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Les
patrons français et le marché algérien
COFACE
: ce qui s’est dit sur l’Algérie
Par
Ryad Nasrou Liberté, 27 juin 2004 L’Agence d’assurance crédit de l’Hexagone a été “échaudée” par
l’affaire Khalifa.
La Coface, l’agence d’assurance crédit française,
a organisé le mardi 22 juin à Paris, une rencontre intitulée
: “Algérie 2004, clés pour exporter et investir,
environnement des affaires —éléments de pratique” terrain— à laquelle
ont participé de grosses pointures : en particulier Bnp Paribas,
Société Générale, Natexis, Thalès,
Alstom et curieusement des filiales françaises de banques allemandes
telle que la Bayerische Bank. Ce qui s’est dit sur la situation
politique et économique du pays surprend. Les participants à cette
rencontre informelle s’accordent à relever d’abord
que l’Algérie retrouve sa stabilité politique. “Le
président Bouteflika a été bien réélu.
Si cela avait été Benflis, son élection aurait été également
perçue comme un facteur de stabilité politique. Le phénomène
du terrorisme en Algérie ne constitue plus une préoccupation
pour ces entrepreneurs. Il est quasiment résorbé. Même
s’il reste des poches du GSPC encore actives”, confie un
invité à la manifestation. L’explosion de la centrale électrique
du Hamma toute fraîche a été évoquée
avec les mêmes interrogations sur ses origines. Mais n’a
pas altéré ce consensus.
Au plan économique, les participants ont unanimement relevé l’amélioration
de la situation financière du pays : des réserves en devises
de 34 milliards de dollars, le fort excédent de la balance commerciale,
du compte courant. L’environnement législatif est incitatif à l’investissement.
Mais, ils relèvent les lenteurs dans la mise en œuvre des
privatisations. Ayant en tête les résistances syndicales
et le tollé en France à la privatisation d’EDF, ils
comprennent cependant, les raisons pour lesquelles les autorités
temporisent, en matière de vente des entreprises publiques. Paix
sociale oblige.
L’Algérie n’est plus la pestiférée
de la décennie noire
Il ressort de la rencontre qu’il n’y a plus de risque Algérie.
L’agence d’assurance crédit Coface, très influente
concernant l’Algérie sur les autres sociétés
occidentales de garantie des crédits, a nettement amélioré ces
dernières années le classement du risque Algérie.
Note pays n’est plus le pestiféré des années
90, au paroxysme de la violence des groupes armés. Elle n’est
plus infréquentable. Ce qui veut dire, aujourd’hui, que
les investisseurs français sont encouragés à s’engager
dans le pays. Mais, comment se fait-il que la Coface pour l’année
2004 ait classé l’Algérie à la catégorie
B, c’est-à-dire le risque 5. Qui veut dire un risque élevé.
Soit, n’investissez pas en Algérie. Alors que toutes les
autres agences de l’OCDE, notamment l’allemande Hermès,
l’italienne Sace l’ont porté au risque 4 qui correspond à un
assez bon risque. Un feu vert en un mot à l’investissement
des entrepreneurs de tous ces pays. En fait, explique un expert, la Coface
a également classé l’Algérie au risque 4 .
Sonatrach bénéficie de cette notation. Pour la Coface,
il y a un transfert du risque du public au privé. Il n’y
a pas de risque public. Les entreprises et les institutions publiques
autres que Sonatrach, qui ont la garantie de l’état, bénéficient
aussi de cette notation. En revanche, ce n’est pas le cas des sociétés
privées. Échaudée par l’Affaire Khalifa qui
a entraîné un lourd contentieux, la Coface considère
que les affaires avec les entreprises privées algériennes
( pas toutes) sont très risquées. Parce qu’elles
ne travaillent pas dans la transparence. Et sont sous-capitalisées.
L’affaire Khalifa a entraîné un
lourd contentieux
Il faut savoir, qu’à la suite de la liquidation de la banque
El Khalifa, les transferts ont été bloqués. De nombreux
fournisseurs français, notamment du groupe Khalifa, de la compagnie
aérienne Khalifa Airways n’ont pas été payés.
Les pertes sont estimées par la partie française à 60
millions d’euros. Il a été relevé au cours
de la rencontre que le taux de sinistrés a considérablement
augmenté entre 2002-2003. Période qui correspond au processus
de fermeture de la banque. Ce qui veut dire que la Coface a dû verser
beaucoup plus d’argent pour rembourser ses clients (français)
en raison de la défaillance de la banque El Khalifa.
Au tableau gris, les participants ont relevé des obstacles majeurs à l’investissement
: le foncier, la politique de change et la bureaucratie. Il faut plusieurs
mois, voire des années pour accéder à un terrain
pour implanter ses activités. Plusieurs investisseurs ont été découragés à cause
de ce problème. Les sociétés étrangères
implantées en Algérie dans le secteur des services éprouvent
des difficultés à transférer leurs bénéfices.
Si cette branche est fort contrôlée parce qu’elle
est à la source des transferts illégaux de capitaux, il
ne faudrait pas, selon des participants, que la réglementation,
répressive pour ces situations, ne se transforme en blocages.
La bureaucratie, elle, est mise à l’index de nouveau comme
principal facteur de dissuasion à l’investissement français
en Algérie.
En guise de conclusion du conclave, il ressort la volonté des
entreprises françaises à travailler avec l’Algérie.
Les participants considèrent que notre pays est important. Quant à l’investissement,
la balle est dans le camp des dirigeants algériens. Y compris
pour les entrepreneurs d’autres pays occidentaux, qui manifestent
aussi un regain d’intérêt pour l’Algérie.
Mais, même si ces nouvelles sont réconfortantes, il reste
beaucoup à faire sur tous les plans : celui de la politique de
l’environnement des affaires au social.
N. R.
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