Détails sur la nouvelle grille

Ce que vont être les salaires à Sonatrach

Le Quotidien d'Oran, 30 novembre 2006

La Sonatrach veut mieux rémunérer ses employés. En préparation depuis plusieurs mois, la nouvelle politique salariale de la compagnie nationale des hydrocarbures entrera en vigueur début 2007. «Le nouveau système de rémunération est basé sur la valorisation de la performance, la compétence et la contribution de chacun dans son poste de travail. La Sonatrach va passer d’un système salarial égalitaire à un système équitable», explique au Quotidien d’Oran, Mme Belkahla Malika, directrice exécutive des ressources humaines de Sonatrach. Avec sa nouvelle politique salariale, la compagnie nationale des hydrocarbures veut riposter à la politique agressive de recrutement employée par certaines compagnies étrangères en direction de ses cadres et travailleurs. Les recruteurs étrangers offrent des salaires trois à quatre fois plus importants que ceux de Sonatrach. Par exemple, Qatar Gas, une compagnie qui puise dans le personnel de Sonatrach pour mener ses projets de développement dans le GNL. «Dans le nouveau système, le salaire de base va représenter 60% de la rémunération. Nous allons faire en sorte que la performance soit rémunérée convenablement», ajoute Mme Belkahla. Pour motiver et garder ses cadres, la Sonatrach veut aussi mettre dans la balance les avantages sociaux et la stabilité de l’emploi. Deux avantages de taille que les compagnies étrangères n’offrent pas de la même façon. «La Sonatrach offre plusieurs avantages sociaux et cela compte beaucoup pour les employés. Il y a une nouvelle politique salariale et à côté les changements que nous mettons en place avec de nouveaux avantages sociaux», explique la directrice exécutive. La division forage de Sonatrach a été la plus touchée par les départs vers les sociétés étrangères. Mme Belkahla relativise le phénomène des départs des cadres de Sonatrach, en le plaçant d’abord dans le contexte mondial, marqué par une mobilité des compétences. «La mobilité est une chose normale et touche toutes les compagnies. Toutefois, dans le forage, nous avons enregistré 78 départs depuis le début de l’année et jusqu’à fin octobre. Les gens partent d’une façon déguisée, mais nous n’allons pas les reprendre. Le départ des foreurs est un problème pour nous, il faut dix ans pour former un superviseur en forage», indique la directrice exécutive des ressources humaines de Sonatrach. Durant les dix mois de l’année en cours, la Sonatrach a compté 610 départs, sous toutes les formes. «Pour une entreprise qui emploie plus de 45.000 travailleurs, ce chiffre n’est pas catastrophique», affirme Mme Belkahla qui veut rassurer les travailleurs de Sonatrach sur le phénomène des départs des cadres. «Nous avons déjà augmenté les salaires de 15%. Nous avons entamé un vaste programme de formation dans le forage pour faire face aux départs en retraite qui seront importants à partir de 2010», conclut Mme Belkahla.

Hamid Guemache

   
www.algeria-watch.org