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LES
DOSSIERS DE L’UMA ET DU SAHARA OCCIDENTAL
ABORDÉS À L’ONU
L’Algérie et le Maroc étalent
leurs divergences
L'Expression,
23 septembre 2004
Cette divergence
de vues est susceptible de retarder considérablement
la construction de l’UMA.
L’Algérie et le Maroc se sont encore une fois accrochés
sur le dossier du Sahara occidental, par ONU interposée. En effet,
très attendus sur cette question, les deux chefs d’Etat
ont, dans leurs discours respectifs, réaffirmé les positions
de leurs pays sur ce sensible dossier qui mine la construction du Grand
Maghreb.
Le président de la République n’a pas manqué,
dans son intervention, de rappeler que «l’ONU a, depuis longtemps,
clairement établi que le Sahara occidental était un territoire
non autonome relevant de la résolution 1514. Le Plan de paix unanimement
accepté par le Conseil de sécurité prévoit
un cadre de règlement juste et définitif à travers
le libre exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermination».
Le chef de l’Etat a, en outre, précisé que toute
tentative d’inscrire la question du Sahara occidental dans un contexte
autre que celui du parachèvement d’un processus de décolonisation
relevant de la responsabilité des Nations unies «ne peut
que conduire à un échec et retarder un règlement
définitif».
De son côté, le roi Mohammed VI, diminué par l’absence
de référence légale pour appuyer la thèse
marocaine, a simplement émis le voeu de «coopérer
de manière sincère et déterminée avec les
Nations unies et avec toutes les parties concernées, afin de parvenir à une
solution politique, négociée et définitive dans
le cadre de la légalité internationale, une solution garantissant
la souveraineté, l’unité nationale et l’intégrité territoriale
du royaume». Autant dire donc que le problème du Sahara
occidental est parti pour ne pas trouver une issue rapide, cela malgré l’isolement
du Maroc qui a été récemment surpris par la reconnaissance
par l’Afrique du Sud de la République sahraouie.
Tenant l’Union du Maghreb arabe en otage, le roi du Maroc a été on
ne peut plus clair dans son discours en relevant que l’annexion
du Sahara occidental favoriserait «l’intégration maghrébine
(et) permettra à l’Union du Maghreb arabe de jouer pleinement
son rôle dans son environnement méditerranéen».
Laquelle intégration maghrébine est vue par l’Algérie
comme «un objectif suffisamment élevé pour dépasser
les malentendus ou les différends qui peuvent se présenter
entre les pays de la région», a souligné le chef
de l’Etat qui a tenu à préciser que l’Algérie
ne ménage pas sa contribution à la réalisation du
projet de l’UMA «qui cristallise les aspirations et les ambitions
des peuples du Grand Maghreb».
Cette divergence de vues, qui ne date pas d’ailleurs pas d’hier,
est susceptible de retarder considérablement la construction de
l’UMA, ensemble régional sur lequel misent les Américains
et les Européens. Soutenu seulement par la France, le Maroc a
tenté hier de montrer patte blanche devant la communauté internationale
dans l’espoir de voir le Conseil de sécurité nuancer
sa position sur la question du Sahara occidental. L’Algérie
elle, par la voix de son président, n’a fait ni plus ni
moins que de mettre cette même communauté internationale
devant ses responsabilités pour passer à la mise en branle
d’un processus de décolonisation, inscrit dans le cadre
de la légalité internationale.
Saïd BOUCETTA
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