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Interpol
Londres
refuse l'extradition de Abdelmoumène Khalifa
Par
Samia Lokmane, Liberté, 27 novembre 2004
Selon
le président de cette organisation, les
réticences des autorités britanniques empêchent, jusqu'à maintenant,
l'extradition de l'ancien golden boy.
Parmi
les 140 individus de nationalité algérienne
recherchés par l'Organisation internationale de la police criminelle
(Interpol), figure l'ancien golden boy, Abdelmoumène Khalifa,
détenteur de l'empire commercial du même nom. Il y a à peu
près deux ans, les services de l'organisation sise à Lyon
en France, lançaient un mandat d'arrêt international contre
lui, conformément aux voux de la justice algérienne.
Localisé quelque part au Royaume-Uni, l'ex-homme d'affaires pouvait
aisément être arrêté et extradé vers son pays
d'origine. Or, en dépit de cette facilité d'action, les agents
d'Interpol ont failli à leur mission. La cause principale réside
dans le blocage de la procédure de livraison par les autorités
judiciaires de sa Majesté.
Au cours d'une récente conférence de presse, Ali Tounsi, directeur
général de la sûreté nationale (Dgsn) a dénoncé le
manque de coopération de ses homologues britanniques, surtout en raison
de l'absence d'accords d'extradition entre les deux pays.
Le nouveau président d'Interpol, en visite ces derniers jours en Algérie - où il
a assisté à la destruction d'un lot important de mines anti-personnel à Hassi
Bahbah -, a confirmé cet état de fait. Bien que moins explicite,
le sud-africain, Jackie Selebi, a déploré les contingences des
politiques qui, souvent, empêchent l'aboutissement de certaines affaires
dont celle de Khalifa.
Pour autant, le patron de la transnationale policière ne désespère
pas d'infléchir la position des hôtes de Abdelmoumène. "Nous
avons engagé des discussions avec les Britanniques et nous allons travaillé avec
eux pour assurer que ceux qui sont au-delà des lois répondent
de leurs actes", a promis M. Jackie Selebi durant sa rencontre, jeudi, avec
les journalistes au siège de l'école supérieure de la
police à Châteauneuf. Visiblement, il vient juste d'être
mis au courant du dossier Khalifa, sans doute en partie par le gouvernement
algérien. "Je n'ai pas connaissance de ce problème", a révélé le
patron d'Interpol aux représentants des médias avant d'assurer
qu'il "va le résoudre".
L'orateur s'est fixé mars 2005 (?!) comme échéance pour
répondre à la demande de l'Algérie.
Les exigences intra-muros concernent d'autres cas d'extradition, liés
directement au terrorisme. Des personnes impliquées dans des affaires
de subversion et ayant trouvé, à Londres, une tribune de choix
pour lancer des appels au djihad en Algérie, figurent dans la liste
d'Interpol. Selon M. Selebi, ceux-ci ont prétexté la persécution
pour bénéficier du statut de réfugiés politiques. "On
a eu à traiter cette question dans le passé. Auparavant, il était
difficile de convaincre les pays d'asile de coopérer parce que beaucoup
ne connaissaient pas le terrorisme".
Mais depuis les attentats du 11 septembre, tout le monde est prêt à apporter
son aide. "Si tel ou tel État introduit une demande d'arrestation et
d'extradition, celle-ci doit être exécutée", soutient l'hôte
de la police algérienne. Élu à la tête de l'organisation
criminelle, il y a trois mois, le représentant de l'Afrique du Sud - où il était
commissaire national -, promet de mettre Interpol au service de toute
la communauté internationale, et non plus au service "des grandes puissances
préoccupées seulement par la promotion de leurs intérêts".
Ancien compagnon de lutte du chef de l'ANC, Nelson Mandela, M. Selebi est profondément
imprégné de l'idéal révolutionnaire qu'il compte
appliquer à Interpol, cette organisation forte de 182 membres. Son souci
primordial est de la restituer aux africains grâce à l'aide du
nouveau centre continental de prévention du terrorisme.
À cet égard, le plus grand soutien, selon lui, doit être
apporté à l'Algérie - qui a appuyé sa candidature à la
tête d'Interpol -. Notre pays - le premier visité depuis son élection -,
constitue à son avis "un modèle" dont "l'expérience dans
le domaine de la lutte contre le terrorisme est riche en enseignements".
Pour sa part, l'État algérien semble largement inspiré par
la politique de réconciliation nationale sud-africaine.
À la question de savoir ce qu'il pense du projet d'amnistie générale
proposé par le président de la république, M. Selebi considère
que M. Bouteflika "est un homme sage qui connaît ce qu'il y a de meilleur
pour son peuple".
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