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Déficit en encadrement dans l’université algérienne
600
enseignants étrangers à la rescousse
Par
Nabila Afroun , Liberté, 26 septembre 2004 Afin de palier le
problème d’encadrement, le ministère
de l’enseignement supérieur envisage de recruter près
de 600 enseignants étrangers pour renforcer l’école
doctorale.
Si le ministère de l’enseignement supérieur a réussi à résoudre
l’épineux problème de l’hébergement
en recourant à des solutions de replâtrage, la question
de l’encadrement demeure, en revanche, un casse-tête pour
les responsables de l’État. En matière d’enseignants,
la dotation des établissements universitaires en professeurs constitue
un autre souci majeur et de loin le plus important.
Et pour cause : si les pouvoirs publics se sont attelés à ériger
dans les grandes villes des établissements universitaires, ils
sont cependant incapables de les pourvoir en formateurs. En effet, lors
des journées d’étude sur l’encadrement tenues
en juillet dernier à l’école nationale d’administration,
un bilan du ministère de l’enseignement supérieur
et de la recherche scientifique avait fait ressortir un constat accablant.
C’est ainsi qu’on a relevé un déficit de 20
000 enseignants sur un total de 23 205 professeurs disponibles. Et ces
chiffres sont très loin des normes internationales.
Le ratio moyen est estimé à un professeur pour 15 étudiants
dans le monde. Dans notre pays certaines salles, à titre d’exemple,
peuvent contenir jusqu'à 35 étudiants notamment au sud
du pays.
À
l’origine de ce déficit, les inscriptions rares en postgraduation,
mais surtout la fuite des cerveaux. En effet, sur plusieurs milliers
de boursiers à l’étranger seuls, 5% environ ont regagné le
pays ces dix dernières années. Ainsi, beaucoup de facultés,
d’écoles et d’instituts se trouvent en manque de compétence.
Afin de palier ce déficit en encadrement, le ministère
de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
envisage de recruter dès cette année près de 600
enseignants étrangers venus de différents pays et destinés à renforcer
l’école doctorale.
Selon le département de Harraoubia, ces professeurs sont censés
former des formateurs pédagogiques dans les plus brefs délais. “Ces
professeurs étrangers auront dans leurs prérogatives d’encadrer
et de perfectionner les enseignants à l’école doctorale”,
affirme, pour sa part, un responsable du ministère de tutelle.
Concernant les branches disponibles cette année dans les écoles
doctorales, on démembre trois filières : l’informatique à Béjaïa,
sciences juridiques et sciences économiques à Alger et à Oran.
Au sujet de la nationalité des professeurs, notre interlocuteur
affirme que l’offre est ouverte à tous les professeurs d’université ayant
une grande expérience dans le domaine de l’enseignement
supérieur. Enfin, à propos de la langue à utiliser,
il déclare qu’“il est question de pratiquer la langue
la plus utile”.
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