28 associations professionnelles proposent un "programme de réformes économiques" au gouvernement (CARE)

Aboubaker Khaled, Maghreb Emergent, 12 juillet 2017

Un collectif de 28 associations professionnelles composées de près de 250 entreprises des quatre coins du pays a remis au gouvernement ce mercredi 12 juillet 2017 un document de concertation contenant un « programme de réformes économiques pour l’entreprise ».

Initiée par le Cercle d'Action et de Réflexion Autour de l'Entreprise (CARE), cette action de concertation a été menée depuis deux ans et demi pour « contribuer au renforcement de la concertation entre l’Etat, les entreprises et les AP-OP (Association professionnelles et Organisations patronales) ». Les problématiques majeures qui ont été posées durant les 25 réunions organisées à travers 20 wilayas sont scindées en 5 axes résumant les différentes préoccupations des entreprises algériennes.

L’élaboration de ce projet a eu le soutien du CIP (Center For international Private Entreprise) qui est une ONG des Etats-Unis d’Amérique et membre de la Chambre du commerce américaine, présente dans 60 pays à travers le monde. C’est d’ailleurs « la première fois que le gouvernement algérien accepte un financement de la part d’une ONG américaine », a-t-on appris auprès des membres de cet observatoire, à l’occasion de la présentation de ce programme de réformes ce mercredi à Alger.

Ce nouveau modèle de concertation est basé sur « la confiance et l’engagement tout en incluant des mécanismes de suivi-évaluation continu. Il est aussi basé sur une démarche inclusive, tout en exigeant de la « redevabilité ». Ainsi, la feuille de route comportant des engagements des parties prenante concernera : « les entreprises en premier lieu comme élément central, ensuite il y a le gouvernement, l’administration, les organisations et associations professionnelles, ainsi que les structures d’appui ».

Une large consultation

La particularité de ce document, selon ses rédacteurs, « ne réside pas dans la nouveauté des propositions, mais dans sa consultation large des acteurs économiques, au-delà de leur représentations », qui ont signifié leur adhésion et « leur soutien aux propositions de réformes dont ils sont la source ».

Les animateurs de ce projet ont mené leur concertation à travers une nouvelle approche inclusive et pragmatique « de bas en haut », tout en incluant l’ensemble des acteurs économiques pour attirer l’attention des pouvoir publics à l’écoute des entreprises et le monde économique. Il est clair que le contexte économique difficile dans lequel évolue l’Algérie et l’environnement des affaires « peu propice » ont mis le pays face à de nombreux défis. « Les entreprises et leurs représentants doivent être associés et les expertises mobilisées par les pouvoirs publics.

Observatoire du climat des affaires

A cet effet, un Observatoire du climat des affaires (www.oca.dz ) a été créé et servira comme une plateforme de suivi méthodique de la mise en œuvre des réformes économiques en direction des entreprises et du climat des affaires en Algérie. Les membres de l’observatoire ont été unanimes sur « l’inefficacité des pouvoirs publics quant à l’application des décisions sur le terrain concernant l’aspect économique », a déclaré Samy Boukaila, président de l’observatoire et membre du CARE, ajoutant que « cette concertation n’est pas seulement un document, mais un processus que le collectif met en route aujourd’hui ».

A propos de la perception des pouvoirs publics de cette proposition du collectif, « il y a eu une approche positive, surtout du nouveau gouvernement et du nouveau premier ministre. Le nouvel exécutif mesure les enjeux de la transformation de l’économie nationale. », mentionne le document du collectif qui précise que l’action majeure pour la réforme économique des entreprises nécessite quatre défis à relever de la part de l’Etat. « Il s’agit de la refonte du rôle de l’état et l’amélioration de la gouvernance, l’amélioration de la compétitivité des entreprises, par la modernisation de leur management, l’amélioration rapide du climat des affaires et permettre la création des entreprises, l’amélioration de la qualification des ressources humaine », a-t-on relevé sur le document du collectif.

 
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