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Corruption, débâcle du MSP au sénat Soltani lâche ses ministres et accusePar : Farid Belgacem, Liberté, 24 janvier 2010 Il y a quelques mois seulement, le même président du MSP, interrogé sur les affaires de corruption, avait déclaré : “J’ai des dossiers”. Aujourd’hui, deux de ses ministres sont mis en cause, avec en toile de fond, un lot d’accusations contre ses hommes de main. Le chef de file du parti islamiste, en l’occurrence le Mouvement pour la société et la paix (MSP), Abou Djerra Soltani, maintient sa position et celle de sa formation politique en affirmant devant le quatrième Conseil consultatif (Majliss Echoura) que “le MSP est le premier parti politique à appeler à la lutte contre la corruption”. Mis en veilleuse, avant d’être nommé ministre d’État sans portefeuille, démissionnaire du poste après la guerre de dissidence déclarée par son frère ennemi Abdelmadjid Menasra, le secrétaire général du MSP ne semble pas changer de langage, quitte à lâcher ses ministres et ses proches cités nommément dans des affaires de corruption, à commencer par le ministre des Travaux publics et celui de la Pêche et des Ressources halieutiques. Hier, sur les ondes de la Radio nationale, M. Soltani a réitéré la position du MSP, la même position, à savoir celle d’aller vers une lutte globale, sans exclusive, tout en restant évasif sur bon nombre de sujets liés à ces affaires qui défrayent la chronique. Devant le Majliss Echoura, le même Soltani rappellera que son parti a salué les mesures du président Bouteflika pour lutter contre ce fléau qui a gangrené des départements ministériels et les institutions de la République tout en avouant que “la lutte contre la corruption n’est pas uniquement du seul ressort du gouvernement, mais relève aussi de la responsabilité de tous”. Évidemment, Soltani justifiera le silence du parti par “l’obligation de réserve”, en affirmant, dans ce sens, que “le MSP fait partie d’une alliance qui soutient le programme du président de la République” et, par voie de conséquence, il ne doit pas se prononcer à tout bout de champ sur toutes les questions, y compris sur le front social. Il y a quelques mois seulement, le même président du MSP, interrogé sur les affaires de corruption, avait déclaré : “J’ai des dossiers !” Une déclaration qui s’est retournée contre lui et qui lui a valu des attaques, y compris à l’intérieur de son propre parti, allant jusqu’à sa mise à l’écart dans le cercle présidentiel où il évoluait. Aujourd’hui, deux de ses ministres sont mis en cause, avec en toile de fond, une diarrhée d’accusations contre ses hommes de main. Soltani est aussi cet homme déçu et qui vit une indigestion post-électorale. Son parti qui a perdu, le 29 décembre 2009, un nombre impressionnant de sièges au Sénat, vit une véritable débâcle politique au point où Soltani appelle le président Bouteflika à reconsidérer cet état de fait, non sans accuser le parti de Ahmed Ouyahia et de Louisa Hanoune d’être derrière cette situation. “Le document de base de l’Alliance présidentielle sera revu” “Nous ne sommes pas contre les alliances conjoncturelles. Mais certaines alliances sont inappropriées du fait que nous faisons tous partie de l’Alliance présidentielle. Si ces coalitions doivent s’inscrire dans la durée, nous devons alors revoir ensemble le document de base signé par le FLN, le MSP et le RND en février prochain. Car, nous n’acceptons pas des alliances parallèles à celle pour laquelle nous avons opté. L’Alliance présidentielle est un choix politique et stratégique et nous l’assumons ! Nous avons même créé une commission composée de neuf membres afin de faire le suivi de cette instance souveraine chargée notamment de soutenir le programme du président de Bouteflika. Aujourd’hui, nous sommes devant un autre état de fait”, a clamé Soltani qui a tiré à boulets rouges sur le PT et le RND notamment. Mais le président du MSP ne fait pas seulement face aux dossiers de la corruption et de l’échec de son parti au Sénat. L’ex-ministre d’État sans portefeuille revient sur la crise interne qui continue de secouer son parti.
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