|
|||||
|
LIBERALISATION DES PRIX DES PRODUITS PETROLIERS Qui payera la facture?Le Quotidien d'Oran,30 mars 2005 Les Algériens sont-ils appelés à payer à son juste prix l’énergie après l’adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures? Une question qui préoccupe, incontestablement, les citoyens mais à laquelle aucune réponse définitive n’est donnée. Ou du moins jusque-là... En attendant d’en savoir plus, car le gouvernement affichera, tôt ou tard, ses intentions à ce sujet, le premier responsable du secteur, Chakib Khelil, semble se préoccuper davantage du développement de l’aval pétrolier et de l’amortissement des investissements dans les activités de stockage et de distribution des produits pétroliers. Ce qui est, somme toute, normal de la part d’un ministre de l’Energie et des Mines. D’ailleurs, il a clairement affirmé, hier, lors d’un point de presse, en marge d’une journée d’étude sur la distribution des produits pétroliers, que le prix de l’énergie est l’affaire du gouvernement et du parlement et non de son département. La nouvelle loi sur les hydrocarbures, dira-t-il, «ne parle pas de la libéralisation des prix mais juste des coûts et marges» qui doivent «afficher une crédibilité et une stabilité» et qui «seront établis de façon à inciter les promoteurs à développer les infrastructures nécessaires à la satisfaction des besoins nationaux et à encourager la consommation des carburants peu polluants tels que les essences sans plomb, le GPL carburant et le gaz naturel comprimé de préférence à d’autres carburants». Une manière d’indiquer que l’on ne fera plus du social sur le dos des entreprises du secteur, qu’elles soient publiques ou privées. Et Khelil n’a de cesse de rappeler que la consommation intérieure en produits énergétiques coûte au groupe Sonatrach annuellement 1,5 milliard de dollars. Se référant au nouveau texte qui régira le secteur des hydrocarbures et qui devra mettre un terme à cette situation, le ministre a indiqué, lors de l’ouverture de la journée d’étude, que «les prix des produits pétroliers sur le marché national devront comprendre entre autres, le coût de raffinage, celui du transport, du stockage et de la distribution du gros et du détail ainsi que les marges raisonnables de rémunération de chaque activité. Ils devront inclure l’amortissement de nouveaux investissements nécessaires à l’activité ainsi que les investissements de renouvellement». Ainsi, «les opérateurs pourront récupérer l’ensemble des coûts et dégager une marge bénéficiaire». Bref: autant dire qu’il ne sera plus question de vente à perte et que «les opérateurs publics et privés commercialiseront à des prix régulés mais dont la composante, coût et marges, assurera une rentabilité raisonnable dans ces opérations». Doit-on se préparer à des factures plus salées des produits pétroliers? Pour le ministre de l’Energie et des Mines, l’accroissement des marges du système de raffinage et de distribution «qui devra atteindre des marges correspondant à des niveaux réels et de rentabilité conformes aux standards internationaux», n’implique pas automatiquement une hausse des prix de vente pour les consommateurs. Et qui payera la facture de la hausse qui sera induite de la révision, justement, des marges? Demandons-nous à Chakib Khelil. Tout en réaffirmant que c’est là une affaire du gouvernement et du parlement, il estime et comme cela se fait dans le monde entier, que c’est une affaire de taxes. En d’autres termes, si on veut que les citoyens et les opérateurs nationaux continuent à accéder aux produits énergétiques à un prix préférentiel, les pouvoirs publics n’ont qu’à faire des concessions sur les taxes. Chose que peut faire l’Etat d’autant plus, dira le premier responsable du secteur, que celui-ci «récupère de l’argent en amont grâce aux recettes pétrolières et en aval à travers les impôts que lui versent les opérateurs». Une manière probablement de signifier que l’Etat a les moyens de baisser les taxes sur les produits énergétiques destinés au marché national et d’amortir, ainsi, le choc de la hausse aux consommateurs nationaux. L’on ne sait pas, pour le moment, si le gouvernement optera pour cette solution ou préfèrera appliquer jusqu’au bout la logique de la réalité des prix. Il est à craindre, dans ce dernier cas, non seulement une fragilisation du pouvoir d’achat des citoyens mais même un impact négatif sur toute l’économie nationale qui a besoin d’investissements privés. Car, le prix préférentiel qu’offre le marché en matière d’énergie a été, jusque-là, l’une «des vertus» mises en avant pour attirer les capitaux étrangers, rappellent les experts. Ghania Amriout |
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||