LOUISA HANOUNE À L’OUVERTURE DU 6E CONGRÈS DU PT

20% des Algériens vivent de l’aide de l’Etat

L'Expression, 28 Août 2010

Abdelaziz Belkhadem, Seddik Chihab et Abdelmadjid Sidi Saïd étaient les invités du PT.

Le nombre de contestations quotidiennes est la meilleure preuve de la détérioration du pouvoir d’achat de la majorité des citoyens. C’est ce qu’a déclaré Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs à l’ouverture du 6e congrès du PT, ouvert hier à l’hôtel Safir de Zéralda à Alger. Elle a tracé un tableau noir de la situation sociale que vit l’Algérie «malgré tous les efforts de l’Etat que personne ne peut remettre en cause».

Dans le même contexte, elle se prononce sur le nombre important de couffins de Ramadhan distribués cette année. «Ce n’est pas honorable que 20% des Algériens vivent de l’aide de l’Etat», a t-elle dit. La secrétaire générale du PT a appelé à introduire un changement dans le système politique et à une séparation effective des pouvoirs. Elle suggère la création d’un ministère de la Planification. «Nous faisons de la réforme de la loi électorale et la loi relative à la commune et à la wilaya, une revendication prioritaire», explique-t-elle. Elle dit ne pas être étonnée de l’ampleur qu’a pris le phénomène de la corruption au sein de l’administration. Qui contrôlera l’argent du plan quinquennal 2010/2014? Se demande-t-elle. «Il faut en finir avec le monopole de l’administration sur les élus du peuple», a-t-elle dit. La réforme selon elle commence par cet élargissement du champ d’intervention de l’élu, vecteur d’un développement économique durable basé sur la gestion transparente des biens publics. Sur la même lancée, Hanoune a estimé que le nombre actuel de communes en Algérie (1541) est insuffisant. Pour appuyer ses dires, elle donna alors l’exemple de la France qui compte 36.000 communes, ce qui a permis, selon elle, une bonne gestion au plan local, susceptible en même temps d’un meilleur contrôle des dépenses de l’Etat.
S’attaquant au gouvernement, la Première dame du PT, s’est dite étonnée du double discours prôné par des ministres d’une même équipe. Elle donne l’exemple de l’Entreprise nationale de distribution des médicaments: «Alors que le ministre de la Santé déclare que l’Endimed n’est pas à vendre, vient le ministre de l’Industrie pour annoncer le contraire», estime-t-elle. Et d’ajouter: «Nous sommes contre toute privatisation des entreprises de l’Etat.»
S’agissant de l’action des ministres, la même responsable estime qu’il est indispensable de faire le bilan de certains départements, à l’instar de l’Education nationale, l’enseignement supérieur, la santé et la justice. Pourquoi ces départements? Hanoune estime que «les réformes introduites dans ces secteurs ont été dictées durant les années sombres par de puissantes institutions étrangères».
Par ailleurs, l’occasion était pour Louisa Hanoune de rappeler quelques positions de son parti, notamment celle relative à l’officialisation de tamazight. La nécessité d’élire une assemblée constituante est aussi revendiquée sans que cela ne constitue une condition à l’ouverture d’un débat entre les différentes formations politiques.
Fort de ses 920 participants venus des 48 wilayas, le 6e congrès du PT qui se poursuivra aujourd’hui et demain, a été marqué par la présence de plusieurs personnalités politiques, à l’image de Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du FLN, Seddik Chihab représentant du RND, Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de l’Ugta ainsi qu’un représentant du MSP. L’ambassadeur de la République démocratique du Cuba était aussi présent.

Aïssa MOUSSI

 
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