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La décision entrera en vigueur à compter d’octobre prochain
Mittal Steel prépare son retrait d’El-Hadjar
Salim Koudil, Liberté, 30 août 2006
Selon des sources proches de la direction du complexe Ispat, le géant mondial indien se prépare en catimini à se retirer d’El-Hadjar. Un changement aura lieu prochainement au niveau de plusieurs postes de responsabilité détenus jusque-là par des Indiens, à qui on aurait déjà signifié leur fin de mission.
Mittal Steel serait sur le point de quitter El-Hadjar. C’est ce qu’affirment nos sources qui indiquent que ce sont les conséquences de la dernière fusion entre le groupe sidérurgique indien Mittal Steel et l’européen Arcelor (dont le siège se trouve au Luxembourg), signée en juillet dernier, ce qui a donné naissance à Arcelor-Mittal.
Ces conséquences devront se répercuter prochainement sur le complexe sidérurgique d’El-Hadjar (Mittal Steel détient 70% des actions, alors que l’entreprise publique algérienne Sider en possède 30%).
Selon des sources proches de la direction du complexe Ispat, le géant mondial indien se prépare en catimini à se retirer d’El-Hadjar sans faire de bruit. Nos sources indiquent qu’il y aura prochainement un changement au niveau de plusieurs postes de responsabilité détenus jusqu’à maintenant par des Indiens à qui on aurait déjà signifié leur fin de mission à l’avance. Des cadres algériens devront les remplacer au pied levé. Les postes qui devront être touchés en premier lieu (probablement dès le mois d’octobre) seront ceux relevant de la production. Ainsi, il serait prévu que sur la quinzaine d’Indiens qui sont en poste actuellement, seulement cinq devront rester. Ces derniers continueront à assumer leur charge au niveau de certains départements-clés tels ceux de l’approvisionnement, du commerce et des finances. Des postes de responsabilité d’une importance primordiale dans la gestion du complexe que Mittal Steel ne compte vraisemblablement pas abandonner pour le moment.
D’ailleurs, des changements palpables ont été enregistrés depuis deux semaines au niveau de plusieurs secteurs. Plusieurs postes de responsabilité ont été doublés et des duos indo-algériens ont été créés. Une démarche qui montre bien que les responsables indiens sont en train de préparer des cadres algériens à prendre en main les commandes le moment venu. L’exemple du département de l’approvisionnement est édifiant. Ainsi, le pouvoir de signature a été délégué à un Algérien qui travaille sous la coupe d’un Indien.
Ce dernier ne pourra lui retirer ce pouvoir qu’au cas où la commande d’achat dépasserait les 300 millions de dinars. Même au niveau supérieur de la hiérarchie, les postes ont été doublés. Alors qu’initialement il n’y avait qu’un seul adjoint au directeur général, un autre poste d’adjoint a été décidé depuis deux semaines et octroyé à un cadre algérien, en l’occurrence M. Merad. D’ailleurs, actuellement en l’absence du DG, M. Kumar, c’est son adjoint, l’Indien M. Guedha qui a pris les “commandes” et l’Algérien qui devient de facto le seul adjoint. Ainsi, même si rien d’officiel n’a été annoncé au niveau de la direction du nouveau géant mondial Arcelor-Mittal, ces faits viennent confirmer l’information donnée par Liberté le 24 juin dernier sur le probable retrait des Indiens de l’Algérie. Une concession que devaient faire les Indiens aux Européens pour que ces derniers acceptent la fusion.
Arcelor aurait exigé lors des négociations que Mittal Steel cède ses actifs “peu rentables” en Algérie. La fusion a eu lieu finalement il y a plusieurs semaines sans toutefois que l’information du désistement ne soit confirmée. Un probable retrait de Mittal Steel d’El-Hadjar devrait avoir des conséquences loin d’être négligeables sur cette importante entreprise qui renferme en son sein presque 9 000 travailleurs.
Rappelons que la fusion entre ces deux entreprises d’acier a engendré une nouvelle équipe dirigeante. L’Indien Laskshmi Mittal est le président du conseil d’administration ; le Luxembourgeois Roland Junk (ex-numéro trois d’Arcelor) a été désigné comme P-DG du nouveau groupe, alors que le fils de Mittal, Aditya (32 ans) a été placé en tant que directeur financier.
Salim Koudil
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