Ouverture hier des plis des offres financières pour le projet d’autoroute Est-Ouest

Les groupements retenus pour le projet de 7 milliards de dollars connus à la mi-avril

Par Yasmine Ferroukhi, La Tribune, 29 mars 2006

Une autre étape a été franchie hier dans le processus de concrétisation du projet stratégique de réalisation de l’autoroute Est-Ouest devant relier, à l’horizon 2009 et sur une distance de 1 216 kilomètres, les deux frontières du pays.
Après les offres techniques pour les trois lots, Ouest, Centre et Est, ouvertes les 21, 22 et 23 janvier derniers, ce fut hier au tour de l’ouverture de plis des offres financières au siège de l’ANA (Agence nationale des autoroutes). Les groupements ayant soumissionné sont de sept nationalités, un groupement italien (Italia) de quatre entreprises intéressées par la réalisation des trois lots (Ouest, Centre et Est) ; un américain (Bechtel) sur les deux lots Ouest et Est, deux groupements chinois (CSC-CHEC et SETIC) de quatre entreprises ont soumissionné pour les trois lots, un groupement portugais de 14 entreprises (Luso Groupe) pour les deux lots, Centre et Ouest, le groupement franco-allemand comprenant Razel comme chef de file et Belfinger et Vinci n’a soumissionné que pour un seul lot, celui du Centre, alors que le groupement japonais Kojal constitué en six entreprises avec Kajima comme chef de file, Itochu, Taisei Corporation, Maeda Corporation, Nishimapsu et Hazama, n’a soumissionné lui aussi que pour le lot Est.
Il faut rappeler que ces offres répondent à un appel d’offres international lancé par l’Algérie en octobre 2005 pour la réalisation de l’autoroute Est-Ouest en deux sens, trois voies et trois lots. Le lot Ouest long de 359 km, celui du Centre de 169 km et celui de l’Est de 399 km.
Il s’agit d’un gigantesque projet d’un montant d’investissement de 7 milliards de dollars reliant Annaba, à l’Est, à Tlemcen à l’Ouest du pays avec la desserte des principaux pôles touchant directement 24 wilayas sur les 48. A ce jour, environ 300 km ont été réalisés.
Si l’ouverture des plis pour les offres techniques s’était étalée sur trois jours, les travaux de la commission d’hier ont duré presque toute la journée avant de connaître l’ensemble des offres.
M. Lamari, à la tête de la commission des offres financières constituée de cinq membres, et directeur de la planification et de la communication au niveau de l’ANA, a procédé à l’ouverture publique des plis contenant les offres respectives des soumissionnaires en présence de ces derniers, des cadres du ministère des Travaux publics et de la presse. Plusieurs critères sont ainsi soumis à la commission et examinés sur place dont notamment l’acte et le montant de la soumission ainsi que le montant du contrat programme.
Selon, M. Omar Oukil, chargé de la communication au ministère des Travaux publics, «toutes ces offres seront soumises à la commission d’évaluation des offres qui rendra ses résultats dans quinze à vingt jours».
Aussi, ladite commission qui a déjà achevé son travail d’évaluation des offres techniques procédera ensuite à l’examen, «par pondération des deux offres technique et financière pour déclarer provisoirement les groupements qui auront décroché le marché. Si, dans dix jours, il n’y a pas de recours de la part des postulants, l’octroi du marché sera publié dans la presse nationale pour déclaration définitive et signature des contrats de marché», nous explique M. Bouchama Mohamed, secrétaire général au ministère des Travaux publics.
Une fois toutes ces étapes franchies, le lancement des travaux aura lieu vers la mi-juin pour une durée de quarante mois pour que l’ouvrage soit réceptionné en 2009.
Pourquoi l’appel d’offres n’a pas inclus des grandes entreprises nationales dont celles développant une envergure internationale tel que le groupe Cosider ? Notre interlocuteur explique que «l’appel international s’est adressé aux grandes entreprises internationales classées mondialement sur un total de près de 235 et le cahier des charges dépasse les capacités des entreprises nationales». Même pas en sous-traitance ?
M. Bouchama nous confie que certains groupements comptent faire appel à des entreprises nationales en sous-traitance, ceci relève de leur liberté d’entreprise».

Y. F.

   
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