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Au
moins 770 tués dans le terrible séisme d'Alger
ALGER, 22 mai (AFP)
Au moins 770 personnes ont été tuées dans le terrible
séisme qui a frappé mercredi soir Alger et ses environs,
a indiqué jeudi à la mi-journée la télévision
d'Etat algérienne, précisant que ce nouveau bilan "provisoire"
pourrait encore s'aggraver, alors que les travaux de déblaiement
commencent à s'organiser.
Ce séisme est le plus meurtrier en Algérie depuis 1980,
année où 3.000 personnes avaient été tuées
dans un tremblement de terre d'une magnitude de 7,5 sur l'échelle
de Richter.
Un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur, cité
par la radio algérienne, a lui fait état de 643 morts et
4.696 blessés.
Le tremblement de terre enregistré à 19H44 (18H44 GMT) a
paniqué les habitants d'Alger et du département voisin de
Boumerdès (50 km à l'est) les faisant sortir de chez eux
alors que des milliers d'autres étaient ensevelis sous les décombres
de dizaines d'immeubles et de villas qui se sont effondrés.
Les secours aux blessés et les travaux de déblaiement de
tonnes de gravats ont commencé, après un flottement dû
à la suprise, à la panique des habitants et à la
coupure du courant.
L'épicentre du séisme, d'une magnitude de 5,8 sur l'échelle
de Richter a été situé entre Thénia et Zemmouri,
selon le Centre algérien de recherche en astronomie et astrophysique
(CRAAG). L'observatoire de Strasbourg (est de la France) l'évalue
à 6 sur la même échelle qui en compte 9.
Un spécialiste du CRAAG a expliqué, sans réussir
à rassurer les Algériens traumatisés, que des répliques,
qui suivent habituellement les séismes et continuaient d'être
ressenties à Alger, "vont s'atténuer et disparaître
progessivement".
Le séisme a été ressenti sur la côte méditerranéenne
espagnole, selon l'Institut géographique national espagnol. Aucune
victime n'a cependant été signalée dans ce pays.
Dans l'archipel des Baléares, une centaine de bateaux ont été
coulés ou endommagés par de brusques paquets de mer soulevés
par le tremblement de terre, selon les premières estimations du
gouvernement régional.
En Algérie, des dizaines d'immeubles, dont beaucoup sont récents,
se sont effondrés comme des châteaux de cartes, notamment
à Boumerdès-ville et Aï n Taya, où une dizaine
d'entre eux aindi qu'une quantaine de villas, n'ont pas résisté
aux violentes secousses qui ont duré plusieurs secondes.
Beaucoup de personnes ont été blessées ou tuées,
par des chutes de pierres et de briques tombées des immeubles.
Affolés, terrorisés, les habitants se sont rués mercredi
soir, par milliers, hors de leurs appartements pour se masser dans des
jardins publics ou des espaces nus, loin des immeubles, encore debout
mais sécoués par intermittence par des répliques
plus ou moins fortes.
Des femmes, des enfants, ont dormi à la belle étoile, par
une nuit fraîche, dans des camionnettes, dans les cours des écoles
où les jardins publics.
Beaucoup ont voulu, en voiture, aller s'enquérir de leurs proches
habitant Boumerdès, occasionnant d'énormes embouteillages
à la sortie d'Alger, où des ponts fissurés ont été
interdits à la circulation.
Le président Abdelaziz Bouteflika s'est rendu dans le département
de Boumerdès, le plus touché, avec plus de 396 morts selon
la télévision d'Etat. Le département d'Alger compte
plus de 244 morts selon la même source qui ne précise pas
le nombre de blessés.
Le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia a qualifié ce drame de "catastrophe
nationale".
De son côté, le ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni,
présent très tôt sur les lieux de la catastrophe,
a estimé que "le pire est passé". Il a appelé
la population au calme, affirmant que "l'Etat a les moyens de reloger
la quasi-totalité des sinistrés".
L'aide internationale commence également à s'organiser.
Deux Transall C-160 de l'armée de l'air française avec à
bord de chaque appareil 60 membres de la sécurité civile
devaient quitter Paris jeudi à destination de l'Algérie.
La France est en contact avec les autorités algériennes
et examinera toute demande d'aide supplémentaire qui pourra lui
être faite, selon la présidence de la République française.
Le minsitre français de l'Intérieur, Nicolas sarkozy, est
arrivé jeudi après-midi à Alger.
Le pape Jean Paul II a exprimé sa solidarité aux autorités
et aux familles des victimes, alors que de nombreux pays ont envoyé
leurs condoléances à l'Algérie.
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