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ALORS QUE LE LOBBYING PÉTROLIER AMÉRICAIN S'ACTIVE POUR LA FRAGILISER Sonatrach accuse les contrecoupsLe Soir d'Algérie 27 septembre 2007 Secouée par l’affaire BRC et le scandale qui en a découlé, malmenée par quelques médias occidentaux suite à l’annulation du contrat signé en 2004 avec les espagnols Repsol et Gas Natural, sur le qui-vive depuis que les groupes pétroliers américains présents en Algérie, aidés par Washington, agissent en lobby pour réactiver le projet de privatisation cher à Chakib Khelil, Sonatrach comme revigorée par le retrait de la loi sur les hydrocarbures avance en accusant les contrecoups. Saïda Azzouz - Alger (Le Soir) - L’entreprise nationale que le projet de loi sur les hydrocarbures, adopté par l’APN en 2005, voulait «brader», semble vouloir profiter et pleinement des amendements apportés à ladite loi en octobre 2006. Un texte, pour rappel, voté à l’unanimité par une Assemblé populaire nationale à majorité FLN qui, une année auparavant, cautionnait la loi sur la privatisation des hydrocarbures introduite par Chakib Khelil. Un texte législatif qui permettait aux compagnies pétrolières étrangères de détenir à la majorité, voire complètement les parts dans les nouveaux gisements. Ce qui n’est plus le cas depuis le gel de ladite loi. Sonatrach qui recouvre sa souveraineté sur le gaz et le pétrole et que l’on veut fragiliser par tous les moyens «se décomplexe». D’abord, en recentrant ses intérêts dans le projet Medgaz, advienne que pourra, puis en résiliant son contrat avec les espagnols Repsol et Gas Natural et va jusqu'à demander l’arbitrage de la Commission des Nations unies pour le droit commercial international (Uncital) dont le siège se trouve à Genève au moment où Alger et Madrid, partant de «l’expérience» Medgaz et de «l’entêtement» de Sonatrach à défendre ses intérêts, on évoque la possibilité d’un règlement à l’amiable. Une source très proche du dossier affirme que si tout se déroule normalement et qu’aucune intervention ou lobbying n’interfère dans la procédure d’arbitrage, il y a fort à parier que Sonatrach gagne la partie. Pour rappel, alors que rien ne le laissait présager, la compagnie nationale des hydrocarbures décide d’annuler le contrat qui la lie depuis 2004 à Repsol et Gas Natural pour «non-respect des engagements». Ce qui a eu pour effet de retarder de deux ans la réalisation du projet de Gassi- Touil dont la fin des travaux était prévue pour fin 2009. Un préjudice que Sonatrach, qui demande réparation, évalue en milliards de dollars. Dans une conjoncture internationale des plus particulières dans le monde de l’énergie, les «conflits gaziers» algéro-espagnols, «les tractations » algéro-françaises et la «coopération» algérienne avec le russe Gazprom, sont une affaire que suit de très près, comme de «tradition» depuis l’indépendance de l’Algérie, le département américain de l’Energie. Selon une source proche de Genesis International Holdings, — le cabinet de lobbying new-yorkais, qui a piloté les réseaux d’influence américains en Algérie pour le compte du US Alegria Business Council — qui évoque une note confidentielle de ce département d’Etat, les groupes pétroliers américains présents en Algérie aidés par Washington et des groupes d’intérêts à Alger font du lobbying pour «réintroduire» la loi sur les hydrocarbures introduite par le ministre de l’Energie et des Mines qui a pour autre pays les Etats-Unis, puisque et ce n’est un secret pour personne, il y a acheté une résidence en 1981. Chakib Khelil dont le nom est étroitement lié au scandale BRC que le tribunal militaire de Blida devra très prochainement trancher. Pour rappel, l’Inspection générale des Finances (IGF) a eu à enquêter sur 27 projets confiés à BRC par Sonatrach de gré à gré pour un montant global de 7300 milliards de centimes. Entre autres aberrations, la surfacturation de 436% pour la piscine olympique de Hydra. Le tribunal militaire de Blida aura à évaluer le préjudice financier causé à l’entreprise dont une des filiales s’était retrouvée impliquée dans l’affaire Khalifa.
