high-tech... En conclusion, un atelier de travail intéressant surtout par les questions qu’il soulève et les réflexions qu’il a suscitées. A.B. |
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www.algeria-watch.org
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