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COUP DE THÉÂTRE DE LA JUSTICE BRITANNIQUE
Khalifa en liberté provisoire
L'Expression, 18 Octobre 2007
Nommément visé par une information judiciaire ouverte fin 2003 par le
tribunal de grande instance de Nanterre, va-t-il être extradé vers la
France?
Nouveau rebondissement dans le «feuilleton» Khalifa. Objet d’un mandat
d’arrêt européen délivré le 5 mars 2007 à la demande de la juge de
Nanterre, Régine Capra, l’ancien patron du groupe Khalifa a été remis en
liberté provisoire vendredi dernier, sur décision d’un juge londonien
apprend-on de source sûre. Abdelmoumen Khalifa, qui avait été condamné à
perpétuité par contumace le 22 mars dernier par le tribunal criminel de
Blida, ne sera donc pas extradé, du moins pour le moment, vers la
France. Plusieurs étapes ont marqué le séjour forcé du golden boy dans
la capitale du Royaume-Uni.
Il a d’abord été arrêté le 27 février 2007 par Scotland Yard pour
«blanchiment d’argent et séjour irrégulier», avant d’être libéré sous
caution début mars. Il avait été interrogé deux fois par la police
britannique, le 27 février et le 20 mars, sur des soupçons de
blanchiment d’argent, mais il a été laissé en liberté provisoire sous
caution jusqu’au 22 mai, date à laquelle il sera de nouveau interrogé
par l’unité économique de Scotand Yard.
Au moment où à Paris, le tribunal qui devait statuer sur la recevabilité
de la demande d’extradition de Mohamed Nanouche a reporté sa décision à
une date ultérieure. La chambre d’instruction du tribunal a déjà examiné
la demande de remise en liberté de Ghazi Kebache, oncle de Moumen
Khalifa et ancien directeur général de Khalifa Bank et de Khalifa
Construction. M.Kebache avait comparu le 12 septembre dernier en
compagnie de Mohamed Nanouche, ancien directeur général adjoint de
Khalifa Bank, dans le cadre de l’examen d’une demande d’extraditionémanant du gouvernement algérien.
Les deux hommes, arrêtés le 29 mai à Paris, avaient été condamnés par
contumace le 22 mars dernier par le tribunal de Blida à 20 ans de
réclusion dans le cadre du procès Khalifa. Cependant, pour le cas Moumen
Khalifa, les instances judiciaires britanniques n’ont jamais reçu une
quelconque demande d’extradition de la part des autorités algériennes,
croit-on savoir.
D’ailleurs, la célérité avec laquelle la demande d’extradition de
Khalifa vers la France a été traitée est justifiée par la défense de
l’ex-patron de Khalifa par le fait que l’Algérie n’a jamais introduit
une demande d’extradition. Ce qui n’est pas le cas pour Mohamed Nanouche
et Ghazi Kebache. Ce dernier a été arrêté par la police française et
placé sous écrou traditionnel, sur la base d’un mandat d’arrêt
international délivré le 15 mars 2005 par le juge d’instruction du
tribunal de Chéraga. Kebache a néanmoins été remis en liberté par la
juge de la chambre d’instruction du tribunal de Paris mercredi 19 septembre.
Placé sous contrôle judiciaire, il doit pointer au commissariat chaque
fin de mois et a pour obligation de ne pas quitter le territoire
français. C’est en principe, hier qu’il devait se fixer si la justice
française accepte son extradition vers l’Algérie pour y purger sa peine.
Le même «régime» est réservé pour Mohamed Nanouche. Arrêté le 29 Août,
il sera incarcéré à la prison de la Santé, avant d’être mis en liberté
le 12 septembre dernier. Il sera lui aussi contraint de pointer au
commissariat tous les quinze jours. La demande d’extradition des deux
prévenus, introduite par l’Algérie n’a pas abouti. Pour cause: la
chambre d’instruction du tribunal de Paris considère que la demande
d’extradition de Kebache et Nanouche, «ne requiert pas les conditions
minima pour qu’elle soit satisfaite». Sur un autre chapitre, Abdelmoumen
Khalifa qui est nommément visé par une information judiciaire ouverte
fin 2003 par le tribunal de grande instance de Nanterre pour «abus de
confiance, banqueroute par détournements d’actifs, banqueroute par
dissimulation et blanchiment d’argent en bande organisée», va-t-il être
extradé vers la France?
Une chose est sûre, du moins ce sera pour la seconde éventualité.
D’abord, pour le fait que le gouvernement algérien n’ait pas demandé son
extradition. Lors d’un point de presse tenu en marge de la réouverture
du British Council d’Alger, l’ambassadeur de Grande-Bretagne, M.Andrew
Henderson, s’est gardé de répondre en se contentant de répéter: «No
comment». Ce qui dénote la complexité d’un dossier qui a tenu en haleine
l’opinion publique algérienne.
Arezki LOUNI
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