|
|||||
Le secteur minier national vu par des experts britanniquesUn développement rapide est attendu pour la prochaine décennie par Safia Berkouk, Le Jeune Indépendant, 28 août 2005 Avec un cadre réglementaire et administratif plus attractif, un système d’appels d’offres potentiellement transparent et des offres intéressantes à venir, le secteur minier algérien devrait connaître un développement rapide au cours de la prochaine décennie. Les perspectives sont fort prometteuses, estiment les experts britanniques d’Oxford Business Group (OBG) dans leur dernière publication consacrée à l’Algérie, qui se basent sur le constat que le pays possède un potentiel minier considérable, puisqu’une trentaine de minéraux ont été identifiés. Les réserves en minerai de fer identifiées sont de 3,5 milliards de tonnes, alors que les réserves potentielles sont estimées à 5 milliards de tonnes. Cependant, déplorent-ils, ce potentiel reste «largement sous-exploité», du fait que le secteur est resté pendant longtemps un monopole d’Etat. Certes, l’Office national de recherche géologique et minière (ORGM) a réalisé de nombreuses découvertes intéressantes, telles que des gisements importants de minerai de fer et de phosphate, ainsi que des gisements plus réduits d’or, de zinc, de plomb et même d’uranium, mais cela demeure toujours en deçà des potentialités du secteur. Pourtant, constate OBG, le gouvernement algérien avait pris des mesures dans le cadre de la nouvelle loi minière, visant à accélérer le développement du secteur. Ainsi, la Direction générale des mines a procédé à des adjudications pour attribuer des permis d’exploration. Toutefois, souligne- t-on, cette initiative ne concernait que des gisements de taille modeste, en particulier de calcaire, d’argile ou de sable, destinés à la production d’agrégats pour le secteur de la construction. La DGA a mené à bien 15 adjudications, attribuant un peu plus de 300 permis pour des gisements à faible valeur ajoutée. La procédure n’a attiré que des investisseurs privés nationaux, mais a rapporté à l’Etat des revenus de l’ordre de 10 millions de dollars. OBG note que l’entrée sur le marché d’investisseurs étrangers a été fortement bénéfique pour le secteur, notamment avec l’entrée du leader mondial Mittal Steel qui a pris une participation majoritaire dans le complexe sidérurgique de Sider. Mais la plus importante affaire enregistrée dans le secteur demeure celle du consortium australien Gold Mines of Algeria qui a acquis 52 % des parts de l’entreprise publique ENOR pour 14 millions de dollars, en vue d’exploiter le gisement aurifère de Tirek-Amesmessa. Les deux partenaires produisent aujourd’hui environ 500 kg d’or par an. Le groupe britannique relève avec satisfaction les actions menées par le gouvernement en vue de perpétuer ce succès. Depuis le début de 2005 ont été installées deux agences autonomes : l’Agence nationale pour la géologie et le contrôle minier (ANGCM), chargée de réguler le secteur minier, et l’Agence nationale du patrimoine minier (ANPM), chargée de valoriser le patrimoine minéral du pays en évaluant les gisements, en attribuant les permis et en les gérant. Cette nouvelle organisation du secteur est susceptible de lui redonner un second souffle, soutient la même source. L’ANPM a récemment ouvert un data room proposant toute l’information nécessaire sur les gisements de Gara Djebilet et Mecheri-Abdelaziz, censés contenir respectivement 790 millions et 690 millions de tonnes de minerai. Après la réception des déclarations d’intérêt pour ces gisements, un appel d’offres sera publié dans le BAOSEM en vue d’attribuer les permis en 2006. S. B. |
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||