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SOLTANI, OULD ABBES, MEDELCI, TOUMI, TEBBOUNE, HAMIMID, BELAIZ... Les têtes d'affiche du procès KhalifaLe Soir d'Algérie, 19 février 2007 Malgré le tri opéré lors de l’instruction menée en 2004 auprès du tribunal de Chéraga pour protéger certains responsables de l’Etat et proches du président, plusieurs noms de ministres et de commis ont retenti durant le déroulement du procès Khalifa ouvert au tribunal de Blida depuis le 8 janvier dernier. Djamel Ould Abbas, Mourad Medelci, Aboudjerra Soltani, Abdelmadjid Sidi Saïd, Mohamed Nadir Hamimid, Tayeb Belaïz et Khalida Toumi pour ne citer que ceux qui font toujours partie du système ou du gouvernement mis en place par le président. La fille de Temmar recrutée à Khalifa AirwaysEu égard à la non-comparution de certains témoins devant le tribunal criminel de Blida, la juge, Mme Brahimi, s’est vu contrainte de lire les déclarations contenues dans le P-V des absents dont Kebache Nadjia, directrice de Khalifa Airways et non moins tante de Rafik Moumen Khalifa. Et là, l’on apprend que Feriel Temmar, fille de Hamid Temmar, actuel ministre de la Participation et de l’Investissement, a été recrutée à Khalifa Airways à Paris. La présidente du tribunal, en parcourant le P-V, fera savoir que Kebache Nadjia n’a pas soufflé mot sur le salaire de la fille du ministre mais précisera que son recrutement s’est effectué sur recommandation de Rafik Moumen Khalifa. M. B. ILS DEVAIENT SERVIR A ENTAMER DES POURSUITES A L'ENCONTRE DE DEUX DIRECTEURS D'AGENCE Badsi était en possession des dossiersEncore une fois, Badsi fait parler de lui. En 2003, il était en possession d’un dossier permettant d’entamer des actions contre deux directeurs d’agence, chose qui n’avait pas été faite au moment voulu. C’est l’ancien directeur juridique d’El- Khalifa Bank, accusé de dissimulation d’informations, qui a asséné hier ses vérités. Il lui est reproché de n’avoir pas engagé en 2003 de poursuites à l’encontre de deux directeurs d’agence, en l’occurrence Aziz et Selimi. Devant le tribunal de Blida, il est revenu sur les circonstances de cette affaire, affirmant que cette plainte aurait dû être déposée par le liquidateur à qui il atteste avoir remis le dossier. Ayant travaillé sous la coupe de l’administrateur, c’est lui qui a été à l’origine de la plainte déposée contre le caissier principal. Pourquoi la seconde plainte n’at- elle pas abouti ? «Le dossier permettant d’enclencher une procédure m’a été transmis le 28 mai au soir, c’était un mercredi et le lendemain l’agrément avait été retiré à la banque, il m’était donc impossible de déposer la plainte. Il appartenait à la liquidation de le faire», explique Larouche Boualem qui ajoute : «Lorsque en 2004, j’ai appris qu’aucune plainte n’avait été déposée, je me suis déplacé vers le juge de Chéraga à qui j’ai relaté toute l’histoire, il a eu à vérifier que le dossier en question était vraiment au niveau de la liquidation. Il m’avait à l’époque remercié pour mon comportement.» C’est pour cette raison que l’accusé ne comprend pas pourquoi il est aujourd’hui poursuivi alors qu’il avait été à l’origine de la tenue de l’assemblée générale d’El- Khalifa Bank après l’arrivée de l’administrateur, et qu’il avait réussi à récupérer les 3 avions de Khalifa Airways. Des appareils que Badsi a vendus à Air Algérie avec un crédit allant sur 20 ans. N. I. LA PERSONNE CHARGEE DE LE FAIRE A PERÇU 5 MILLIONS DE DINARS Khalifa sélectionnait les artistes pour le compte de l'année de l'Algérie en FranceEtonnante révélation de Mme Hamiani Wahiba qui dit avoir été chargée par Moumen Khalifa de travailler pour le compte de l’année de l’Algérie en France, manifestation qui avait eu lieu en 2003 et qui devait servir à améliorer l’image de l’Algérie à l’extérieur. La sœur de l’ancien ministre avait été «débauchée» du secteur des assurances pour «étudier des milliers de dossiers» présentés par les artistes désirant prendre part à la manifestation. Entendue en tant que témoin, Mme Hamiani n’a à aucun moment été interrogée sur le rôle exact qu’elle a eu effectivement à jouer puisque, officiellement, il existait un commissariat présidé par Raouraoua et qui avait pour mission de sélectionner les artistes et œuvres pouvant être présentées en France. Sur les circonstances l’ayant amenée à travailler pour Khalifa, Mme Hamiani a raconté comment elle avait été contactée par ce dernier qui n’est autre que l’ami de son mari. «Je travaillais dans le secteur des assurances lorsque j’ai reçu cette proposition. Je suis spécialiste dans le domaine des assurances mais je trouvais que c’était plus intéressant de travailler dans le domaine de la culture. J’ai été chargée par Moumen d’étudier des milliers de dossiers d’artistes et de peintres. Je travaillais dans une villa à El-Biar pour un salaire de 5 millions de dinars. Lorsque j’ai achevé ma mission, Moumen m’a donné un bout de papier avec lequel je me suis dirigée vers l’agence de Chéraga pour toucher mes honoraires.» L’argent, elle l’a reçu en espèces pour le transférer vers son compte personnel. Plus tard, elle a été obligée de rembourser la totalité de la somme puisqu’au niveau de la liquidation, elle a eu la désagréable surprise de constater que ses honoraires avaient été considérés comme un crédit qu’elle aurait contracté. «J’ai dû rembourser mais à aucun moment je n’ai contracté de crédit. Je n’avais pas de choix puisque Moumen était devenu injoignable.» N. I.
