|
|||||
|
Liberté économique dans le monde L’Algérie au bas du tableau mondialpar Mouloud Zouaoui, Le Jeune Indépendant, 31 août 2005 L’Algérie est considérée comme l’un des pays les moins libres en matière de politique économique, mais a une chance toutefois de voir ses performances s’améliorer dans les années à venir. Un rapport annuel établi par l’institut américain Cato, spécialisé dans les analyses de la situation économique et sociale, rendu public avant-hier, en fait le constat sur la base d’une liste de 123 pays. Le rapport sur la liberté économique annuel a classé notre pays à la 118e place dans le monde. Ce rapport se base sur un large éventail de paramètres qui tiennent compte de la mise en œuvre de la politique de réformes engagée dans le pays, de la réglementation ainsi que de la création d’emplois et du chômage. Il s’intéresse également à l’état des lieux en matière de performances économiques et de croissance. L’Institut estime que l’Algérie, ainsi qu’un bon nombre de pays arabes, accuse encore un retard en matière de libéralisme économique sans pour autant établir un diagnostic complet s’agissant des lacunes dont souffre chaque pays. Ian Vasquez, directeur du projet liberté de l’économie globale au sein de l’institut Cato s’est contenté d’indiquer que «les pays arabes en général sont faibles dans une large mesure, s’agissant de la politique commerciale, de la législation des investissements et en matière de main-d’œuvre». Il existe, a-t-il dit, lors de la présentation de ce rapport à Washington «des lourdeurs bureaucratiques qui entravent l’incitation à l’ouverture économique alors que les lois ne sont pas assez fermes en matière d’accès et de protection des investissements». M. Vasquez soutient que les pays arabes doivent libérer davantage leurs économies s’ils souhaitent accéder à la mondialisation. L’étude établit dès lors que les cinq premiers pays dans ce classement ont vu leur croissance progresser de 2,4 % depuis l’année 2002, contrairement aux cinq derniers, dont l’Algérie et la Syrie, qui ont vu leurs performances globales progresser de seulement 0,5 %. L’institut constate que les pays qui font preuve de plus de liberté économique ont un produit intérieur brut par habitant sensiblement plus élevé que celui des pays en bas du classement. Les cinq premiers pays ont un PIB par habitant de l’ordre de 26 106 dollars, tandis que chez les cinq derniers il s’établit à 2 828 dollars. Farouche défenseur du tout libéralisme, John B. Taylor, secrétaire-adjoint américain aux Affaires internationales et au Trésor, fait sienne la thèse des experts économiques selon laquelle «la croissance économique nécessite une politique qui encourage la liberté d’entreprise». Le rapport relève toutefois que dans les pays arabes, les Emirats arabes unis, le Koweït et le Sultanat d’Oman sont les plus performants économiquement. Les Emirats occupent la 16e place tandis que les deux autres sont ex æquo au 18e rang mondial. Autre pays arabe, le Maroc occupe la 83e place devant la Syrie, 103e, et l’Algérie 118e loin derrière les monarchies pétrolières du Golf. Pour M. Vasquez, les pays ayant engagé de sérieuses réformes, à l’image de la Jordanie qui a fait un bond de la 45e place en 2003 à la 36e place cette année, seront mieux récompensés économiquement. Le classement mondial met en tête de liste Hong Kong et Singapour suivis des Etats-Unis, de la Nouvelle-Zélande, de la Suisse et de la Grande-Bretagne, talonnés par le Canada et le Luxembourg. Ce rapport intervient à la veille de l’entrée en vigueur de l’accord d’association conclu par l’Algérie et l’Union européenne. Z. M. |
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||