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Bordj
Ménaïel
Les citoyens s'insurgent
Le Matin, 25 mai 2003
C'est le bâtiment
C qui fut à l'origine de la catastrophe. Et pour cause, cet immeuble
de la cité construite en 1978 est incliné de presque 30
degrés. Les habitants n'ont pas cessé d'attirer l'attention
des autorités sur ce problème depuis 1991. L'affaire est
arrivée jusqu'aux tribunaux avec l'OPGI, mais rien à faire,
le problème n'a pas été réglé pour
autant. Vint alors le séisme de ce mercredi : toute une série
de bâtiments s'effondre. «Nous sommes abandonnés par
l'Etat.
C'est grâce aux gens de Tizi Ouzou et d'Alger qui nous ont témoigné
leur solidarité que nous avons gardé le moral. Sinon, nous
serions perdus », fulmine un rescapé de la cité des
250-Logements. Sa famille partage une tente avec deux autres familles
sinistrées. Les tentes offertes par les gardes forestiers et le
CRA n'ont pas suffi à satisfaire la forte demande.
D'ailleurs certaines familles ont dû ériger des abris de
fortune. Les vivres sont acheminés par des bénévoles,
des citoyens venus pour la plupart de la wilaya de Tizi Ouzou. «
Les autorités qui ont brillé par leur absence n'ont même
pas ramené une bouteille d'eau pour les familles sinistrées
», s'indigne notre interlocuteur. Son voisin Saïd Hamani l'a
échappé belle.
Il s'en est sorti avec beaucoup de blessures. Saïd traîne son
bandage au milieu de la poussière : « J'ai perdu ma femme
Fatiha et ma fille Djamila âgée de 20 ans ; elles ont tenté
de s'enfuir par la cage d'escalier mais elles n'ont pas eu de chance.
Moi je me suis sauvé par la fenêtre au bâtiment B.
» Les engins mécaniques continuent à dégager
les décombres. Vendredi, les secouristes de la Protection civile
ont retiré une fillette sous les décombres du bâtiment
D. C'est grâce aux secouristes allemands que les recherches ont
été rendues faciles. A l'intérieur d'une tente, les
membres de trois familles sont entassés. Les femmes pestent contre
l'absence de l'Etat. « C'est grâce aux citoyens de Tizi Ouzou
que nous avons reçu les vivres. Les médicaments sont offertes
par les membres du Croissant-Rouge », nous explique une jeune dame
qui console sa fille blessée à la jambe.
« Aujourd'hui nous n'avons pas dégagé de corps. Il
faut noter l'aide des particuliers qui ont prêté leur matériel
pour les opérations de recherches », dira M. Semmani, lieutenant
de la Protection civile de Tizi Ouzou. Son équipe est composée
de 11 éléments.
« Les opérations de secours se poursuivent encore »,
ajoute Semmani.
Yahia Arkat
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