LES COMMISSAIRES AUX COMPTES D'EL-KHALIFA BANK S'EXPLIQUENT "Nous avons envoyé un signal aux pouvoirs publics"Encore une fois, le fonctionnement d’El-Khalifa Bank a été au centre des débats au tribunal de Blida. Hier, c’était au tour des deux commissaires aux comptes ayant exercé au niveau de la banque de s’expliquer. D’emblée, ils ont estimé que les rapports qu’ils avaient envoyés à la Banque d’Algérie étaient un signal annonciateur de la faillite de la banque et que c’était aux pouvoirs publics de prendre à temps les mesures qui s’imposaient. En 2000 déjà, ils avaient fait état de dépassements des ratios prudentiels, d’écritures en suspens et d’anomalies au niveau des comptes d’ordre. Nawal Imès - Alger (Le Soir) - A ces affirmations, la présidente du tribunal a répondu qu’à la base, leur désignation était une infraction à la loi puisqu’elle s’était faite en dehors de l’assemblée générale des associés. Une situation qui ne les a pas empêchés d’exercer leurs fonctions. Accusé de dissimulation d’informations et de non-dénonciation, l’expert-comptable répondant au nom de Mimi a commencé par dire qu’en 1998, la banque «encore jeune» n’avait pas réussi à boucler ses comptes à temps, comme le prévoit la loi. «Qu’avez-vous fait alors ? » demande la présidente. «Rien, j’ai attendu», répond l’accusé. Ce n’est qu’en 1999 qu’il rédige un rapport dans lequel il émet des réserves sur le bilan de la banque. «J’ai relevé plusieurs anomalies. En plus d’une insuffisance sur le plan organisationnel, il existait des erreurs comptables et des suspens. Nous avons demandé des éclaircissements aux dirigeants de la banque qui ont par la suite procédé à la régularisation de certaines écritures comptables mais la banque était toujours dans l’incapacité de justifier les comptes d’ordre», raconte l’accusé qui ajoute que le 5 juin 2000, un rapport similaire avait été envoyé aussi bien à la DG de la banque qu’à la Banque d’Algérie. «Ce rapport est resté lettre morte». Une réponse qui fera dire à la présidente : «Et le rapport périodique ? » Réponse de Mimi : «Il est facultatif.» Une réplique qui n’a pas été du goût de Mme Brahimi qui a martelé : «Non ! Lorsqu’il y a autant de violations, il devient indispensable. » Intimidé, l’accusé rétorque : «Nous avons fait notre travail. Nous avons attiré l’attention de la Banque d’Algérie.» 160 milliards de crédits injustifiés Visiblement non convaincue, la présidente attaque sur un autre front, celui des crédits accordés par la banque. «Il existait un comité de crédit qui a peu fonctionné. On a découvert que pas moins de 160 milliards de centimes de crédits étaient injustifiés puisque c’est le P-dg qui donnait des ordres pour les octroyer.» La présidente demande alors quelle avait été sa réaction. «Le 28 juin 2000, nous avons envoyé un rapport au gouverneur de la Banque d’Algérie signalant que des crédits étaient accordés à des entreprises apparentées, c'est-à-dire celles où Moumen Khalifa était actionnaire.» La présidente, se basant sur le code du commerce et la loi sur le crédit et la monnaie, rappelle à l’accusé ses attributions qui lui confèrent le droit de saisir le procureur de la République dès qu’une infraction est constatée. «J’avais pas pensé à le faire, j’avais mis ça sur le compte du non-respect des risques prudentiels et en plus on n’avait pas certifié les comptes, on avait émis des réserves.» A son tour, le PG insiste sur le fait que les commissaires aux comptes ont toute la latitude d’actionner la justice d’autant que les violations étaient nombreuses. Ces derniers n’étaient même pas convoqués aux assemblées des actionnaires, lesquelles assemblées ne se tenaient ni dans les délais ni en présence de l’ensemble des actionnaires. «C’est Moumen qui concentrait tous les pouvoirs à son niveau», explique le commissaire aux comptes qui ajoute qu’à l’époque, il avait fait état du dépassement du ratio prudentiel de 300% et que 500 millions de dinars avaient été utilisés pour la constitution du capital de Khalifa Airways. Lui succédant à la barre, l’autre expert, Sekhara Nourredine, a conforté les propos de son ancien collègue affirmant qu’ils avaient envoyé un signal aux pouvoirs publics. N. I. Le réquisitoire attendu pour aujourd'hui |
Le procès Khalifa | ||||
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