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L’UGTA se prononce sur le dossier «Le processus de privatisation est en panne»Le Quotidien d'Oran, 29 mars 2006 La centrale syndicale rompt enfin le silence sur l’important dossier des privatisations. Et son constat n’a rien de surprenant: «Le processus est en panne», a déclaré hier Mahdjoub Belarbi, membre du bureau d’études et d’analyses économiques de l’UGTA (placé sous la coupe du secrétaire national Mohamed-Lakhdar Badreddine), au forum d’El Moudjahid. Le rendez-vous a été consacré à «la reprise des entreprises par les salariés». L’UGTA partage ainsi le point de vue déjà exprimé et à plusieurs reprises par des acteurs de la vie économique et sociale du pays: économistes, experts et universitaires. En fait, c’est la situation dans laquelle se trouvent le secteur industriel public et les milliers de travailleurs qui interpelle aujourd’hui cette organisation. Cependant, il ne s’agit nullement pour la centrale syndicale de rompre «la trêve» conclue avec le gouvernement autour du dossier des privatisations. Elle va rouvrir un débat public avec toutes les parties concernées, élargi aux universitaires et experts, sur tout le processus des réformes. A vrai dire, fait-on remarquer, l’UGTA ne fera que remettre sur la table une vieille revendication qui est celle d’un débat constructif et serein autour d’une stratégie industrielle à l’occasion «d’une conférence nationale sur l’économie algérienne». Car, sans celle-ci, «le pays risque de se retrouver dans des situations graves», soutient-on. Et l’organisation syndicale peut maintenant parler avec «plus d’aisance», soutient-on, de toutes les questions qui touchent à l’économie nationale sans prendre le risque d’«être accusée de vouloir bloquer les privatisations». L’UGTA devenue «pragmatique» et «refusant de porter seule sur ses épaules les intérêts de l’Algérie, a laissé le gouvernement mener le processus», a d’ailleurs rappelé hier Belarbi. Comme quoi, la responsabilité dans l’échec que connaît cet important dossier incombe, désormais, uniquement et seulement à ce dernier. En attendant que les pouvoirs publics fassent leur «autocritique» et opèrent enfin une évaluation de l’opération de privatisation, à l’UGTA l’on affirme sans détour que «le gouvernement a fait tout faux». Résultats: «les repreneurs ne se bousculent pas et les appels d’offres se succèdent pour les mêmes entreprises». Il y a des cas où des appels d’offres sont lancés jusqu’à cinq fois pour la privatisation d’une seule et même entreprise, a indiqué l’invité d’El Moudjahid. L’organisation et la gestion du processus sont également critiquées par la centrale syndicale. Et ce sont les sociétés de gestion des participations (SGP) qui semblent poser problème. En fait, contrairement aux holdings qui avaient également la mission de restructurer et de mettre à niveau les EPE, «les directoires des SGP sont des liquidateurs», a déclaré le représentant de la centrale syndicale. Selon nos informations, c’est carrément la gestion collégiale des directoires qui est aujourd’hui contestée par l’UGTA. L’on préférerait revenir à l’ancienne formule et nommer des DG uniques. Une méthode qui, affirment nos sources, permet «plus d’efficacité et de rapidité» dans la prise de décisions. D’autant plus que la décision finale, rappelle-t-on, revient au conseil des participations de l’Etat (CPE). Par ailleurs, l’on dénonce le fait que certaines SGP conditionnent le paiement des arriérés de salaires par un cautionnement des travailleurs à la privatisation de leurs entreprises. S’agissant de la reprise des entreprises par les salariés, les participants au débat d’El Moudjahid ont tous constaté les difficultés aussi bien juridiques que financières que rencontrent les travailleurs. L’on cite, dans ce cadre, l’obligation faite à ces derniers de se constituer en entreprise en un mois pour ensuite soumissionner à la reprise d’une unité. Un délai que les experts jugent trop court de par les lourdeurs administratives qu’on connaît. Le président de l’association des sociétés de salariés, Aggoun Tahar, a pour sa part abordé l’absence de culture d’entreprise et d’actionnariat chez les salariés qui ont repris leurs unités et de tout soutien et orientation des pouvoirs publics. Ce qui a été de nature à rendre très difficile la relance des EPL ou EPE rachetées par les salariés. Ghania Amriout |
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