L’Algérie et la France règlent un contentieux vieux de 42 ans

Le marché des assurances désormais ouvert aux entreprises françaises

Par S.B., Le Jeune Indépendant, 8 mars 2008

Les compagnies françaises vont désormais pouvoir intervenir sur le marché national des assurances grâce à la convention qui a été signée hier à Paris entre les deux pays à l’occasion de la visite effectuée par le ministre des Finances, M. Karim Djoudi.

Cette convention met ainsi fin à un contentieux vieux de plus de 42 ans, né suite à la nationalisation de ce secteur en Algérie en 1966 et l’obligation faite aux assureurs français de mettre fin à leur activité dans notre pays. Cette convention «va mettre fin à une gêne et aura un impact fort sur le mouvement d’investissements dans les assurances», a déclaré le ministre qui a entamé jeudi une visite officielle dans la capitale française. Quatre ans après l’indépendance, le gouvernement algérien avait demandé aux compagnies d’assurances françaises d’arrêter leurs activités en Algérie et a confié aux assureurs algériens la prise en charge du versement des rentes liées aux accidents de travail et l’indemnisation des sinistres. Le règlement de ce dossier devrait permettre la réinstallation d’assureurs français en Algérie et notamment la compagnie Axa qui serait intéressée par le marché national. Le ministre a estimé que «l’investissement direct est à privilégier pour l’installation d’opérateurs étrangers sur un marché aussi vierge que celui de l’assurance en Algérie, sans cependant exclure les partenariats sur des produits spécifiques».
Le développement du marché des assurances devra cependant être adossé à celui du marché financier dont la situation a été abordée par le ministre au cours d’une rencontre qui avec une soixantaine de chefs d’entreprises français dont des assureurs et des banquiers, au premier jour de sa visite. A cette occasion, il a été évoqué la consolidation du processus des investissements français en Algérie et M. Djoudi en a profité pour présenter «les évolutions des réformes économiques et financières» menées dans le pays dans l’objectif «de conforter un peu plus le processus des investissements», a-t-il dit. Le ministre a noté qu’il «y a aujourd’hui un mouvement d’investissements qui est croissant que nous souhaitons voir conforter», a-t-il déclaré.
A son arrivé à Paris, M. Djoudi s’était entretenu avec le ministre français du Budget, des comptes publics et de la fonction publique M. Eric Woerth, d’un programme de renforcement du partenariat entre les deux pays. Ce partenariat prévoit notamment le jumelage entre l’école des douanes d’Oran qui sera érigée en école nationale et l’Ecole nationale française des douanes de Tourcoing, où le ministre s’est d’ailleurs rendu hier.
M. Djoudi devait s’entretenir hier en fin d’après-midi avec la ministre française de l’économie, des finances et de l’emploi, Mme Christine Lagarde.
La mise en place d’un observatoire des prix, la création d’unités de formation dans le secteur des domaines, sont entres autres axes devant permettre de «conforter le plan de coopération» existant entre les deux parties, a indiqué le ministre. S. B.

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