AFFAIRE DU SCANDALE DE SONATRACH

Dans l’attente du verdict de la chambre d’accusation

Le Soir d'Algérie, 28 janvier 2010

Au moment où nous mettons sous presse, la chambre d’accusation près la cour d’Alger n’avait toujours pas donné suite à l’appel introduit par les avocats constitués pour la défense des mis en cause dans l’affaire Sonatrach. Dans leur requête, les robes noires ont fait appel de la décision de mise sous mandat de dépôt de plusieurs prévenus par le juge instructeur de la 10e chambre relevant du pôle judiciaire spécialisé du Centre.
Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Au total, ils étaient une dizaine d’avocats, voire plus, à plaider auprès des trois magistrats composant la chambre d’accusation en charge de l’étude de cette affaire. Selon une source proche du dossier, les avocats de la défense ont plaidé la mise en liberté provisoire pour les personnes actuellement placées sous mandat de dépôt, ainsi que la levée du contrôle judiciaire pour les autres, dont l’ex-patron de Sonatrach. Selon un des avocats, l’appel introduit par les robes noires s’appuie sur le fait que «les mis en cause dans cette affaire ne peuvent en aucun cas constituer un danger ou gêner l’instruction de cette affaire. Bien au contraire, a-t-on ajouté, toutes les garanties sont à la fois réunies et offertes par les mis en cause. Toutes les mesures, garanties et autres conditions sont réunies pour bénéficier d’une mise en liberté provisoire ». Au total, la chambre d’accusation aura à étudier une quinzaine de requêtes et, par voie de conséquence, à se prononcer sur la suite à donner à l’appel introduit par les avocats de la défense. Sur un autre chapitre, l’on apprend que le représentant du ministère public, partie prenante dans cette affaire, a plaidé le maintien des chefs d’inculpation retenus à l’encontre des prévenus. Et de demander, par voie de conséquence, «aux magistrats de maintenir les mesures préventives prises contre les mis en cause». Ceci étant, il y a lieu de rappeler que le premier responsable du département de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, avait confirmé, lors d’un point de presse tenu il y a quelques jours, la décision prise par le juge instructeur à l’encontre du Pdg de Sonatrach, Mohamed Meziane, à savoir sa mise sous contrôle judiciaire. Ses deux fils sont également poursuivis en justice avec un ancien P-dg d’une banque publique, en l’occurrence le CPA, ainsi que 15 autres cadres fonctionnaires de Sonatrach et des représentants de bureaux d’études privés. Il est également important de noter que l’affaire a été enrôlée par le magistrat instructeur relevant du pôle judiciaire spécialisé rattaché au tribunal Sidi-M’hamed d’Alger. Lors de leur présentation devant cette dernière par la police judiciaire relevant du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), l’interrogatoire a duré une vingtaine d’heures. Le magistrat a confirmé l’accusation du représentant du ministère public, en retenant contre la quinzaine de personnes les chefs d’inculpation de «passation douteuse de marchés avec des bureaux d’études et de consulting, relative à un marché lié à l’installation de dispositifs de surveillance et de sécurité». Il s’agit des premiers éléments d’une enquête qui aura duré plusieurs mois. Et selon les premiers éléments d’information, d’autres personnes pourraient également être mises en cause dans cette affaire. Mohamed Meziane, qui est actuellement sous contrôle judiciaire, ne peut quitter le territoire national et doit justifier, chaque semaine, sa présence sur le sol algérien.
A. B.

 
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