PARTI DES TRAVAILLEURS

Un «serment» pour le retrait du projet de loi sur les hydrocarbures

Le Quotidien d'Oran, 26 février 2005

Personne n’a le droit de disposer de la propriété de la Nation. Louiza Hanoune regrette que l’UGTA soit «entraînée» dans une compromission et donner son aval à un projet aux conséquences «désastreuses»

Louiza Hanoune a appelé, jeudi dernier, à «une mobilisation générale pour le retrait immédiat du projet de loi sur les hydrocarbures». Un projet qui mettrait en péril «l’existence même de la Nation algérienne» et s’il vient à être appliqué, ce sera «le début du démantèlement de l’Etat», a déclaré la secrétaire générale du parti des Travailleurs (PT), lors du meeting, organisé à Hussein Dey par le parti, à l’occasion du 24 Février, date de la nationalisation des hydrocarbures. Un public composé de syndicalistes, de militants et de citoyens, l’ex-salle de Tripoli ayant fait le plein. Au cours de son intervention, Louiza Hanoune a mis l’accent sur la nécessité de l’ouverture d’un dialogue qui devait précéder cette grave décision qui est de «donner au multinationales, cette latitude de détenir les richesse de la Nation». Pour Mme Hanoune «il est encore temps de s’opposer au projet de loi sur les hydrocarbures», «ne soyons pas pessimistes», martelait-elle au long de son intervention.

La secrétaire du PT s’est dit, par ailleurs, en accord avec le discours du Président sur le seul point que ce projet «n’est pas un texte sacré». Et Mme Hanoune de développer un discours, carrément à l’opposé des déclarations du président de la République et particulièrement en ce qui concerne les «contraintes imposées par la mondialisation », présentées comme incontournables.

«Nous voulons un dialogue», a-t-elle déclaré, qui engagerait les partis politiques, les syndicats, les citoyens et les travailleurs dans un débat national. Car, estime-elle, «les solutions existent», avant d’aller purement et simplement pondre un projet de loi qui va entraîner les Algériens dans un chaos. La crise qu’a connue l’Argentine a vu ce pays «descendre aux abîmes», rappelle, la secrétaire général du PT, qui ajoute qu’elle était le résultat de la politique libérale dictée à l’Argentine par la Banque mondiale. Le Venezuela d’Hugo Chavez «devra nous inspirer pour éviter le syndrome argentin», a-t-elle déclaré. Le parti des Travailleurs qui, à la clôture de cette rencontre, a fait circuler pour signature une pétition appelée «Serment du 24 Février 2005», compte la diffuser à large échelle dans tous le pays pour recueillir le plus grand nombre d’opposants à ce projet. «Le but c’est de dire au peuple les vérités occultées», affirme Mme Hanoune, sur un projet qui devait être discuté par tous les Algériens. «Ce projet de loi abroge la décision souveraine de l’Etat de nationaliser les hydrocarbures en même temps qu’il transfère la propriété de toute la production vers les contractants (multinationales) dans le cadre de la concession». Cela fera perdre à l’Etat, fait constater le PT, 75% de ces recettes actuelles. Sonatrach, qui devient une simple entreprise, ne pourra en outre concurrencer les puissantes multinationales qui rafleront toutes les activités annexes du secteur, de la prospection à l’exploitation jusqu’au transport et à la commercialisation des produits pétroliers, soutient-on au PT. Citant les privatisations en cours, Louiza Hanoune souligne que «cela n’est rien d’autre que du bradage des entreprises qui se fait au détriment des intérêts des travailleurs et de la collectivité». La préservation de l’emploi, pour Louiza Hanoun «n’est qu’une chimère». Se référant aux articles de la Constitution, le PT rappelle son attachement à son article 17 et de ce fait «aux nationalisations des hydrocarbures, aux entreprises et services publics qui composent la propriété collective...), lit t-on dans la déclaration du PT. Au sujet «des acquis sociaux», Mme Hanoune dit relever que les réformes adoptées sont en contradiction avec la constitution qui consacre le droit à la santé, à l’instruction, à l’emploi et aux droits syndicaux, notamment celui de la grève.

S. E. K.

   
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