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Elle dénonce «la violation de la loi par la chambre d’accusation et la Cour suprême» «Khalifa a réussi à corrompre l’Etat», selon la défenseFaouzia Ababsa, La Tribune, 4 Mars 2007 Percutantes. Les plaidoiries d’hier l’ont été à plus d’un titre. A commencer par celle de Me Laceb Ouali pour le compte de l’ex-PDG de l’Enafor, accusé de corruption et de trafic d’influence et pour lequel le parquet a requis 3 ans de prison ferme. L’avocat commencera par relever les carences contenues dans l’arrêt de renvoi qui, dira-t-il, «devrait être un exemple en matière de motivation des accusations sur les bases juridiques. Nous sommes devant une ineptie juridique». Me Laceb entrera dans le vif du sujet en précisant, contrairement à ce qui a été dit aussi bien par le parquet que par le tribunal, que l’Enafor n’est pas une administration et son client n’est pas un fonctionnaire. L’entreprise est régie par la loi 88-04 relative à l’orientation des entreprises économiques. L’article 16 de la même loi, souligne l’avocat, donne des prérogatives au P-DG d’ouvrir et de faire fonctionner tout compte courant ou de dépôt. «Mon client est tenu d’informer son conseil d’administration a posteriori seulement. M. Sahbi Daoud a procédé à deux dépôts à terme d’un total de 100 milliards de centimes, non sans prendre la précaution de contracter un crédit pour son entreprise de l’ordre de 70 milliards de centimes. Mon client a été malin. Et vous-même, Mme la présidente, vous lui avez dit que c’était malicieux.» Me Laceb s’étalera sur le parcours professionnel de son client qui, soit dit en passant, est des plus brillants. Ingénieur de forage à Sonatrach, chef de département études et techniques à Altra, directeur engineering à l’ENGTP, directeur général de l’IAP (où il a fait ses études), assistant du directeur général adjoint hydrocarbures à Sonatrach, P-DG de l’Enafor, directeur administrateur à la sonatrach. M. Sahbi est également bardé de diplômes : licence en sciences physiques, diplôme d’ingénieur forage et production (IAP), DEA de mécanique des fluides, licence en sciences économiques. Me Laceb insistera sur «la définition de la corruption qui suppose un pacte antérieur entre deux personnes. Ce qui n’est pas le cas. Pour le trafic d’influence, il faut savoir que cette dernière n’existe que dans l’imaginaire en ce sens que, selon la loi, elle s’exerce sur une autorité publique. Or, Khalifa ne l’est pas». Et Me Laceb d’ajouter : «C’est plutôt mon client qui est victime d’un abus de confiance.» Le défenseur de M. Sahbi poursuivra sa plaidoirie en indiquant qu’il a eu la chance d’accompagner l’ex-PDG de l’Enafor à Tokyo en 1981, dans le cadre de la signature d’un contrat pour l’extension à Hassi R’mel. «Nous avons mis une demi-journée pour changer l’emplacement d’une virgule. Les Japonais étaient 25, nous étions seulement 4.» Pour Me Laceb, ce ne sont pas les étrangers qui ont trahi mais Rafik Moumene Khalifa. «Je suis peiné de voir des P-DG, représentant un capital important et une matière grise inégalée, qui ont sacrifié leur vie au service de leur entreprise, cités comme prévenus. Ils ont pleuré jeudi parce que foncièrement victimes d’une injustice. C’est l’intelligence et la compétence qu’on est en train d’assassiner», dira l’avocat en conclusion non sans demander l’acquittement de son client. Me Fata Sadat introduira sa plaidoirie par un véritable réquisitoire contre la chambre d’accusation et l’arrêt de la chambre criminelle de la Cour suprême. A la plus haute instance judiciaire, elle reproche le non-respect de la procédure, à savoir qu’elle a tranché avant même l’expiration du délai imparti par la loi. «C’est anticonstitutionnel.» A la deuxième, elle impute la responsabilité du non-respect de la loi. Elle en veut pour preuve que l’accusation portée contre son client ne figure même pas dans l’arrêt de renvoi. Son client est l’ex-chargé des affaires juridiques d’El Khalifa Bank. C’est celui par qui le scandale de la banque privée a éclaté. Laouche Boualem était en effet chargé, sur procuration, par l’administrateur provisoire de déposer une plainte auprès de la brigade économique de la Sûreté de wilaya d’Alger. Félicité par le procureur qui a requis 3 ans de prison contre lui |
Le procès Khalifa | ||||
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