Refus du rachat de 30% de CEPSA

Sonatrach indésirable en Espagne

Le Jour d'Algérie, 29 septembre 2007

Sonatrach, la compagnie algérienne des hydrocarbures, continue de faire l’actualité en … Espagne.

Au moment où ce n’est qu’un secret de Polichinelle que d’affirmer que la lune de miel est bel et bien consommée entre Sonatrach et ses partenaires ibériques, voilà que le gouvernement espagnol tend à s’immiscer dans cette relation au risque de lui offrir un cachet purement politique. En effet, selon des informations publiées hier dans les colonnes du quotidien économique Cinco Dias, le gouvernement espagnol s’oppose à l’offre de 5,5 milliards d’euros proposée par Sonatrach pour acquérir 30% du capital du pétrolier Cespa. Le capital de cet opérateur dans le domaine des hydrocarbures est détenu, faut-il le souligner, par la banque espagnole Santander. Et selon la même source, c’est cet organisme financier que le gouvernement d’Espagne a saisi pour lui notifier le mesure de réserver un niet catégorique à la proposition faite par Sonatrach par rapport au pétrolier Cespa. Assurément, une telle mesure entérinée par le gouvernement espagnol n’est pas du tout de nature à encourager les relations de coopération tissées entre Alger et Madrid. Bien au contraire, les autorités algériennes ne seront que trop déçues de cette attitude adoptée par le gouvernement d’Espagne, de tendance à stopper net l’expansion de Sonatrach sur son sol, et partant, sur tout le continent européen. Et dire que l’Algérie et l’Espagne sont liées depuis 2002 par un traité d’amitié et de bon voisinage en vertu duquel la coopération entre les deux pays, notamment dans le domaine économique, devait atteindre un stade très avancé. D’autre part, il y a lieu de dire qu’en voulant acquérir les 30% du capital de Cespa, la compagnie Sonatrach a agi dans les règles de l’art. En effet, cela fait quatre années que la société Sonatrach a sollicité le quitus de la Commission européenne en vue d’un développement des activités de commercialisation sur le sol espagnol. De plus, dans cette même procédure d’acquisition d’une part de capital de Cespa, Sonatrach jouissait du soutien affiché publiquement par le français Total, un des principaux actionnaires du pétrolier espagnol. Soulignons en outre que l’achat d’une part de capital de Cepsa permettrait à Sonatrach un accès direct au marché espagnol de la distribution du gaz et des carburants. Autrement dit, c’est là l’une des ambitions de Sonatrach s’inscrivant dans le sillage de sa stratégie d’expansion à l’internationale. Stratégie qui se heurte non seulement au refus du gouvernement espagnol mais à ceux du plus vieux continent dans son ensemble. En effet, la Commission européenne vient tout juste de donner corps à une série de propositions allant dans le sens de l’adoption d’une législation restrictives interdisant aux compagnies pétrolières étrangères d’avoir des réseaux de gaz et d’électricité dans le marchés européens.

Il faut relever que malgré cette tension, Alger conserve une attitude de sang-froid remarquable non seulement vis-à-vis de l’Espagne, mais de l’Union européenne dans son ensemble. Récemment, le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a estimé que le projet européen de séparation de propriété entre la production et les réseaux de distribution de gaz et d’électricité en Europe n’étant pas encore définitif, pourrait ne pas concerner l’Algérie et sa compagnie publique des hydrocarbures Sonatrach. Le ministre qui s’exprimait sur les ondes de la radio nationale Chaîne III a notamment indiqué que «nous ne sommes pas inquiets car, d’une part, la décision n’est pas finale, et d’autre part, je ne pense pas qu’elle concerne Sonatrach ou l’Algérie». Le ministre explique son relatif optimisme par le fait que la proposition de la commission européenne, adoptée mercredi dernier à Bruxelles, vise à introduire, selon lui, le principe de la réciprocité des investissements entre les pays producteurs et les pays consommateurs d’énergie, au moment où un pays comme l’Algérie l’applique déjà dans ses relations avec ses principaux partenaires. Cela «ne gênera pas du tout les activités de Sonatrach qui continuera à vendre son gaz et à activer dans la distribution là où elle est présente, en Espagne et au Portugal», a insisté le ministre

Par Karim Aoudia

   
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