Après le remboursement de la totalité de sa dette extérieure rééchelonnée

L’Algérie veut se transformer en pays prêteur

par Safia Berkouk, Le Jeune Indépendant, 29 novembre 2006

Avec une dette de moins de 5 milliards de dollars et des réserves de plus de 70 milliards, le pays peut prétendre à une nouvelle posture. L’Algérie a clôturé hier un nouveau cycle dans le processus de remboursement de sa dette extérieure contractée en dehors du Club de Paris et peut désormais entrevoir de bonnes perspectives pour son repositionnement sur les marchés financiers internationaux, selon le ministre des Finances, M. Mourad Medelci.

Ce dernier n’a pas caché l’ambition de l’Algérie de passer du statut «d’emprunteur à celui de prêteur qui a des ressources», a-t-il déclaré hier, en marge de la signature au niveau de son département du dernier accord de remboursement de la dette rééchelonnée auprès d’un pays non membre du Club de Paris, à savoir la Pologne.

L’accord a été signé avec le chargé d’affaires de l’ambassade de Pologne à Alger, M. Slawomir Klimkiewicz, pour un montant de 11,18 millions de dollars qui seront versés le 30 de ce mois. Avec cet accord l’Algérie aura remboursé la totalité de sa dette rééchelonnée le 31 janvier 2000 vis-à-vis de ce pays.

La Pologne est le dernier d’une liste de 6 pays non membres du Club de Paris avec lesquels l’Algérie a conclu des accords similaires. Les autres pays sont l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Inde, la Slovénie et le Portugal. La dette extérieure de l’Algérie est aujourd’hui de moins de 5 milliards de dollars, ce qui place le pays dans une position très confortable et satisfaisante, selon le ministre des Finances.

M. Medelci s’est, ainsi, félicité de tout ce qui a été accompli par l’Algérie avec le remboursement de la totalité de la dette contractée auprès des institutions financières internationales, auprès des pays membres du Club de Paris et hors de ce Club et auprès des créanciers du Club de Londres.

«Nous avons réglé l’essentiel de notre endettement et nous allons nous occuper maintenant d’un stock de la dette qui est de moins de 5 milliards de dollars», alors qu’il était de 15,5 milliards de dollars au début de l’année. Il s’agira désormais de «nous intéresser à notre dette commerciale à travers la reprise de l’endettement par les banques.» Le ministre a indiqué que «les négociations seront bientôt entamées mais dureront quelques mois».

Le ministre des Finances n’a toutefois pas souhaité anticiper sur le déroulement des opérations en affirmant qu’arriver à une dette à zéro dollar en 2007 n’était pas évident. Mais il a tenu à préciser que ce qu’a réalisé le pays était déjà exceptionnel, car l’importance de la dette doit être relativisée par rapport au PIB et aux réserves de change et il se trouve, qu’avec son niveau actuel, notre dette extérieure représente moins de 5 % du PIB, ce qui est, selon toujours M. Medelci, une performance que peu de pays peuvent se targuer de réaliser.

«Ceci nous permettra de présenter un visage différent de notre pays et de relancer la coopération avec chacun des créanciers que nous avons remboursés». D’ailleurs, avec la Pologne, un riche programme de coopération est en préparation dans les secteurs économique, culturel et sanitaire.

Les deux pays devraient parapher un accord de non double imposition et un autre accord de coopération dans le domaine des PME. Selon le chargé d’affaires polonais, un autre accord portant sur la formation de cadres de la santé et de chirurgiens algériens en Pologne sera également conclu entre les deux pays.

La Pologne souhaiterait également participer à la protection du patrimoine culturel algérien. M. Klimkiewicz a, par ailleurs, affirmé que l’accord signé hier «témoigne de la confiance qui existe entre les deux pays et démontre la maturité de l’Algérie qui a décidé de modifier ses relations financières avec le reste du monde».

Depuis la conclusion, en mai dernier, d’un accord multilatéral pour le remboursement anticipé de sa dette avec le Club de Paris, suivi d’un autre avec le Club de Londres, en septembre 2006, l’Algérie a remboursé par anticipation une dette rééchelonnée de 8,7 milliards de dollars.

Elle a ainsi remboursé 7,9 milliards de dollars au Club de Paris et 800 millions de dollars au Club de Londres. A cela s’ajoute 3,107 milliards de dollars de dettes réglés aux institutions financières internationales comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement et l’annulation de la dette algérienne auprès de la Russie, estimée à 4,737 milliards de dollars.

Privatisation du CPA : le repreneur connu à la fin du premier trimestre 2007 Enfin, interrogé sur le processus de privatisation du CPA, le ministre des Finances a indiqué qu’il y a eu jusque-là 6 à 7 soumissionnaires dont les offres sont en train d’être examinées.

«D’ici à la fin du mois de mars, nous aurons pris une décision», a-t-il précisé. S. B. .

   
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