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FRANÇAIS ET BRITANNIQUES METTENT LES BOUCHÉES
DOUBLES
L'Afrique au centre
des convoitises
L'Expression, 30
novembre 2004
L'ambition affichée par Tony Blair ressemble assez à celle
du président français, Jacques Chirac.
L'initiative en
direction de l'Afrique, prise par le Premier ministre britannique,
Tony Blair, objet aujourd'hui d'une réunion à Alger,
est l'une des innombrables actions entreprises par les pays riches dans
la perspective de sortir le continent noir de son sous-développement.
Les Etats-Unis, la Chine et la France, ont également montré une
disponibilité à venir en aide à l'Afrique, depuis
que cette dernière s'invite aux réunions du G8 grâce
au Nepad, un plan d'action politico-économique qui, rappelons-le,
bénéficie du soutien des grandes puissances. La particularité de
la démarche anglaise est qu'elle s'appuie sur le Commonwealth
(un rassemblement de pays ayant été d'anciennes colonies
britanniques).
L'ambition affichée par Tony Blair ressemble assez à celle du
président français, Jacques Chirac, qui vient de sortir victorieux
d'une rencontre au Sommet ayant réuni les pays francophones. Les deux
chefs d'Etat dont les pays ont été des empires régnant
sur une grande partie du monde, entendent, chacun de son côté,
profiter de la volonté de l'Afrique de s'en sortir pour asseoir leur
influence dans le continent.
Le Commonwealth, comme l'Organisation internationale de la francophonie, sont
des entités qui donnent aux deux pays l'opportunité de contrecarrer
la domination du monde par les Etats-Unis. Le fait que les initiatives française
et britannique prennent les raccourcis de ces organisations, alors qu'il eut été plus
profitable pour l'Afrique que les deux pays fassent cause commune, met à nu
les ambitions de la France et la Grande-Bretagne. En effet, il semble qu'une
bataille pour le leadership s'est engagée autour du continent noir.
La France est d'ores et déjà prête à casser sa tirelire
pour aboutir à ses fins. Et pour preuve, le président du pays
d'origine de la francophonie, qui prend option pour le microcrédit,
a annoncé lors du Sommet de Ouagadougou, la création d'une facilité de
20 millions d'euros, qui bénéficiera en premier lieu aux pays
francophones de la zone de solidarité prioritaire. Un geste que n'oublieront,
sans doute pas, les pays bénéficiaires de cette largesse française.
De son côté, le Premier ministre britannique qui compte ratisser
large en soumettant son projet au prochain Sommet du G8, espère faire
profiter toute l'Afrique de son initiative. Une démarche qui va donc
au-delà des pays africains membres du Commonwealth et réduit,
de fait, l'action française à sa plus simple expression, bien
que ce pays tienne à ces rencontres périodiques avec l'Afrique, à travers
les fameuses réunions France-Afrique. Seulement, ce genre de rencontres
n'ont pas été d'un apport conséquent pour le développement
du continent.
Abritant la rencontre initiée par le Commonwealth, l'Algérie
fait partie, sans conteste, de cette sphère géostratégique
convoitée par les grandes puissances. La diplomatie algérienne,
sans doute, consciente du poids du continent et partant de l'Algérie,
semble donner la priorité à la capitalisation des initiatives,
tant française que britannique.
Mourad SID-ALI |
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