DANS SA DERNIERE NOTE PUBLIQUE RELATIVE A L'ALGERIE

Les recommandations du FMI

Le Quotidien d'Oran, 30 janvier 2005

Le Fonds monétaire international a rendu public vendredi, à la demande de l'Algérie, une notice portant ses conclusions issues de ses récentes consultations.

Le FMI estime que la «performance économique» de l'année 2004 «était favorable», mais considère que le produit intérieur brut (PIB) de l'année écoulée devrait diminuer à 5,5% contre 7% en 2003, en particulier à cause du «ralentissement de la croissance du secteur des hydrocarbures». Ce qui suppose, selon le FMI, que le taux de chômage restera encore élevé.

Malgré l'augmentation du volume des importations, la hausse des prix du pétrole a permis à l'Algérie d'avoir des réserves de change de l'ordre de 37,3 milliards de dollars à la fin septembre 2004, «couvrant ainsi près de deux années d'importations», estime le FMI.

«Au moment où les réformes structurelles sont restées lentes», le FMI note «quelque progrès» accomplis dans la réforme bancaire et la libéralisation du commerce. «Les autorités algériennes ont, ajoute le FMI dans sa note publique, fortifié la performance des banques publiques et avancé dans la modernisation du système de paiement». «Elles ont également révisé en partie la législation dans le sens des règles de l'OMC, tout en poursuivant les négociations pour l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation».

Le FMI considère que la politique budgétaire adoptée dans la loi de finances 2005 marque «un tournant décisif dans la gestion des finances du pays», notamment en matière de «contrôle des dépenses publiques», considérée comme un premier pas vers la réduction de la «vulnérabilité fiscale» basée essentiellement sur les recettes générées par les hydrocarbures.

Ainsi, pour l'année 2005, «les perspectives économiques sont favorables pour l'Algérie», note le Fonds, qui précise que les autorités algériennes «doivent saisir l'occasion fournie par un climat économique favorable (hausse des prix du pétrole, ndlr) et l'amélioration de la situation sécuritaire pour consolider la stabilité macro-économique, soutenir la croissance économique et réduire considérablement le chômage». Pour arriver à faire face à ces défis, l'Algérie doit, selon le FMI, «accélérer la transition vers l'économie de marché», «diversifier les sources de croissance économique et élaborer un cadre pour une gestion saine de la richesse hydrocarbure du pays». Entre autres recommandations, le Fonds monétaire international insiste sur «l'accélération de la mise en oeuvre de réformes structurelles», notamment avec le «renforcement du secteur financier, la création d'un environnement favorable à l'investissement privé et l'augmentation de la compétitivité économique».

Parmi les défis clés, le FMI recommande à l'Algérie d'utiliser l'opportunité que lui donnent ses importants revenus provenant des hydrocarbures pour «investir dans le capital physique et humain». Une «transformation économique» nécessaire pour garantir une part des ressources énergétiques «pour les futures générations». Tout en disant saisir la nécessité du «maintien des dépenses sociales», notamment par des «programmes de développement du capital humain», les analystes du FMI estiment cependant que «le processus de l'investissement devra réduire le gaspillage et rehausser la transparence». Pour le FMI, les investissements publics doivent êtres «prudents, efficaces», et doivent prendre en considération «les capacités d'absorption» de l'économie. Par ailleurs, après avoir noté la résolution des autorités à maintenir une inflation basse, les experts du Fonds «ont réitéré leur inquiétude au sujet de l'impact potentiel de l'excès de liquidités sur la stabilité macro-économique et sur la solidité du système financier».

En matière de change, le FMI considère qu'un taux de change flottant (du dinar) est favorable pour l'Algérie. En outre, l'institution financière internationale affirme soutenir «la demande des autorités pour une assistance technique afin d'améliorer le système de change pour aider à réduire la grande étendue entre les taux de change du marché officiel et parallèle». Le FMI a «vivement conseillé» les autorités de revoir le décret qui interdit aux institutions et aux entreprises publiques de faire des placements dans les banques privées, de procéder à «la privatisation de plusieurs banques publiques et de renforcer considérablement la surveillance bancaire».

Le Fonds a également accueilli avec satisfaction la création en Algérie d'une structure de renseignement financier et a encouragé les autorités à «mettre en oeuvre rapidement» la législation adoptée pour combattre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Mohamed Mehdi

 

   
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