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SID-ALI
LEBIB AU FORUM D’EL MOUDJAHID
«Les
réformes dérangent des intérêts occultes»
L'Expression,
27 janvier 2005 «L’institution des douanes est visée, car elle a
osé aller loin dans les réformes», a déclaré,
sans la moindre équivoque, le P-DG des douanes algériennes.
Les réformes
auxquelles a fait allusion l’ex-ministre de
la Jeunesse et des Sports, M.Lebib, consistent en ce processus de modernisation
des douanes, notamment en termes d’acquisition d’équipements
de dernière technologie, en vue d’une meilleure insertion
de cette institution dans le contexte économique présent,
caractérisant l’ouverture du marché algérien
au commerce extérieur. «Elles (les réformes Ndlr)
sont liées au processus de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC
aux accords conclus avec l’Union européenne (UE), ainsi
qu’aux négociations entre notre pays et les USA autour de
la création d’une zone de libre-échange commercial»,
a encore expliqué M.Lebib. Cependant, cette volonté affichée
par la direction générale des douanes de revisiter son
mode de fonctionnement interne pouvant lui assurer une meilleure adaptation
aux nouvelles mutations économiques, se heurte malheureusement à l’entêtement
de certains «cercles occultes» qui font obstruction à l’application
des réformes engagées. Ces milieux «occultes» dont
la présence au sein de l’administration des douanes est
une vérité admise chez son directeur général
lui-même, qui les désigne en termes de «forces obscurantistes
et archaïques». M.Sid-Ali Lebib a, en ce sens, souligné,
on ne peut plus clairement, que les réformes engagées pour
moderniser l’institution qu’il dirige dérangent «les
intérêts de ces individus à l’esprit obscurantiste».
Lesquels intérêts qui constituent, on ne peut mieux dire,
un bien mal acquis - illicitement -notamment par le recours à la
pratique de la fraude. Il semble, selon le premier responsable des douanes,
qu’en plus de l’objectif de mieux intégrer cette institution
dans le nouveau contexte économique qui s’érige progressivement
en Algérie, le but recherché à travers les réformes évoquées
porte également sur la réduction des effets nuisibles de
la fraude et de la contrefaçon. Ces deux fléaux auxquels
s’ajoute celui de la corruption gangrènent immanquablement
l’institution douanière (voir l’article d’Achira
Mammeri). D’ailleurs, dira encore M.Lebib, dans le sillage des
réformes engagées, des mesures d’accompagnement dans
la lutte contre la fraude et la contrefaçon sont prévues.
Il s’agit, entre autres, parmi ces mesures, de la mise en exploitation
du système de gestion du risque qui se veut, aux yeux de M. Lebib, «un
logiciel fondé sur des critères permettant l’orientation
des contrôles vers les produits susceptibles de fraude et de contrefaçon».
Dès samedi prochain, et selon l’orateur, ce système
de gestion de risque sera généralisé à travers
le territoire national. Entre autres, parmi les bénéfices
de ce système, le P-DG des douanes a souligné «l’enlèvement
du pouvoir discrétionnaire du douanier». Autrement dit,
il est attendu de ce système une résolution considérable
de l’ampleur de la fraude. Autre système qui sera généralisé à partir
de samedi prochain est celui des valeurs qui devra concerner quelque
157 produits qui seront regroupés dans la même fourchette
des prix. M.Lebib a également évoqué la création,
dans le cadre des réformes, d’un poste de commandement central
des douanes.
Cette institution dispose aujourd’hui de 20 scanners répartis
sur l’ensemble du territoire du pays, cela en plus du scanner «géant» existant
au port d’Alger, opérationnel depuis 2002. les douanes algériennes
sont aussi équipées d’un réseau de transmission
privé, dont le financement a été assuré par
l’Etat.
Les réformes engagées dans le secteur des douanes ont aussi
inclus une révision de leur législation à travers
le nouveau code des douanes qui sera prochainement inscrit à l’ordre
du jour d’une séance parlementaire à l’APN.
Enfin, le chiffre d’affaires de l’administration des douanes
au courant de l’année 2004 est évalué à quelque
282 milliards de dinars, soit «une évolution de 8% environ»,
dira M. Lebib.
Améziane MOKRANE |
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