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Doutes sur la capacité du gouvernement à prévenir les surcoutsMaghreb Emergent, 16 Août 2010 Sur 286 milliards de dollars du nouveau plan quinquennal, 130 seront consacrés à l’achèvement de projets engagés dans le plan 2005-2009. Les surcouts, cette tare de l’économie algérienne, sont-ils évitables ? Dans l’état actuel des choses, certains experts en doutent. Les « auditions annuelles » du président Abdelaziz Bouteflika ont commencé cette année avec celle consacrée au secteur des finances dont l’état est globalement positif. La croissance hors hydrocarbures s’est améliorée en 2009 pour atteindre 9,3%. L’inflation a été contenue à 5,75%, les crédits à l’économie sont en hausse de 16,4% (3.045,2 milliards de DA en 2009 contre 2.615,5 milliards de DA en 2008). Les réserves de change étaient de 147,2 milliards de dollars US à la fin de l'année 2009 malgré un recul de plus de 40% des exportations en raison de la baisse des prix du pétrole. Si la santé financière de l’Algérie est bonne en dépit des effets de la crise financière et économique mondiale sur les recettes pétrolières, les craintes de malversations et de gaspillage qui pourraient accompagné la mise en œuvre d’un plan quinquennal de 286 milliards de dollars reste forte. L’année 2010 a été celle de la révélation de nombreuses affaires de malversations comme le scandale de l’autoroute est-ouest. La plus retentissante reste celle qui a touché le secteur stratégique des hydrocarbures entrainant la décapitation judicaire du management de Sonatrach et le départ, quelques semaines plus tard, du ministre de l’énergie et des mines, Chakib Khellil. Toutes ces affaires ont créé une vive suspicion de malversations à l’ égard des « surcouts » ou « réévaluation » des projets engagés dans le cadre des programmes d’investissements publics. Grosse « rallonge »Les chiffres sont en effet frappants. Sur les 286 milliards de dollars du nouveau plan quinquennal, 130 milliards de dollars seront consacrés au parachèvement des projets (rails, routes, eau notamment) déjà engagés dans le précédent plan quinquennal 2005-2009. Un cout très élevé quand on sait que les projets en question étaient dotés d’une enveloppe de 150 milliards de dollars ! La « rallonge » - le mot est-il approprié ? – n’est pas loin d’atteindre le même niveau de l’enveloppe initiale. La facture est éloquente et elle suscite des doutes sur la capacité du gouvernement à contenir les dépenses et les gaspillages. Au lendemain de l’adoption du nouveau plan quinquennal de 286 milliards de dollars, Karim Djoudi a indiqué que son ministère œuvrera à améliorer la maturation des études de programmes d'investissements publics (PIP) afin d'en éviter les surcoûts. «Nous allons travailler effectivement pour réaliser de meilleures études de maturation et un meilleur suivi des projets», avait-il déclaré. Dimanche, le président Bouteflika, tout en exprimant sa satisfaction à l’égard de l’état du secteur des finances a appelé à la « prudence et à la prospection ». Il a souligné que la conduite du programme quinquennal d'investissements 2010-2014 fera l'objet «d'une évaluation annuelle pour tenir compte de la situation de nos finances publiques». Il a également donné injonction au gouvernement de veiller «à prévenir les réévaluations coûteuses des projets et à prohiber toutes formes de gaspillage». Capacités d’absorption et compétenceLe gouvernement sera-t-il en mesure d’éviter ces surcouts qui suscitent, à défaut de soupçon de malversations, des accusations de gaspillage et d’imprévoyance ? Un expert international souligne la difficulté d’une rationalisation des dépenses dans le cadre du fonctionnement institutionnel actuel. « Il existe deux problèmes. Le premier est la capacité d’absorption de l’économie algérienne de telles dépenses en un délai aussi court. Le maître d’ouvrage est l’Etat qui est, par définition, bureaucratique dans sa prise de décision, ses validations, son contrôle. Le second problème est celui des surcoûts. Ils sont liés à la corruption, mais encore plus à l’incompétence du maître d’ouvrage». Et c’est bien là ou le bât blesse, estime-t-il, la conduite des chantiers par une administration souvent incompétente est la source de tous les surcouts. Un programme de réhabilitation et de professionnalisation des administrations semble s’imposer comme un préalable à toute stratégie d’investissement et de contrôle de l’efficacité des dépenses.
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www.algeria-watch.org
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