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LES
INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS EN ALGÉRIE
Un
climat à assainir
d'abord
L'Expression,
01 décembre 2004
4 milliards de dollars d'intentions d'investissements, contre 1,2 milliard
en 2003.
A en croire le ministre
algérien de l'Industrie, M.El-Hachemi
Djaâboub, l'Algérie pourrait accueillir dans les cinq prochaines
années (Ndlr : le deuxième quinquennat de Bouteflika) 6 à 7
milliards de dollars d'investissements directs étrangers (IDE)
avec en aval la création de 190.000 emplois. Le ministère
délégué chargé de la Participation et de
la Promotion de l'investissement fait part, de son côté,
de 4 milliards de dollars d'intentions d'investissements, contre 1,2
milliard en 2003. En effet, les quelque 1200 entreprises publiques qui
sont actuellement prêtes à effectuer des opérations
d'ouverture de capital, si toutefois celles-ci peuvent susciter l'intérêt
des opérateurs étrangers (ce qui reste loin d'être évident)
pourraient, par le biais des opérations de partenariat ou cession,
booster ce chiffre pour les années à venir.
Un chiffre (IDE) qui a stagné autour d'un milliard de dollars durant
trois ans (2001 et 2003). Côté Agence nationale de développement
des investissements (Andi), on fait état de la déclaration, durant
le 1er semestre 2004, de « 54 investissements étrangers pour
un montant de 112,2 milliards de dinars dont 31 projets d'investissement direct étranger
(IDE) pour 107,68 milliards DA (1,4 milliard de dollars) et 23 projets de partenariat
avec des entreprises locales pour un montant de 4,51 milliards DA (60 millions
de dollars) ». Ces investissements, précise-t-on, proviendraient
essentiellement du troisième opérateur téléphonique,
El Watania, pour plus de 82% du montant, suivi par les Egyptiens (15,70 milliards
DA), les Français (1,77 milliard DA) et enfin les Libyens (1 milliard).
Mais quelle que soit la lecture qu'on puisse faire de ces chiffres (même
prévisionnels), il reste acquis que l'Algérie intéresse
surtout par ces richesses naturelles (énergie). La téléphonie
a capté, certes, des IDE appréciables ces dernières années.
Néanmoins, ces chiffres vont très probablement connaître
un fléchissement graduel au rythme d'une saturation sectorielle. Les
besoins de l'Algérie en matière d'équipements (infrastructures
de base, logements) et « d'organisation » (réforme économique,
modernisation des finances...) sont immenses, mais ne sont pas, paradoxalement,
synonymes d'attrait d'IDE ni de croissance tel qu'il est souvent le cas pour
les économies structurées. Pour les IDE, l'Algérie reste
toujours au yeux des opérateurs étrangers, un pays à potentiel énergétique,
notamment gazier avec des atouts touristiques. Si le premier secteur attire
un certain engouement, le second demeure léthargique et là tout
est à faire pour attirer quelques IDE. Quant à la croissance,
un programme quinquennal de consolidation de 50 milliards de dollars sur les
cinq années à venir, peut n'être profitable que d'une manière
conjoncturelle (création d'emplois, amélioration du niveau de
vie...) dès lors que les entités économiques algériennes
restent globalement peu aptes à la réalisation des grands projets
d'équipements prévus. Autrement, une manne qui peut, en aval,
n'être profitable que pour les entreprises étrangères qui
ne sont pas tenues, dans pareil cas, à un quelconque investissement
direct. Ceci nous amène à dire que l'Algérie demeure confrontée à une
problématique simple (comment utiliser au mieux sa manne pétrolière
?) aux solutions complexes.
Assainir les règles du jeu dans un pays où 75% des entreprises
indiquent payer des pots-de-vin, selon le rapport sur le développement
dans le monde 2005 de la Banque mondiale. Se doter de systèmes d'informations
fiables, exhaustifs et instantanés pour ne plus être dans le flou
et l'approximation. Avoir un projet clair qui se tient pour l'avenir du pays,
voilà les préalables d'un hypothétique décollage économique
qui restent à notre portée.
F. TARIK |
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