Le parcours d'un acteur énergétique mondialIl est le premier groupe industriel du pays. Il compte également dans la hiérarchie mondiale des entreprises pétrolières et gazières. Il, c’est le groupe énergétique national Sonatrach, un groupe en expansion, au parcours remarquable et se déployant à l’international. Une société bien cotée au niveau mondialSonatrach est classée en tant que première entreprise du continent africain. Elle est classée en tant que 12e parmi une cinquantaine de compagnies pétrolières mondiales, 2e exportateur de GNL, GPL et condensats et 3e exportateur de gaz naturel. Ainsi, Sonatrach se position au 12e rang des meilleurs groupes pétroliers au monde selon le classement élaboré par l’organisme international Petroleum Intelligence Weekly (PIW), au regard de ses performances opérationnelles. Selon le PIW, Sonatrach se place au 13e rang en matière de réserves en hydrocarbures liquides (11,712 milliards de barils), au 10e rang en termes de production avec 1,934 million de barils par jour, au 37e rang en matière de capacités de raffinage avec 450 000 barils par jour. En 2005, le PIW avait classé notre pays, dans les mêmes activités, aux 15e, 14e et 37e rangs. Concernant le gaz naturel, Sonatrach se place au 5e rang en termes de réserves avec 155 200 milliards de pieds-cubes, et au 6e rang dans la production (8150 milliards de pieds-cubes), en hausse d’un point par rapport à l’année précédente. La compagnie nationale se place au 25e rang au plan des ventes de produits (670 000 barils/jour), au 24e rang en termes de revenus et au 20e par les effectifs. En matière d’exportation et de commercialisation de gaz naturel liquéfié (GNL), Sonatrach accomplit de bonnes performances. Sonatrach dont les découvertes d’hydrocarbures augmentent avec 6 découvertes par ses propres moyens sur les 16 qui ont eu lieu depuis le début de l’année. Sonatrach couvre actuellement 40% du territoire minier national et dispose de 80 permis d’exploitation et d’exploration. Membre important de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l’Algérie y bénéficie d’un quota de production qui atteint le 1,5 million de barils/jour. L’objectif étant d’atteindre un niveau de production de 2 millions de barils par jour de pétrole d’ici 2010, ainsi que d’augmenter la quantité de gaz commercialisée à 85 milliards de m3 à la même échéance. Un palmarès qui permet de constater l’importance de cette société tant au niveau national que mondial. Une compagnie fiable et active financièrement Une compagnie publique qui se porte bien financièrement, en expansion, en témoigne son plan de développement à l’horizon 2011 avec un montant des investissements de l’ordre de 45 milliards de dollars dont 26 milliards de dollars dans l’amont et 3 milliards à l’international. Une société publique qui a placé ces dernières années une quarantaine de milliards de dollars aux Etats-Unis, sous la forme de bons du Trésor (emprunts obligataires de l’Etat américain), avec un taux de rendement de 5% et des risques moindres. En rappelant que Sonatrach avait décidé de fructifier des capitaux de l’ordre de 900 millions de dollars de son holding à l’international, avec l’appui d’un gérant-manager de fonds d’investissement. Des opérations financières qui traduisent la volonté de Sonatrach de développer une offensive commerciale, d’autant que les réaménagements apportés par la nouvelle loi relative aux hydrocarbures lui assurent une position dominante de 51% dans toute activité liée à la chaîne de développement des hydrocarbures. Outre le fait que Sonatrach joue le rôle de collecteur au profit de l’Etat de la nouvelle taxe sur les profits exceptionnels, imposée par la nouvelle loi relative aux hydrocarbures. Une taxe imposée sur les compagnies associées à Sonatrach et devant générer un milliard de dollars en 2007. En fait, Sonatrach se veut une société fiable, et elle l’est, une société qui a prouvé son efficience commerciale et économique en ce qui concerne la gestion des sinistres majeurs dont ceux de Skikda. Et ce, malgré les remous créés par la controverse sur sa privatisation, les affaires controversées qui ont défrayé la chronique durant les dernières années, ainsi que les appréhensions légitimes quant à la gestion à bon sescient de la manne pétrolière. Et même si elle dispose d’un encadrement managérial et technique performant, cette société publique pâtit néanmoins d’un déficit en matière de ressources humaines en raison de la fuite des cadres, la nécessité de l’amélioration de la rémunération se posant, mais aussi d’un déficit en engineering, le recours à la sous-traitance initié depuis quelques années suscitant des interrogations. SONATRACH Une ambition qui effraie l'EuropeLe géant national des hydrocarbures, Sonatrach doit-il revoir à la baisse ses ambitions d’expansion à l’internationale ? La question mérite d’être posée dans la mesure où l’élan de déploiement au-delà des frontières algériennes de l’une des plus grandes compagnies pétrolières du monde risque d’être stoppé net. |
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www.algeria-watch.org
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