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L’expert financier Mohamed Ghernaout au sujet de la liquidation des banques privées algériennes : Je soupçonne une intelligence françaisepar H.M., Le Jeune Indépendant, 27 février 2007 Invité hier au forum d’El Moudjahid aux côtés d’autres spécialistes pour parler de la meilleure façon de faire face à la criminalisation qui colle inévitablement à la mondialisation, M. Mohamed Ghernaout, expert financier, s’est demandé le pourquoi de la liquidation des banques privées algériennes et surtout à qui profitent celle-ci. Il n’a pas hésité à cette occasion de soupçonner les Français d’intelligence. Pour lui, «la perte de l’argent de Khalifa Bank est de la faute de ceux qui ont décidé de sa liquidation». Estimant qu’une telle décision ne pouvait émaner que de la commission bancaire, celui-ci a accusé le président de la République, auquel l’ex-ministre des Finances, M. Abdellatif Benachenhou, a imputé la décision de la liquidation de la banque d’Abdelmoumène Khelifa, de «s’immiscer dans des affaires de la Banque centrale alors que même la Constitution ne le lui permet pas». Il reproche également au chef de l’Etat d’avoir décidé la liquidation de Khalifa Bank en se basant sur un rapport des services secrets français et sans l’avis des experts de la BA. Pour l’expert, «il fallait juger Khelifa et ses complices et laisser la personne morale vivre». A qui profite la liquidation des banques privées Khalifa et BCIA ? «Aux entreprises financières françaises», répond l’auteur du livre paru en 2004 sous le titre Crise financière et faillite des banques algériennes : de 1986 à la liquidation de Khalifa Bank et BCIA. «Les statistiques du FMI et d’autres organismes internationaux concernant le développement du secteur bancaire en Algérie et les chiffres des banques françaises elles-mêmes montrent que ce sont les banques et les assurances françaises qui se sont le plus développées dans notre pays», a-t-il argué en ajoutant qu’il «soupçonne une intelligence française dans la liquidation des banques privées algériennes». D’autre part, M. Ghernaout a mis en avant le rôle des banques françaises dans les transferts de devises vers l’étranger, notamment vers la France. «En hauts lieux on accuse les banquiers algériens d’avoir transféré des devises vers l’étranger, il se peut que ce soit vrai», a-t-il dit. Mais on oublie, a-t-il ajouté, que «ces transferts, ou du moins ceux destinés vers la France, ne pouvaient se faire qu’à travers des banques françaises». «C’est une recolonisation qui ne dit pas son nom», a encore martelé M. Ghernaout qui met en évidence la volonté du groupe Caylon, issu de la fusion des crédits lyonnais et agricole français, d’acheter «le CPA qui était propriété du Crédit lyonnais avant sa nationalisation en 1968», a-t-il rappelé. Il est à noter également que M. Malek Serrai a «chargé» les Français lors de son intervention dans ces débats concernant une autre affaire. Du temps de Hamrouche et de Chadli, a-t-il dit, «j’ai été expert conseiller auprès d’investisseurs saoudiens pour l’installation d’une usine de montage de voiture Toyota à Sétif, dont le lancement avait été d’ailleurs annoncé y compris par le journal télévisé de 20h00». «Le soir même, a-t-il poursuivi, le président Mitterrand avait téléphoné à son homologue Chadli pour en savoir plus sur moi et sur cette histoire d’usine de montage de voitures qui risque de détruire les constructeurs automobiles français». «Le ministre de l’économie de l’époque, Ghazi Hidoussi, a été obligé d’intervenir le lendemain dans la presse pour éclaircir la situation et ledit projet n’a pas vu le jour», a regretté M. Serrai qui reconnaît que des pressions politiques avaient été exercées sur l’Algérie par les autorités françaises. H. M. |
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www.algeria-watch.org
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