Marché informel à Alger

60% des commerçants d'El-Hamiz baissent rideau

Le Quotidien d'Oran, 31 juillet 2005

La majorité des commerçants du grand marché algérois d’El-Hamiz ont pris des vacances.

60% des commerçants environ ont fermé leur boutique par crainte de recevoir la visite des brigades mixtes composées des services du commerce et des impôts, assistées de la police, qui sont à pied d’oeuvre depuis le 23 juillet dernier, à travers les importantes agglomérations commerciales à Alger, en train de traquer ceux qui activent dans le marché informel et débusquer les commerçants fraudeurs. Il s’agit d’une opération coup-de-poing pour la lutte contre le marché informel et le commerce illégal qui a été lancée par le ministère du Commerce samedi dernier et qui devra prendre fin demain. Cela ne veut pas dire que c’est terminé, puisque d’autres opérations sont programmées prochainement afin d’assurer une continuité dans le contrôle. Sur les 800 commerces qui existent à El-Hamiz, 300 d’entre eux ont reçu la visite des inspecteurs des impôts et ceux du commerce. Ces derniers procédaient lors de leur visite à la vérification des registres de commerce, les factures, l’identification des activités non déclarées et la poursuite des recouvrements.

Une telle infraction relevée par les contrôleurs conduit le commerçant à baisser rideau définitivement, si jamais il refuse d’honorer ses impôts ou de payer ses dettes envers le fisc. Cette opération a également touché les marchands ambulants, nombreux au marché d’El-Hamiz et qui aujourd’hui ne trouvent pas de place pour vendre leurs produits. Aucune trace des marchands qui étalaient leurs marchandises à même le sol, c’est le désert total du moins pour cette semaine.

Notons que cette opération de grande envergure ne se limite pas à Alger, elle touche les grandes villes du pays, l’on cite la ville de Sétif. En effet, le ministère du Commerce a mobilisé pour la circonstance 3.000 agents de contrôle dont 1.700 spécialisés dans le contrôle de la qualité et les produits alimentaires. Le manque d’effectifs dans les rangs des contrôleurs est assez signifiant quand on le compare au nombre de commerces sans parler autant du commerce parallèle. Cet état de fait a contraint d’ailleurs les pouvoirs publics à décider de mobiliser quelque 1.500 universitaires pour les trois prochaines années, pour renforcer les équipes de contrôle et lutter efficacement contre le marché informel. L’ensemble des services des impôts, des services des douanes et du commerce se lancent dans des opérations coups-de-poing pour dissuader le fraudeur et les auteurs du commerce informel. L’on apprend, à en croire les responsables de ces services, que même les importateurs et les fabricants seront traqués. Des opérations qui permettent non seulement d’organiser le marché mais aussi d’assainir le climat et d’assurer une concurrence loyale aux investisseurs. Accord d’association avec l’Union européenne et adhésion prochaine de l’Algérie à l’OMC obligent.

M. Aziza

   
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