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2004: Des importations pour plus de 18 milliards de dollars !Par Abdelmadjid Bouzidi, Le Quotidien d'Oran, 30 juin 2005 L’observatoire du forum des chefs d’entreprises vient de produire une consolidation des statistiques de notre commerce extérieur, sur la base des données fournies par le CNIS (Centre informatique et des statistiques douanières de la douane algérienne). En 2004, le pays a importé pour une valeur de 18,387 milliards de dollars: un record! Mieux encore, par rapport à l’année 2001, la valeur de nos importations a doublé. 9,940 milliards de dollars, en 2001, contre 18,387, en 2004! Jamais notre économie n’a connu une évolution aussi importante et aussi rapide de nos importations. L’inflation mondiale n’est pourtant pas élevée et l’effet prix a peut-être joué par l’intermédiaire du taux de change. Encore que le dinar est relativement stable depuis ces trois dernières années par rapport aux deux principales devises: dollar américain et euro. Comment expliquer alors cette augmentation fulgurante de la valeur de nos importations? Il faut, en tout premier lieu, noter que les importations de biens alimentaires sont passées d’une valeur de 2,395 milliards de dollars, en 2001, à 3,605 milliards de dollars, en 2004: soit une augmentation de près de 1,3 milliard de dollars, en l’espace de trois ans. Cette augmentation est considérable! (le poste analysé ici est celui de «Alimentation, boissons, tabacs». Mais ce qui est encore plus remarquable, c’est l’évolution du poste «Biens de consommation non alimentaire». Ce poste est passé d’une valeur de 1,466 milliard de dollars, en 2001, à 2,788 milliards de dollars, en 2004. Là aussi l’évolution est remarquable, du simple au double. Si en 2001, le pays a importé sur le poste «consommation», pour une valeur de 3,861 milliards de dollars, en 2004, ces importations sont passées à une valeur de 6,393 milliards de dollars. C’est comme si on avait réalisé un second P.A.P (rappelez-vous ce fameux programme anti-pénurie, sous le règne de Chadli). Lorsqu’on examine le poste «Biens d’équipements industriels», on constate qu’on est passé d’une valeur de 3,435 milliards de dollars en 2001, à 7,125 milliards de dollars en 2004: soit plus que le double. On pourrait afficher ici une satisfaction puisque les biens industriels font passer à l’investissement, à l’accumulation de capital. Mais sont recensés ici, les importations de véhicules de tourisme, marchandises et cars et bus qui ont représenté, en 2004, une valeur de 750 millions de dollars et surtout les demi-produits (input) nécessaires au fonctionnement de notre appareil industriel (plus de 3,6 milliards de dollars). Ce qui rappelle bien que notre outil industriel est un outil contraint, c’est-à-dire dont le fonctionnement et la progression dépendent des importations et qui, hélas, pour l’instant n’exporte rien ou presque. Le poste «machines industrielles, outillage et appareillage», quant à lui, n’a pas beaucoup progressé. Nous aurions donc doublé nos importations pour consommer plus et non pas pour augmenter la formation brute du capital fixe (f.b.c.f), c’est-à-dire, plus simplement, pour produire plus et mieux. Cette nouvelle orientation de nos importations fait craindre le pire lorsque notre économie sera déprotégée en application de l’accord d’association, signé avec l’Union européenne et notre accession à l’OMC. Nous avons souvent écrit que «la maximisation de nos recettes d’exportations (en fait de nos ventes d’hydrocarbures), recherchée par notre ministre de l’Energie, ne revêt de sens que si elle est adossée à une stratégie efficace d’allocation productive des ressources engrangées. Or cette stratégie n’existe pas et en contexte d’ouverture commerciale, le risque de gabegie est énorme. Tout cela laisse une impression d’économie de bazar, même si la décision de rééquipement du pays, dans le cadre du plan de consolidation de la croissance économique reste une bonne décision. |
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www.algeria-watch.org
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