AFFAIRE SONATRACH

Rahal, ex-vice-président, sous mandat de dépôt

Le Soir d'Algérie, 9 avril 2013

L’ex-vice-président de la Sonatrach, Chawki Rahal, a été placé, dimanche, sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du Pôle judiciaire spécialisé du tribunal de Sidi M’hamed. Une mesure similaire a été prise à l’encontre de Nouria Meliani, la directrice du bureau d’études CAD.

Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Les choses se sont accélérées ces dernières 48 heures dans le traitement judiciaire de ce qui semble être une nouvelle affaire Sonatrach. Dimanche, le magistrat instructeur du Pôle judiciaire spécialisé du tribunal de Sidi M’hamed a décidé de placer sous mandat de dépôt l’ex-vice-président de la Sonatrach chargé de la commercialisation, Chawki Rahal, ainsi que Nouria Meliani, directrice du bureau d’études CAD. Ils sont actuellement à la prison de Serkadji. Le même jour, l’épouse de Chawki Rahal a été placée sous contrôle judiciaire. Hier, le magistrat a ordonné une enquête plus approfondie à propos de l’ancien président-directeur général de la Sonatrach, Abdelmadjid Attar. Notons que toutes ces personnes ont été convoquées la semaine dernière au tribunal de Sidi M’hamed. Peu d’informations ont filtré concernant cette procédure. Cependant, il semblerait que Chawki Rahal soit inculpé dans une affaire concernant un contrat de rénovation du train de GNL d’Arzew datant des années 1990. A l’époque, Rahal était directeur de l’engineering de LDG, une direction de la compagnie nationale d’hydrocarbures chargée de superviser les infrastructures gazières. Le programme de rénovation du train de GNL d’Arzew avait été assuré par l’entreprise américaine Pullman Kellogg. Notons que Chawki Rahal est également concerné par l’affaire Sonatrach I qui avait éclaté en 2010. De tous les membres dirigeants de la compagnie, seuls Mohamed Meziane et lui n’ont pas été placés sous mandat de dépôt. Nouria Meliani est également concernée par l’affaire Sonatrach I. Elle avait été poursuivie pour «corruption, blanchiment d’argent et complicité de dilapidation de deniers publics» suite à une série de 11 contrats que le bureau d’études CAD avait remportés. Ces contrats avaient été accordés initialement à l’entreprise algéro-américaine Brown and Rooth Condor. Le cas de l’épouse de Chawki Rahal et sa relation avec les faits reprochés à son époux restent encore inexpliqués. Quant à Abdelmadjid Attar, rien n’a été retenu contre lui mais le juge d’instruction a ordonné, hier, une enquête approfondie au sujet de ses activités de consultant international dans le secteur des hydrocarbures. La situation est néanmoins très floue. Pourquoi la justice s’intéresse subitement à une affaire qui remonte aux années 1990 alors que le gros des scandales de la Sonatrach s’est produit une décennie plus tard ? Pourquoi Meliani et Rahal sont-ils auditionnés le jour même pour des affaires qui semblent — théoriquement — différentes ? Que reproche-t-on exactement à l’épouse Rahal et à Attar ? Autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse. A moins que cette nouvelle affaire Sonatrach soit une «contre-affaire Sonatrach».
T. H.

 
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