Bouteflika a appelé à son exploitation

Gaz de schiste : chantier coûteux et risqué pour l’Exécutif

Liberté, 17 juin 2017

Le gaz de schiste reprend ainsi pied, après avoir marqué un temps d’arrêt, en raison de la contestation dans les régions du Sud.

Le gaz de schiste semble remonter à l’air libre. Il figure dans le plan d’action du gouvernement Tebboune adopté mercredi dernier en Conseil des ministres. Ce dernier a noté dans son communiqué que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a appelé le gouvernement “à valoriser davantage toutes les ressources et richesses dont dispose le pays, y compris les hydrocarbures fossiles conventionnels et non conventionnels ainsi que les énergies renouvelables”. Sur le papier du moins, le gaz de schiste reprend ainsi pied, après avoir marqué un temps d’arrêt, en raison de la contestation dans les régions du Sud.
Sonatrach s’était engagée, il y a trois ans, dans les phases d’exploration de ce type d’énergie dont le but était d’en quantifier le potentiel. Le processus d’exploration en était encore à ses débuts, alors qu’il faut une dizaine d’années pour évaluer le potentiel en schiste. La Compagnie nationale d’hydrocarbures n’a fait en fait qu’appliquer une feuille de route établie par l’Exécutif, l’exploration du gaz de schiste faisant partie du programme du gouvernement Sellal adopté en 2014.
L’option du non-conventionnel a par ailleurs l’appui du chef de L’État. Celui-ci l’évoquait en 2015, en parlant d’un moratoire implicite de l’exploration et de l’exploitation du gaz de schiste. Le Président, à travers un communiqué du Conseil des ministres, indiquait que les forages tests, initiés à In-Salah, seront achevés à très brève échéance, tout en appelant le gouvernement de l’époque à lever les incompréhensions et les inquiétudes et à confirmer que l’exploitation proprement dite de cette énergie nouvelle n’est pas encore à l’ordre du jour. Il relevait cependant que si l’exploitation du gaz de schiste devenait une nécessité pour la sécurité énergétique du pays à moyen et long termes, le gouvernement devra, toutefois, veiller avec fermeté au respect de la législation par les opérateurs concernés, pour la protection de la santé de la population et la préservation de l'environnement. À l’heure qu'il est, les opérations d’exploration sont gelées. Mais dans les projections théoriques de Sonatrach, il est question de réaliser à partir de 2020 des programmes de schiste, avec des objectifs en matière de timing et de production clairement définis. Est-ce une échéance tenable ? Un élément fondamental de ce programme n'a cependant pas été communiqué, celui du montant des investissements requis pour la mise en production des gisements de gaz de schiste.
L’Algérie pourra-t-elle avoir les moyens techniques et financiers, la technologie nécessaire pour produire du schiste rentable ? Certains diront que la conjoncture pétrolière, la déplétion de la production en hydrocarbures et la hausse de la consommation interne d’énergie vont contraindre le pays à aller vers l’exploration des possibilités du gaz de schiste pour augmenter le potentiel de production et d’exportation d’hydrocarbures.
D’autres estimeront qu’il y a d’autres alternatives beaucoup plus intéressantes que le non-conventionnel, évoquant deux pistes : le développement du renouvelable et l’amélioration des taux de récupération sur les gisements existants. Exemple : Hassi-Messaoud produit actuellement environ 400 000 barils par jour. Sonatrach peut en produire deux fois plus, avec de nouvelles technologies et avec une offre disponible de sociétés de service nationales et internationales spécialisées.

Youcef Salami

 
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Non au gaz de schiste  
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