Explosion catastrophique au complexe GNL de Skikda

Le Matin, 20 janvier 2004

Une forte explosion a soufflé, hier, en début de soirée, aux environs de 19 h, l'unité 40 de la plate-forme GNL située dans la commune de Larbi-Ben-M'hidi, ex-Jeanne-d'Arc, à quelques kilomètres à l'est de la ville de Skikda. La déflagration s'est produite non loin du site où se trouvaient les travailleurs de la brigade de nuit. Alors que la télévision algérienne a annoncé le bilan de 4 morts et 160 blessés, une source de la Protection civile à Skikda avance le chiffre de douze morts et quatre-vingt blessés. L'agence officielle APS, qui a donné l'information vers 19 h 59, parle de plusieurs victimes et d'énormes dégâts matériels. Des citoyens qui ont pris attache avec la rédaction affirment, quant à eux, que le souffle de l'explosion a brisé les vitres des habitations situées à plusieurs kilomètres à la ronde. Un mouvement de panique s'est emparé, par ailleurs, des habitants de Ben-M'hidi et des Platanes qui ont fui leurs demeures. A Skikda-ville, la population est sortie dans la rue, plusieurs ayant cru à un tremblement de terre. Un nuage opaque de fumée était visible dans le ciel couvrant pratiquement toute la zone de Bou Abbaz, sur les hauteurs de la ville. Un mouvement d'ambulances a été remarqué entre la zone industrielle et l'hôpital. Des véhicules de particuliers ont afflué vers les lieux du drame pour porter aide et assistance aux victimes. Selon des sources sécuritaires au niveau de l'entreprise de gestion de la zone pétrochimique, la situation est très grave et les victimes seraient nombreuses, essentiellement parmi le personnel d'exploitation. Aucun bilan exact n'a pu ê tre fourni sur place. Même les structures de la centrale syndicale ne disposent d'une information fiable. M. Badreddine, chargé des dossiers é conomiques et patron de la Fédération des pétroliers de l'UGTA, avoue n'avoir pu joindre ses pairs du syndicat local. Intervenant à la télévision, le secrétaire général de l'UGTA a appelé les syndicalistes à se mobiliser aux côtés des travailleurs victimes et apporter le soutien nécessaire à leurs familles. Du côté des autorités, l'on annonce la mise sur pied de deux cellules de crise. L'une au siège du ministère de l'Energie, l'autre au niveau de la direction générale de Sonatrach. A l'heure où nous mettons sous presse, l'origine de cette catastrophe n'a pas été élucidée. Pour rappel, plusieurs incidents plus ou moins sérieux ont eu lieu l'année écoulée sur les plate-formes d'Arzew, de Bethioua et de Skikda. Plusieurs associations é cologiques s'étaient alors posé la question de savoir s'il existe des plans d'urgence pour parer à ce genre de situation. Nadir Benseba

 

 
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