Ralentissement des activités économiques en 2006

Augmentation substantielle des fermetures d’entreprises

Par : Meziane Rabhi, Liberté, 21 juillet 2007

“Par rapport à 2005, l’année 2006 est caractérisée par un ralentissement des activités économiques. Elle s’est traduite par une augmentation substantielle des fermetures d’entreprises (taux de cessations d’activités : 35,5% pour les personnes morales et 4% pour les personnes physiques)”, rapporte le Forum des chefs d’entreprises dans sa dernière lettre d’information. Le FCE, reprenant les statistiques du Centre national du registre du commerce, parle de 4 795 d’entreprises fermées en 2006. En 2005, le nombre de fermetures de sociétés était de 3 538. Cette information, passée inaperçue, devrait interpeller les pouvoirs publics. D’autant que le nombre de créations d’entreprises enregistre une baisse inquiétante (-11,8% pour les personnes morales et -1,4% pour les personnes physiques). 12 164 entreprises ont été créées en 2005. En 2006, le nombre de créations n’est que 10 727. Il vrai que le nombre de naissances de sociétés, pour l’instant, est bien supérieur à la mortalité des entreprises. Pour autant, le rythme de cession d’activité, en constante augmentation, devrait être pris en considération, au moment où l’économie algérienne s’ouvre de plus en plus et que les effets du démantèlement tarifaire inscrits dans l’accord d’association seront certainement ressentis à partir de cette année. Le Forum des chefs d’entreprises n’explique pas dans sa lettre les raisons de l’augmentation substantielle des fermetures d’entreprises, ni pourquoi il y a baisse des créations. D’aucuns avanceront que le marché informel, qui a pris ces dernières années des proportions alarmantes, est la principale cause de la mortalité des entreprises. Mais pas seulement, la concurrence exercée par les produits importés devient, elle aussi, de plus en plus forte. Et ce, au moment où le programme de mise à niveau des entreprises se fait attendre. Sur un autre plan, le climat des investissements en Algérie, en dépit des améliorations enregistrées, reste contraignant.
Le secteur public aussi ne se porte pas bien. La lettre du Forum des chefs d’entreprises relève, par rapport à 2005, que la production industrielle globale du secteur public national a baissé de 0,3% en 2006. La baisse est, par contre, beaucoup plus importante dans les industries manufacturières (-2.2%) et particulièrement pour les industries des cuirs & chaussures qui enregistrent de fortes contre-performances en 2005 avec une baisse de -19,3% et en 2006, avec une baisse de -15,9% et pour les industries des textiles et de la confection qui, après une croissance nulle en 2005, enregistrent en 2006 une baisse de la production de 14%. De l’ensemble des secteurs d’activités économiques publics, seuls quatre ont enregistré en 2006 une hausse de leur production. Il s’agit des secteurs des mines et carrières, de l’énergie, du bois, du liège, du papier et de l’imprimerie et enfin des ISMME. Le président du Forum des chefs d’entreprises a raison de souligner, dans l’éditorial de la lettre, qu’“un État fort ne peut l’être que s’il peut compter sur ses entreprises en bonne santé. L’enjeu principal actuel pour le pays est de fortifier l’économie privée devenue par la force des choses la locomotive de la croissance et du développement”. Cette économie souffre de ne pas être constituée suffisamment d’entreprises ayant une taille critique pour exercer des effets d’entraînement pour prendre avec succès le rôle précédemment dévolu au secteur d’État. “En clair, il nous faut dans ce domaine des champions qui sauront tirer à la fois vers le haut la croissance et irradier des effets structurants d’une nouvelle économie faite d’innovation et de compétition avérée”, estime-t-il. Toutes les politiques économiques du monde orientent leurs actions en vue de multiplier les champions nationaux en tant qu’acteurs privilégiés dans le nouveau décor de la mondialisation où ne subsisteront à coup sûr que les plus forts. Ce seront les champions qui, par l’effet d’entraînement et de synergie, qu’ils ne marqueront pas de susciter, vont permettre la densification du tissu des petites et moyennes entreprises.

Meziane Rabhi

 
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