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240 FAMILLES QUITTENT AUJOURD’HUI DIAR ECHEMS
De l’obscurité à la lumière…
Le Soir d'Algérie, 14 mars 2010
Ambiance des grands jours hier à Diar Echems : la colère a laissé place à un enthousiasme contagieux. Tout le quartier était mobilisé pour le déménagement des 240 familles qui quittent définitivement, aujourd’hui, un quartier où elles ont vécu entassées depuis plus de quarante années.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - L’immeuble Aloui concerné par la première opération de relogement était, hier, en effervescence. Et pour cause : 240 familles devaient se préparer à quitter le quartier, direction Tixeraïne et Djenan Sfari (Birkhadem), les deux sites retenus pour le relogement. Hier, dès 15h les camions mobilisés par l’APC d’El-Madania avaient pris place au bas des immeubles puisque les premières familles quitteront Diar Echems aux premières heures de la journée d’aujourd’hui. Auparavant, elles avaient mis toute leur énergie pour ramasser leurs affaires. Une opération qui a, d’ailleurs, débuté il y a quelques jours pour atteindre, hier, sa vitesse de croisière. Les escaliers en labyrinthe ressemblaient à une véritable fourmilière : jeunes et moins jeunes s’affairaient à débarrasser les bénéficiaires des nouveaux logements de leurs anciens meubles. Une véritable aubaine pour les marchands de vieux meubles qui se disputaient les bonnes affaires. Pas moins d’une dizaine de camionnettes étaient en effet stationnées au bas de l’immeuble pour récupérer armoires, lits, buffets à des prix défiant toute concurrence. Visiblement, les familles concernées par le relogement n’avaient qu’une seule envie : se débarrasser de tout ce qui leur rappellerait leur ancienne vie. Elles veulent entamer leur nouvelle vie sans aucun souvenir des années de galère passées à Diar Echems. Un quartier qui porte très mal son nom. Et pour cause : les conditions de vie y sont exécrables, inhumaines. Les centaines de familles qui y logent y avaient été placées à titre provisoire. Certaines y sont depuis plus de quarante ans. Dans ces celibatoriums s’entassent trois générations. Elles cohabitent difficilement en raison de l’exiguïté des lieux. L’intimité est un concept étranger aux habitants. Pour se changer, se laver, il faut patienter longtemps, le temps que le studio se vide. Ce qui n’arrive que rarement. Pour permettre à leurs femmes, sœurs ou filles de dormir à l’intérieur, les hommes passent leurs nuits dans les couloirs transformés, à la tombée de la nuit, en dortoir à ciel ouvert. Ce sont ces conditions de vie insupportables qui avaient poussé des dizaines de jeunes du quartier à se révolter en novembre dernier. Les affrontements avec la police avaient été violents. Les pouvoirs publics avaient temporisé avant de décider de reloger une partie des habitants. Les promesses se concrétisent enfin : le premier groupe quitte Diar Echems aujourd’hui. Les autorités locales ont assuré aux parents que la réinscription de leurs enfants au niveau des écoles se fera de manière automatique. Les écoliers rejoindront leurs nouvelles classes juste après les vacances de printemps. Les studios libérés seront aussitôt réhabilités en appartements plus spacieux pour permettre, à terme, d’accueillir les familles toujours en attente d’une solution. Ces dernières regarderont partir leurs voisin avec l’espoir de connaître bientôt le même sort…
N. I.
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Dégradation de la situation sociale |