Dans sa quête d’investissements pour développer le secteur des hydrocarbures :

La Bolivie choisit l’Algérie comme l’un de ses partenaires énergétiques stratégiques

par R.E., Le Jeune Indépendant, 28 juin 2007

Le président bolivien, Evo Morales, va entreprendre, en août prochain, une grande tournée qui le conduira dans les pays producteurs d’hydrocarbures, parmi lesquels l’Algérie, pour tenter de trouver des «partenaires stratégiques» pour la compagnie d’Etat bolivienne YPFB, selon l’agence AFP.

Outre l’Algérie, M. Morales devrait également visiter le Qatar, la Libye, l’Iran, la Russie, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Cette visite entre dans le cadre d’une démarche visant à permettre à ce pays de trouver de nouveaux investissements pour le développement du secteur des hydrocarbures.

La Bolivie aurait besoin, selon des experts indépendants, de 3 milliards de dollars pour développer ses réserves de gaz, les deuxièmes d’Amérique du Sud après celles du Venezuela. Les investissements pétroliers et gaziers en Bolivie étaient officiellement de 88 millions de dollars en 2004.

Depuis, aucun chiffre officiel n’a été publié, mais on estime que ces investissements s’évaluent actuellement à une quarantaine, voire une cinquantaine de millions de dollars par an. Pour faire face à cette chute, M. Morales a lancé avant-hier un sérieux avertissement aux compagnies pétrolières étrangères, en les menaçant de revoir leurs contrats d’exploitation si celles-ci n’investissent pas pour développer la production de son pays.

«Si ces compagnies n’investissent pas et ne respectent pas leurs contrats, nous sommes dans l’obligation de revoir ces derniers. Ce n’est pas une menace, ce n’est pas un chantage, si l’on veut la sécurité juridique cela doit être réciproque», a déclaré M. Morales dont le gouvernement a nationalisé les gisements gaziers, la principale richesse du pays, en mai 2006.

Le ministre des Hydrocarbures, M. Carlos Villegas, avait déjà lancé en mai dernier un avertissement dans le même sens aux 12 compagnies pétrolières qui avaient signé, à la fin de novembre 2006, 44 contrats avec l’Etat à la suite de la nationalisation.

M. Morales, qui a dénoncé en mai dernier les traités bilatéraux garantissant les investissements étrangers, doit faire face à une chute importante des investissements dans la recherche des hydrocarbures. L’Etat bolivien a pris mardi dernier le contrôle des deux raffineries rachetées à 112 millions de dollars au brésilien Petrobras.

Les principales compagnies pétrolières opérant en Bolivie sont Petrobras (Brésil), Pluspetrol (Argentine), Vintage (Etats-Unis), Repsol (Espagne), Total (France), ExxonMobil (Etats-Unis) et British Gas (Grande-Bretagne). R. E.

   
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